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BC ARRACHE UNE TROISIÈME VICTOIRE DE SUITE FACE À TORONTO

26 sept. 2025
5 min de lecture
Photo Credit: NorthSideline Media
Photo Credit: NorthSideline Media

VANCOUVER, BC - Le calendrier affichait « Semaine 17 », mais pour les BC Lions, ce duel contre Toronto avait déjà des allures de séries. Forts d’un bilan de 7–7, les hommes de Buck Pierce avaient l’opportunité de frapper un grand coup : aligner une troisième victoire consécutive, une première depuis l’été 2024, et surtout prendre une option sérieuse sur une place en éliminatoires. Face à eux, les Argonauts, champions en titre mais en chute libre (5–9), venaient chercher un peu de rédemption après une saison à trous d’air.


Le décor, lui, était particulier. Le BC Place avait pris les couleurs de la « marée orange », symbole de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation.

Les Lions rendaient hommage aux survivants autochtones, célébrant leur résilience à travers une soirée placée sous le signe de la mémoire et du respect. Quelques heures plus tôt, la franchise avait aussi marqué l’actualité en confirmant qu’elle jouera deux matchs de saison régulière à Kelowna en 2026, contrainte de quitter temporairement son antre pour laisser place à la Coupe du monde de la FIFA à Vancouver.


Avec Nathan Rourke, récemment auréolé d’un record canadien de yards à la passe, et le retour attendu du porteur James Butler, tout semblait aligné pour un match explosif. Mais la première mi-temps a rappelé une vérité intemporelle du football canadien : les matchs se jouent rarement comme on les imagine sur le papier.


Un départ timide, puis un échange de coups de poing

Toronto a frappé le premier. Nick Arbuckle, précis et méthodique dans ses lectures (12/16, 119 yards à la pause), a conduit un drive solide jusqu’en zone rouge. Faute de major, les Argos se sont contentés d’un placement de Lirim Hajrullahu pour prendre les devants 3–0.

La réponse des Lions a été immédiate, mais pas celle qu’attendait le BC Place. Nathan Rourke, en quête de rythme, a forcé une passe interceptée dès son deuxième drive, offrant un ballon empoisonné aux visiteurs. La défense orange a aussitôt répliqué : Jeremie Findlay a parfaitement lu Arbuckle pour intercepter à son tour et rallumer le stade. Deux interceptions coup sur coup qui ont annoncé la couleur : ce match serait une bataille d’erreurs autant que de talent.

De retour en attaque, BC a capitalisé sur ce momentum. Rourke a orchestré une série disciplinée, conclue par un placement de Sean Whyte pour égaliser à 3–3. Toronto a repris les devants sur un nouveau coup de pied, 6–3. Les bases étaient posées : un bras de fer typiquement canadien, des attaques freinées dans la zone rouge et des kickers sous pression.


Butler rallume l’étincelle, McInnis dans l’histoire

C’est en début de deuxième quart que BC a changé de vitesse. Sur une action magistrale, James Butler a transpercé la défense torontoise plein centre pour 45 yards, redonnant de l’air à une attaque jusque-là hésitante.

Rourke a alors retrouvé son timing. Trois passes consécutives, deux vers Justin McInnis et une vers Keon Hatcher, ont installé les Lions aux abords de l’en-but. McInnis a conclu la séquence avec une réception de 16 yards pour le premier touchdown du match. Ce n’était pas qu’un simple touchdown : il franchissait par la même occasion le cap symbolique des 1 000 yards à la réception pour la deuxième saison consécutive, confirmant son statut de pilier offensif.

Le BC Place, déjà porté par l’énergie de la marée orange, a explosé : 10–6 Lions, et l’impression que la machine se mettait en route.


Des éclairs… mais trop d’erreurs

Quelques minutes plus tard, Rourke a semblé sur le point de faire exploser la rencontre. Sa connexion avec Hatcher a offert un gain de 58 yards, une bombe qui aurait pu se transformer en touchdown sans un contact malheureux avec un coéquipier juste après la réception. Une occasion manquée qui illustrait la soirée brouillonne du quart canadien.

Toronto en a profité. Les Argonauts ont resserré leur défense et Adarius Casey a asséné un sack de 15 yards sur Rourke, forçant BC à se contenter d’un autre placement de Whyte (47 yards), 13–6.

Mais les mauvaises habitudes ont refait surface. Rourke, trop agressif dans ses lectures, a lancé une deuxième interception — captée par Brandon Franklin — avant de voir un ballon dévié finir dans les bras de Derek Slywka juste avant la pause. Trois interceptions en une mi-temps, un chiffre qui tranchait avec l’image de sang-froid qu’il a cultivée toute la saison.

Arbuckle et les siens n’ont pas manqué d’en tirer profit. Hajrullahu, clinique, a enchaîné deux placements dont un de 50 yards, ramenant Toronto à 13–10 au moment de regagner les vestiaires.


Une pause salutaire pour Vancouver

À la mi-temps, le tableau d’affichage souriait encore aux Lions (13–10). Mais les chiffres racontaient une autre histoire : trois interceptions, une occasion gâchée de Hatcher et un Rourke trop instable (11/15, 175 yards, 1 TD, 3 INT). Seul Butler, avec sa percée de 45 yards, et McInnis, déjà au-dessus des 1 000 yards saisonniers, donnaient l’impression d’une attaque à la hauteur de ses ambitions.

En face, Toronto restait discipliné. Arbuckle distribuait bien, Kevin Mital (53 yards) et Jake Herslow (49 yards) trouvaient leurs espaces, et Hajrullahu faisait parler son sang-froid. Rien de flamboyant, mais assez pour garder les Argos dans le coup.

Buck Pierce et son staff savaient qu’ils avaient laissé trop de portes ouvertes. Pour espérer l’emporter, Vancouver devait transformer ses éclairs en constance et protéger le ballon. Faute de quoi, Toronto pourrait bien s’inviter à la table des trouble-fêtes en seconde mi-temps.


La pause qui recadre

De retour du vestiaire, Toronto égalise d’entrée au pied (Hajrullahu 50y, 13–13). La réponse des Lions ne se fait pas attendre : la ligne offensive impose sa loi, Keon Hatcher obtient une interférence défensive sur un ballon contesté,


McInnis multiplie les tracés tranchants (30 puis 17 yards), et Rourke conclut en force sur QB sneak d’1 yard (20–13 après la transfo Whyte). On sent alors BC prêt à faire l’écart : la défense empile les stops, Mathieu Betts met sa patte sur la poche, et Toronto enchaîne les punts.

Les Argos s’accrochent au pied : un nouveau coup de botte de 35 yards de Hajrullahu (20–16) punit un drive BC sans rythme. Le match est toujours sous tension, chaque yard coûte.


Echanges de coups au 4ème quart… puis l’action qui sauve tout

BC relance la machine au sol avec Zander Horvath (13, puis 10 yards) et Butler (11). Rourke gagne au sol les yards cachés, McInnis arrache un first down le long de la couture, et Rourke signe un deuxième TD au sol (8 yards) pour redonner de l’air à son équipe (27–16, Whyte), mais l’affaire est loin d’être réglée.


Car Nick Arbuckle refuse d’abdiquer. Il trouve Spencer Brown et Kevin Mital plein champ, profite d’une pénalité d’unnecessary roughness, et finit par connecter avec Makai Polk sur 7 yards pour le touchdown. Transformation valide : Toronto revient dans une possession (27–23). Dans la foulée, les Argos repartent : Brown encore dessous, Jake Herslow multiplie les réceptions intermédiaires (10 attrapés, 104y) et Toronto menace la moitié de terrain de BC.


C’est là que la défense des Lions scelle le match. Sur 2e & 10, Mathieu Betts déborde l’extérieur, sacke Arbuckle à la ligne des 54 TOR et force le fumble. Josh Woods s’en empare et remonte à la ligne des 50.

Révision automatique : le jeu est confirmé. Les fans de BC Place sont soulagés.

Derrière, la gestion du chrono et le jeu au sol ferment la porte. BC s’offre la série de trois victoires et s’impose à domicile.


Pas de match parfait : trois interceptions, des jeux offensifs gâchés, des pénalités évitables. Mais les Lions ont montré de la résilience. Rourke a su compenser ses erreurs par ses jambes, Butler et McInnis ont produit dans les moments clés, et la défense a frappé au meilleur moment avec le strip-sack de Betts.


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