BIG 12 2026 : favoris, outsiders et grandes questions avant la saison

La Big 12 a longtemps cultivé une réputation de conférence du chaos, où chaque match se joue à trois points près et où n'importe quelle équipe peut créer la surprise n'importe quel week-end. La saison 2025 a fait figure d'exception : Texas Tech, favori annoncé dès l'intersaison, a filé tout droit vers le titre de conférence avec une série de performances dominantes. La question qui domine 2026 est de savoir si cette prévisibilité inhabituelle va se prolonger, ou si la ligue va renouer avec son identité la plus chaotique.
Le favori en titre
Texas Tech peut-il rééditer l'exploit ?
Défendre un titre dans une conférence aussi ouverte que la Big 12 n'est jamais chose aisée, et l'intersaison n'a rien simplifié pour Texas Tech. Après le départ de Behren Morton, le programme misait sur le transfert vedette Brendan Sorsby, arrivé de Cincinnati contre une rémunération avoisinant les 5 millions de dollars, mais une affaire judiciaire l'a finalement rendu inéligible à quelques semaines de la reprise.
C'est donc Will Hammond, sophomore encore en délicate phase de récupération après une rupture des ligaments croisés, qui devrait hériter du poste, avec le transfuge de Tulsa Kirk Francis comme option de secours immédiate. Malgré ce séisme au poste clé, l'effectif reste suffisamment solide, notamment grâce aux receveurs Donte Lee Jr. et Malcolm Simmons, en provenance d'Auburn, pour figurer parmi les dix meilleures équipes du pays selon la plupart des projections statistiques. Reste que la marge avec le reste du peloton, très large la saison dernière, s'est nettement resserrée : plusieurs équipes se situent désormais à moins d'un touchdown du deuxième rang.
Les principaux challengers
BYU, le rival le plus solide
BYU conserve l'essentiel de ce qui a fait sa force en 2025, à commencer par l'entraîneur Kalani Sitake, le quarterback Bear Bachmeier et le porteur de ballon vedette LJ Martin. Sept titulaires reviennent d'une défense qui comptait déjà parmi les meilleures de la conférence, ce qui fait des Cougars le rival le plus solide de Texas Tech pour la couronne.
Houston veut confirmer son envol
Houston a connu une progression spectaculaire en 2025, passant d'un bilan de 4 victoires et 8 défaites à 10 victoires et 3 défaites dès la deuxième saison de Willie Fritz. Le quarterback Conner Weigman est de retour pour mener une attaque enrichie par l'arrivée du porteur de ballon Makhi Hughes, en provenance d'Oregon après deux saisons à près de 2 800 yards à Tulane, ainsi que du receveur Amare Thomas, candidat sérieux aux honneurs nationaux après une saison à 966 yards. Avec douze titulaires de retour au total, les Cougars ont largement les moyens de disputer le titre de conférence.
Utah entre dans l'ère Morgan Scalley
Après le départ de Kyle Whittingham pour Michigan, Utah confie les rênes du programme à Morgan Scalley, qui hérite d'un effectif capable de jouer le titre grâce au duo de quarterbacks Devon Dampier et Byrd Ficklin, ainsi qu'au porteur de ballon Wayshawn Parker, auteur de 981 yards la saison passée. La reconstruction de la ligne offensive représente le principal défi pour le nouveau coordinateur Kevin McGiven.
Arizona et son calendrier XXL
Arizona a nettement progressé lors de la deuxième saison de Brent Brennan dans la conférence, avec un bilan de 9 victoires et 4 défaites. Le calendrier 2026 ne fait toutefois aucun cadeau, avec la quasi-totalité des prétendants au programme, à commencer par un déplacement à BYU dès la deuxième semaine. La capacité des Wildcats à encaisser ce calendrier XXL déterminera en grande partie qui disputera la finale de conférence.
TCU relance son attaque avec un nouveau quarterback
TCU perd le quarterback Josh Hoover, parti à Indiana, mais Sonny Dykes a rapidement réagi en recrutant Jaden Craig, transfuge de Harvard où il affichait un bilan de 19 victoires pour 5 défaites comme titulaire. Le nouveau coordinateur offensif Gordon Sammis doit apporter davantage de régularité à une attaque qui avait fini par trop dépendre de victoires serrées la saison dernière.
Les outsiders à surveiller
Oklahoma State, la reconstruction totale
Oklahoma State a entièrement reconstruit son effectif sous la direction du nouvel entraîneur Eric Morris, arrivé de North Texas avec plusieurs de ses meilleurs artisans offensifs dans ses valises, à commencer par le quarterback Drew Mestemaker. Considéré comme l'un des esprits offensifs les plus prometteurs de la profession, Morris ne devrait connaître aucune période de transition, ce qui fait des Cowboys l'un des programmes les plus susceptibles de créer la surprise cette saison.
Kansas State mise sur le retour de Collin Klein
Kansas State espère rebondir après une saison décevante à 6 victoires et 6 défaites, marquée par un début compliqué et plusieurs blessures. Le nouvel entraîneur Collin Klein, ancien quarterback vedette du programme, hérite d'un effectif prometteur avec le quarterback Avery Johnson et le receveur Jaron Tibbs, auteur de 47 réceptions la saison passée. Le nouveau coordinateur défensif Jordan Peterson doit toutefois combler plusieurs départs importants.
Arizona State cherche à confirmer sa constance
Arizona State ne récupère que deux titulaires de la saison passée, mais Kenny Dillingham, réputé pour sa capacité à faire progresser ses quarterbacks, mise sur le transfert Cutter Boley, en provenance du Kentucky, pour maintenir le programme dans le haut du classement. Le receveur Omarion Miller, arrivé de Colorado, doit combler le vide laissé par les départs en attaque.
West Virginia et Colorado, les paris de la rédemption
West Virginia a perdu près de cinquante joueurs vers le portail des transferts, mais Rich Rodriguez en a fait venir trente-quatre, dont le quarterback Michael Hawkins, transfuge d'Oklahoma, et le porteur de ballon Cam Cook, en provenance de Jacksonville State. Une éligibilité à un bowl dès le mois de novembre semble être un objectif réaliste pour la deuxième saison de son second passage à Morgantown. Colorado, de son côté, entame la quatrième saison de Deion Sanders après un bilan calamiteux de 3 victoires et 9 défaites, avec le jeune quarterback Julian Lewis, auteur de quatre titularisations prometteuses en fin de saison dernière, chargé de porter une attaque désormais confiée au nouveau coordinateur Brennan Marion.
Les grandes questions de la saison
La Big 12 va-t-elle renouer avec le chaos ?
Après une saison 2025 étonnamment prévisible, la question qui domine 2026 est de savoir si la conférence va retrouver son identité la plus imprévisible. Avec cinq équipes situées à moins d'un touchdown du deuxième rang derrière Texas Tech, et plusieurs entraîneurs qui découvrent leur poste, les ingrédients d'une saison particulièrement disputée sont réunis.
Les nouveaux entraîneurs peuvent-ils transformer l'essai immédiatement ?
Entre Eric Morris à Oklahoma State, Collin Klein à Kansas State et Morgan Scalley à Utah, trois programmes ambitieux ont changé de direction cette intersaison. La Big 12 a récemment prouvé, avec la progression rapide de Houston sous Willie Fritz, qu'un redressement accéléré est possible dans cette conférence. Reste à savoir lequel de ces trois nouveaux venus saura répéter cet exploit dès sa première saison.
Texas Tech peut-il conserver son avance malgré une concurrence resserrée ?
Le programme reste l'équipe à battre selon la quasi-totalité des projections, mais l'écart avec ses poursuivants directs n'a jamais semblé aussi mince. Entre BYU, Houston, Utah et Arizona, au moins quatre programmes ont les arguments nécessaires pour priver les Red Raiders d'un deuxième titre consécutif.
Deion Sanders peut-il enfin livrer à Boulder ?
Après trois saisons marquées par autant de battage médiatique que d'inconstance sur le terrain, la pression monte sur Colorado pour transformer l'attention nationale en résultats tangibles. Une nouvelle saison décevante relancerait immanquablement les interrogations sur l'avenir du programme sous sa direction actuelle.
Entre un favori qui n'a jamais semblé aussi vulnérable malgré son titre en poche, un groupe de challengers d'une densité rare, et plusieurs paris audacieux sur de nouveaux entraîneurs, la Big 12 2026 s'annonce fidèle à sa réputation de conférence la plus imprévisible du pays. Si la Big Ten est aujourd'hui la conférence dominante, que la SEC demeure la plus profonde et que l'ACC reste la plus imprévisible semaine après semaine, la Big 12 conserve une singularité unique : aucune autre conférence ne semble autant capable de produire un champion sorti de nulle part.





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