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Big Ten 2026 : favoris, outsiders et grandes questions avant la saison

7 juil.
6 min de lecture
Jayden Maiava - USC Trojans
Le quarterback des Trojans de l'USC, Jayden Maiava (14), sort de la poche pour effectuer une passe lors du match de football universitaire opposant les Trojans de l'USC aux Ducks de l'Oregon, le 22 novembre 2025, à l'Autzen Stadium d'Eugene (Oregon). (Photo : Brian Murphy/Icon Sportswire)

Avec trois titres nationaux consécutifs au compteur, portés successivement par Michigan, Ohio State et Indiana, la Big Ten aborde 2026 comme la conférence dominante du football universitaire. Le rapport de force avec la SEC, longtemps considérée comme la référence absolue, semble s'être inversé, et rien ne laisse penser que cette dynamique va ralentir : trois programmes figurent d'ores et déjà parmi les grands favoris à l'échelle nationale. Mais derrière ce trio de tête, une conférence désormais étendue d'un océan à l'autre regorge de prétendants capables de bousculer la hiérarchie, et de programmes en pleine reconstruction qui pourraient tout aussi bien s'effondrer.


Les favoris


Ohio State, le mètre étalon

Ohio State débute la saison en tête des projections nationales, porté par le retour du quarterback Julian Sayin et du receveur Jeremiah Smith, sans doute le meilleur joueur du pays à son poste. Sous la direction de Ryan Day, le programme continue de recruter à un niveau que peu de concurrents peuvent égaler, malgré les départs habituels vers la NFL. Un détail cocasse résume l'exigence qui entoure Columbus : les Buckeyes n'ont plus remporté le titre de la Big Ten depuis 2020, malgré un sacre nationale récent, tant l'attente dépasse aujourd'hui la simple conquête de la conférence.


Oregon, la quête inachevée

Oregon entre dans la saison comme l'équipe à battre pour beaucoup d'observateurs, et candidat légitime au titre national. La décision du quarterback Dante Moore de renoncer à la draft NFL pour disputer une saison supplémentaire à Eugene change la donne pour Dan Lanning, qui dispose une nouvelle fois de l'un des effectifs les plus profonds du pays. L'attaque et la défense changent toutefois de coordinateur, avec l'arrivée de Drew Mehringer en attaque et de Chris Hampton en défense, deux nominations qui devront rapidement faire leurs preuves. La ligne offensive, elle, doit se reconstruire après plusieurs départs.


Indiana, le miracle qui continue

Personne n'aurait pu prédire la trajectoire d'Indiana, passé de la pire équipe de l'histoire du football universitaire à championne nationale en titre sous Curt Cignetti. Les Hoosiers perdent toutefois des pièces majeures, à commencer par le quarterback Fernando Mendoza, lauréat du trophée Heisman, ainsi que les receveurs Elijah Sarratt et Omar Cooper Jr. Pour combler ce vide, Cignetti a recruté Josh Hoover, transfuge de TCU fort de plus de 9 600 yards de passe en carrière, considéré comme l'un des quarterbacks les plus aguerris disponibles sur le marché. La ligne offensive s'annonce comme une force, et le coordinateur défensif Bryant Haines devra une nouvelle fois colmater les brèches pour maintenir Indiana parmi l'élite de la conférence.


Michigan, la nouvelle ère Whittingham

Michigan amorce une transition avec l'arrivée de Kyle Whittingham, reconnu pour sa capacité à bâtir une identité physique et disciplinée dès sa première saison. Le quarterback Bryce Underwood, très attendu après une première année en dents de scie, doit désormais confirmer son statut de joueur cinq étoiles sous la houlette du nouveau coordinateur offensif Jason Beck. Le calendrier ne laisse toutefois aucune marge d'erreur, avec des réceptions à domicile face à Oklahoma, Iowa, Penn State et Indiana, sans compter des déplacements à Oregon et Ohio State.


USC veut enfin atteindre Indianapolis

Depuis son arrivée à USC, Lincoln Riley promet un retour au sommet qui tarde à se concrétiser. L'embauche de Gary Patterson comme coordinateur défensif, vétéran reconnu pour son passage à TCU, doit enfin stabiliser un secteur qui a longtemps handicapé les Trojans. Si cette pièce manquante se met en place, USC pourrait devenir la première équipe à représenter la Californie en finale de la Big Ten depuis son arrivée dans la conférence.


Penn State, le pari Matt Campbell

Penn State a frappé fort en recrutant Matt Campbell, débauché d'Iowa State, pour reconstruire un programme sorti d'une saison décevante à 7 victoires et 6 défaites. Plus de trente-cinq transferts sont arrivés dans la foulée pour accélérer la transition. Un calendrier relativement clément, qui évite Indiana, Oregon et Ohio State, pourrait permettre aux Nittany Lions de viser une place en Playoff dès la première année du nouveau staff.


Les outsiders à surveiller


Washington cherche la confirmation

Après une première saison de transition sous Jedd Fisch, Washington dispose d'un effectif taillé pour viser plus haut dans la hiérarchie. Le quarterback Demond Williams Jr. revient avec une saison de titulaire dans les jambes, marquée par plus de 3 000 yards par la passe et près de 900 yards au sol en carrière, une rare production à double menace qui en fait l'un des meneurs de jeu les plus complets de la conférence. La régularité sera la clé pour transformer ce talent réel en résultats tangibles face aux ténors de la conférence.


Illinois, la marche est plus haute

Illinois a connu ses deux meilleures saisons consécutives depuis longtemps sous Bret Bielema, mais le programme doit désormais composer avec le départ du quarterback Luke Altmyer, parti en NFL après avoir porté l'attaque des Illini pendant trois ans. Pour lui succéder, le staff a recruté Katin Houser, transfuge d'East Carolina passé auparavant par Michigan State, auteur de 37 touchdowns lors de ses deux saisons comme titulaire et considéré comme le candidat le plus solide pour prendre immédiatement les commandes. Un calendrier plus exigeant et un renouvellement important en défense compliquent toutefois la tâche pour une équipe qui a habitué ses supporters à des lendemains meilleurs.


Nebraska tourne la page Raiola

Sous Matt Rhule, Nebraska a montré des signes tangibles de progrès ces dernières saisons, mettant fin à sept années consécutives de saisons perdantes. Le programme aborde toutefois 2026 sans son quarterback vedette Dylan Raiola, parti terminer sa carrière universitaire à Oregon après deux saisons comme titulaire à Lincoln. C'est désormais Anthony Colandrea qui apparaît favori pour prendre les commandes de l'attaque. Avec un noyau de jeunes joueurs talentueux qui arrive à maturité, les attentes grimpent malgré tout à Lincoln, même si transformer cette progression en victoires contre les meilleures équipes de la conférence reste le véritable test.


UCLA change de dimension avec Bob Chesney

L'arrivée de Bob Chesney, auparavant à la tête de James Madison qu'il a menée jusqu'au Playoff en quatrième année seulement au niveau FBS, représente l'un des paris les plus intrigants de l'intersaison.

Avec plus de 130 victoires en carrière entre la Division III, le niveau FCS et le Group of Five, Chesney arrive à Los Angeles avec une réputation de bâtisseur de programme, et une comparaison avec le parcours de Curt Cignetti à Indiana revient déjà souvent dans les discussions. Il a conservé son quarterback Nico Iamaleava, qui renonce à la draft NFL pour une deuxième saison à Westwood, et fait venir plusieurs pièces maîtresses de James Madison, à commencer par le porteur de ballon Wayne Knight, auteur de près de 1 400 yards au sol la saison passée. L'adaptation au niveau Big Ten prendra du temps, mais l'enthousiasme entourant son arrivée est réel.


Iowa et Minnesota, la profondeur du milieu de tableau

Iowa et Minnesota complètent un groupe intermédiaire particulièrement dense cette saison, avec suffisamment de pièces éprouvées dans les lignes et en défense pour perturber la hiérarchie établie et créer la surprise face à un adversaire mal préparé, même sans afficher le même potentiel offensif que les équipes situées au-dessus d'elles au classement.


Les grandes questions de la saison


Les nouveaux entraîneurs peuvent-ils suivre le rythme ?

Entre Kyle Whittingham à Michigan, Matt Campbell à Penn State, Bob Chesney à UCLA et Pat Fitzgerald à Michigan State, quatre programmes ambitieux ont changé de direction cette intersaison. La Big Ten a prouvé avec Indiana qu'une transformation rapide est possible, mais l'histoire récente du football universitaire montre que ces changements produisent rarement des résultats immédiats et spectaculaires.


Qui craque sous la pression du siège éjectable ?

Luke Fickell à Wisconsin et Mike Locksley à Maryland entament la saison sous surveillance. Wisconsin mise sur l'arrivée du quarterback Colton Joseph, transfuge d'Old Dominion auteur de plus de 3 300 yards d'attaque totale la saison passée, pour relancer une attaque en manque d'identité depuis plusieurs années. Si les résultats ne suivent pas rapidement, des changements de direction pourraient intervenir dès la fin de la saison.


Le fossé entre le sommet et le reste peut-il se resserrer ?

Avec Ohio State, Oregon et Indiana solidement installés dans le haut du classement, l'écart avec le reste de la conférence interroge. Des programmes comme Rutgers, portés par le porteur de ballon Antwan Raymond et le receveur KJ Duff, ou Purdue, à la recherche d'une première victoire de conférence depuis 2023 sous Barry Odom, cherchent avant tout à combler l'écart plutôt qu'à viser le sommet.


La Big Ten peut-elle enchaîner un quatrième titre national de suite ?

Après trois sacres consécutifs pour trois programmes différents, la question qui domine 2026 est de savoir si la conférence peut prolonger cette domination inédite. Avec Ohio State, Oregon et Indiana tous positionnés parmi les grands favoris nationaux, la probabilité qu'un quatrième trophée reste dans la conférence n'a jamais semblé aussi élevée.


Reste à savoir lequel de ces trois programmes portera cette ambition jusqu'au bout, et si un outsider inattendu, à l'image d'Indiana l'an dernier, viendra une nouvelle fois rebattre les cartes. La Big Ten entame donc 2026 en position de force rarement observée dans l'histoire récente du football universitaire, mais la profondeur de sa conférence, désormais étendue sur tout le pays, garantit que rien ne sera acquis d'avance entre les favoris affichés et les outsiders prêts à créer la surprise.

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