BIG 12 Football Media Days 2026 : ambitions mondiales, Texas Tech favori et bataille pour l'avenir du college football

Le coup d'envoi officieux de la saison 2026 de college football a été donné les 7 et 8 juillet au Star de Frisco, au Texas. Pendant deux jours, les seize entraîneurs de la Big 12, leurs représentants joueurs et le commissaire Brett Yormark se sont succédé devant les caméras d'ESPNU.
Peu de révélations sportives, mais une certitude : la Big 12 ne compte plus se contenter du rôle de troisième force du college football. À Frisco, son message était clair : accélérer sa transformation pour gagner en influence, aux États-Unis comme à l'international.
À un peu plus d'un mois de la reprise, ces media days constituaient le premier véritable baromètre de la saison : ambitions des favoris, grandes tendances sportives, enjeux économiques et positionnement politique de la conférence. Voici les principaux enseignements.
Yormark et le rêve d'une Big 12 « globale »
Dès son arrivée au pupitre, Brett Yormark a donné le ton. Plus qu'un simple état des lieux, son intervention ressemblait à une véritable feuille de route. Son ambition reste inchangée : faire de la Big 12 « la conférence la plus globalement pertinente du sport universitaire ».
Cette vision se traduit déjà dans le calendrier. La ligue disputera deux rencontres à l'étranger cette saison : TCU affrontera North Carolina à Dublin lors de la « Zero Week », avant qu'Arizona State et Kansas ne se retrouvent à Wembley, à Londres.
Pour justifier cette orientation, le commissaire s'est appuyé sur plusieurs chiffres. Selon lui, 14 % des étudiants-athlètes de la conférence viennent de l'étranger et six universités disposent désormais d'un campus hors des États-Unis. Arizona State en ouvrira même un à Londres dès cet automne.
« Notre style de football voyage. Il est rapide, dynamique et spectaculaire », a résumé Yormark.
Derrière le discours académique se cache toutefois une logique économique claire : conquérir de nouveaux marchés, attirer davantage de partenaires et accroître la visibilité internationale de la conférence. Une stratégie qui distingue aujourd'hui la Big 12 de ses concurrentes, davantage concentrées sur leur domination nationale.
Monster Energy s'affiche partout
Sur le plan commercial, l'annonce la plus importante est venue du sponsoring.
Brett Yormark a dévoilé un partenariat renforcé avec Monster Energy, désormais sponsor-titre de la conférence. Déjà boisson énergisante officielle de la Big 12 depuis un an, la marque donne désormais son nom à l'événement, rebaptisé 2026 Monster Energy Big 12 Football Media Days.
Le commissaire a présenté cet accord pluriannuel estimé à environ 20 millions de dollars par an, comme un partenariat « premier du genre ». Il couvre également le basketball et sera visible sur les terrains ainsi que sur un patch de maillot.
Au-delà de son aspect marketing, cette entente illustre parfaitement la stratégie de la conférence : s'associer à une marque présente dans près de 159 pays afin d'accompagner son développement international.
L'ombre de l'affaire Sorsby
Impossible de revenir sur ces media days sans évoquer Brendan Sorsby.
Arrivé cet hiver à Texas Tech avec l'étiquette de meilleur quarterback du portail des transferts après son passage à Cincinnati, il devait devenir le nouveau visage des Red Raiders.
Quelques mois ont suffi pour faire basculer le scénario.
Visé par une enquête de la NCAA pour des paris sportifs estimés à plus de 90 000 dollars, portant notamment sur son ancienne équipe d'Indiana, Sorsby a d'abord obtenu en justice une injonction lui permettant de retrouver le terrain, avant de finalement renoncer au college football en juin afin de préparer plus rapidement son passage vers la NFL (qui lui refusa d'ailleurs l'accès à une supplemental draft) et devra attendre la draft 2027.
Son départ a mis un terme au dossier de son éligibilité, mais a laissé des tensions entre Texas Tech et le bureau de la conférence.
Interrogé sur le sujet, Brett Yormark a préféré éluder les questions. Joey McGuire, lui, a choisi de les affronter.
« L'adversité partagée nous rapproche encore davantage », a déclaré l'entraîneur des Red Raiders, déterminé à tourner la page et à recentrer son groupe sur la saison.
Sur le plan sportif, pourtant, Texas Tech reste considéré comme le grand favori de la conférence.
McGuire a indiqué voir Will Hammond débuter dès le premier match. Le redshirt sophomore, révélé la saison dernière après la blessure de Behren Morton, revient toutefois d'une rupture des ligaments croisés subie face à Oklahoma State. Sa progression constituera l'une des principales inconnues de la saison.
Un favori… et une surprise
Pour la deuxième année consécutive, la Big 12 a renoncé à publier un sondage préseason officiel, une décision héritée de 2024 lorsque Arizona State, annoncé dernier avant la saison, avait finalement remporté la conférence.
Les médias ont néanmoins établi leur propre hiérarchie.
Texas Tech en est ressorti comme le favori quasi unanime, devant un BYU jugé plus stable au poste de quarterback. Arizona, Houston et Utah complètent le groupe des principaux prétendants.
Fait intéressant, un sondage distinct réalisé par On3 auprès des entraîneurs a livré un verdict différent : BYU, et non Texas Tech, y apparaît comme le favori de la conférence.
Kalani Sitake, de son côté, continue de balayer ces pronostics d'un revers de main.
« Ils se trompent à chaque fois, c'est pour ça que la ligue a cessé d'en faire », a lancé le coach des Cougars, rappelant que BYU était annoncé treizième il y a deux ans, tandis qu'Arizona State occupait la dernière place.
Sur le plan individuel, Texas Tech a également marqué les esprits avec sept joueurs sélectionnés dans l'équipe-type préseason All-Big 12, dont cinq en défense, un total supérieur à celui de tous les autres programmes.
Le defensive lineman A.J. Holmes Jr. a été désigné joueur défensif préseason de l'année, permettant aux Red Raiders d'enchaîner un deuxième lauréat consécutif après Jacob Rodriguez.
En coulisses : entraîneurs et quarterbacks
Ces media days ont également marqué les débuts de plusieurs nouveaux entraîneurs : Collin Klein (Kansas State), Morgan Scalley (Utah), Eric Morris (Oklahoma State) et Jimmy Rogers (Iowa State). Un renouvellement qui témoigne d'un nouveau cycle au sein de plusieurs programmes de la conférence.
Comme souvent, les quarterbacks ont monopolisé l'attention.
Bear Bachmeier (BYU), Julian Lewis (Colorado), Conner Weigman (Houston), Noah Fifita (Arizona), Avery Johnson (Kansas State) et Devon Dampier (Utah) figuraient parmi les joueurs les plus sollicités.
À propos de Fifita, Brent Brennan n'a pas caché son admiration.
« Noah Fifita est la plus belle histoire du college football. »
Le constat des observateurs est unanime : dans une conférence aussi ouverte, l'équipe dont le quarterback restera performant et en santé possédera un avantage considérable.
Parmi les nouveaux visages, Oklahoma State pourrait avoir frappé fort avec Drew Mestemaker.
Élu newcomer préseason de l'année après avoir mené toute la FBS aux yards à la passe sous les couleurs de North Texas, il retrouve avec Eric Morris le système Air Raid qui avait lancé son ascension. Certains observateurs en font déjà un potentiel choix de premier tour de la NFL.
Au-delà du football : argent et playoff
Brett Yormark a également abordé plusieurs dossiers majeurs pour l'avenir de la conférence.
Il s'est félicité d'une hausse de 182 % des revenus de sponsoring, tout en reconnaissant le fossé économique qui sépare encore la Big 12 de la SEC et du Big Ten. Pour réduire cet écart, la conférence continue d'explorer différentes solutions financières, notamment des accords de capitaux et des lignes de crédit.
Le commissaire s'est également montré favorable à une représentation plus importante de la Big 12 dans le College Football Playoff.
Restée sur un bilan de 0-2 depuis l'arrivée du format à douze équipes, la conférence estime néanmoins posséder suffisamment de profondeur pour envoyer plusieurs équipes capables de rivaliser au niveau national.
« Un accès élargi est nécessaire. Trop de grandes équipes restent encore à la porte », a plaidé Yormark.
Une conférence en pleine transformation
Ces Big 12 Football Media Days 2026 n'ont pas bouleversé la hiérarchie sportive. Ils ont toutefois confirmé une réalité beaucoup plus profonde.
La Big 12 ne veut plus simplement exister entre la SEC et le Big Ten. Elle cherche désormais à construire sa propre identité, en misant autant sur son développement économique et son rayonnement international que sur ses performances sportives.
Le discours est désormais posé. Reste à savoir si, dès les premiers entraînements du fall camp puis tout au long de l'automne, la conférence saura transformer cette ambition en résultats sur le terrain.





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