BIG TEN Media Days 2026 : La conférence revient à Chicago au sommet, prête à défendre sa couronne.

La conférence qui a remporté les trois derniers titres nationaux en football universitaire est revenue à Chicago avec la ceinture de champion autour de la taille, laissant peu de doute sur celle que tout le monde tente désormais de détrôner.
Pour la première fois depuis 2019, la Big Ten a ramené ses traditionnelles journées des médias de présaison sur les rives du lac Michigan, retrouvant le Hilton Chicago pour trois journées de conférences de presse, d'entrevues télévisées et de discussions appelées à façonner la saison 2026. Après des passages à Indianapolis et Las Vegas, l'événement retrouvait enfin ses marques dans le South Loop.
Le décor parlait de lui-même.
La Big Ten a remporté chacun des trois derniers championnats nationaux — Michigan en 2023, Ohio State en 2024 et Indiana en janvier dernier. En y ajoutant les titres nationaux en basketball masculin et féminin, la conférence est arrivée à Chicago avec de solides arguments pour revendiquer le statut de meilleure conférence des sports universitaires américains. D'un pupitre à l'autre, le même message revenait sans cesse : la route vers le championnat national passe toujours par la Big Ten.
Petitti et la bataille des playoffs
Le commissaire Tony Petitti a donné le ton mardi matin, et une fois de plus, le College Football Playoff a dominé les discussions.
Depuis plus d'un an, Petitti défend l'idée d'un tournoi éliminatoire à 24 équipes, et il n'a montré aucun signe de recul. Son argument demeure simple : un tableau élargi permet à davantage de programmes de rester dans la course plus longtemps, préservant ainsi des matchs à fort enjeu jusqu'en novembre.
La Big 12 et l'ACC se sont depuis rangées derrière cette proposition, laissant la SEC et son commissaire Greg Sankey — toujours favorables à un format à 16 équipes — de plus en plus isolés à l'approche de la date limite du 1er décembre, qui déterminera le format du tournoi à compter de 2027.
Petitti a également reconnu qu'une telle réforme entraînerait presque certainement la disparition du Big Ten Championship Game, tout en affirmant que le titre de conférence conserverait toute sa valeur.
Il a aussi rejeté l'idée selon laquelle la Big Ten et la SEC seraient engagées dans une guerre froide grandissante. Au contraire, il estime que cette rivalité profite autant aux amateurs qu'au sport lui-même. En rappelant les succès de la conférence depuis l'expansion des séries éliminatoires, Petitti a minimisé les tentatives de réduire le débat au seul nombre de championnats remportés.
« Les gens prennent les séries éliminatoires et essaient d'en faire quelque chose de plus grand que ce qu'elles sont réellement. »
La SEC a tenté de déplacer le débat à distance. L'ancien entraîneur d'Alabama, Nick Saban, a soutenu la semaine dernière qu'un championnat national ne suffisait pas à déterminer quelle est la meilleure conférence du pays.
Plusieurs affiches interconférences majeures de la deuxième semaine, notamment Ohio State à Texas, Oklahoma à Michigan et Mississippi State à Minnesota, offriront une première occasion de répondre à cette question directement sur le terrain.
Les responsabilités de Petitti dépassent toutefois largement le format des séries éliminatoires. Le partage des revenus, les limites d'effectifs ainsi que les projets de législation fédérale entourant le NIL et le portail des transferts demeurent parmi les enjeux les plus importants du football universitaire, et le commissaire de la Big Ten continue d'occuper une place centrale dans ces discussions.
Une vague de nouveaux visages
La domination de la Big Ten a marqué toute la semaine. Juste derrière, l'autre sujet majeur fut l'un des plus importants carrousels d'entraîneurs des dernières années.
Quatre programmes ont présenté un nouvel entraîneur-chef.
Le plus gros coup est venu de Michigan, qui a surpris tout le monde en attirant Kyle Whittingham loin d'Utah après plus de vingt ans passés à Salt Lake City.
L'un des bâtisseurs les plus respectés du football universitaire hérite désormais de l'un des effectifs les plus talentueux de la conférence, mené par le jeune quart-arrière Bryce Underwood, avec l'obligation immédiate de lutter pour le titre de la Big Ten et une place au College Football Playoff. Son premier grand test arrivera dès le début septembre face à Oklahoma.
Penn State a également attiré l'attention en embauchant l'ancien entraîneur d'Iowa State, Matt Campbell. Il arrive à Happy Valley accompagné du quart-arrière Rocco Becht et d'un effectif largement considéré comme capable de lutter immédiatement pour le championnat de la Big Ten.
Michigan State a accueilli Pat Fitzgerald, de retour dans la conférence, dans ce qui fut sans doute l'image la plus surprenante de la semaine : l'ancien entraîneur emblématique de Northwestern porte désormais le vert des Spartans plutôt que le violet des Wildcats.
Pendant ce temps, UCLA a confié les commandes à Bob Chesney, qui s'est largement inspiré de la recette de Curt Cignetti en recrutant une vague de joueurs transférés de James Madison. Avec l'ancien quart cinq étoiles Nico Iamaleava, les Bruins espèrent accélérer une reconstruction attendue depuis longtemps.
Les Hoosiers désormais dans le viseur
La Big Ten a gardé l'une de ses plus grandes attractions pour jeudi.
Le champion national en titre, Curt Cignetti, a conclu l'événement non plus comme la surprise du football universitaire, mais comme l'une de ses figures dominantes.
À peine deux ans après avoir quitté James Madison, Cignetti affiche une impressionnante fiche de 27 victoires contre seulement deux défaites à Indiana. Après une saison parfaite de 16-0 conclue par un titre national face à Miami, les Hoosiers ont attaqué l'entre-saison avec ambition, bâtissant l'une des meilleures classes de transferts du pays autour de l'ancien quart de TCU, Josh Hoover, avec le soutien financier rapporté de l'ancien étudiant Mark Cuban.
Cignetti a clairement indiqué qu'Indiana ne souhaitait plus être perçue comme une surprise. Il a salué ses nouveaux joueurs, accepté le roulement inévitable des effectifs lorsqu'une saison se prolonge jusqu'en janvier et a, une nouvelle fois, glissé quelques piques envers la SEC.
Le message était limpide : Indiana ne cherche plus simplement à appartenir à l'élite du football universitaire. Les Hoosiers s'attendent désormais à y rester.
La poursuite derrière Indiana
Même si Indiana détient aujourd'hui le trophée, plusieurs puissances historiques sont arrivées à Chicago convaincues qu'elles pouvaient reprendre le sommet.
Ohio State demeure la référence en matière de talent dans la conférence. Ryan Day est monté sur scène mercredi avec une équipe construite autour du quart-arrière Julian Sayin et du receveur vedette Jeremiah Smith. Malgré plusieurs départs importants, les attentes à Columbus n'ont pas changé. Pour les champions nationaux de 2024, tout résultat inférieur à une nouvelle conquête du titre serait considéré comme un échec. Le déplacement à Texas dès la deuxième semaine constituera un premier véritable test.
Oregon aborde une nouvelle saison avec un sentiment d'inachevé.
Dan Lanning et le QB Dante Moore ont régulièrement conduit les Ducks jusqu'aux plus grandes scènes du football universitaire, avant de voir leurs rêves de championnat s'arrêter face au futur champion national. Après avoir remporté la Big Ten en 2024 puis atteint les demi-finales nationales la saison dernière, Oregon estime posséder l'effectif le plus complet de l'ère Lanning avec un grand nombre de joueurs qui ont décidé de ne pas céder aux channts de la NFL pour partir à la conquête du graal.
La prochaine étape n'est plus d'atteindre janvier.
C'est de gagner en janvier.
Peu d'entraîneurs abordent cette saison avec autant de pression que Lincoln Riley, à USC.
À l'aube de sa cinquième saison, Riley affiche un dossier de 24-15 depuis son arrivée en 2022 et les Trojans n'ont toujours pas participé au College Football Playoff sous sa direction. Pourtant, l'optimisme semble différent cette année. USC a signé la meilleure classe de recrutement du pays, retrouve son quart-arrière Jayden Maiava, quinze titulaires ainsi que plusieurs renforts importants issus du portail des transferts.
Pour Riley, ces attentes élevées sont exactement ce que le programme doit accepter.
Après les importants investissements réalisés autour de sa vision, cette saison pourrait bien définir son passage à USC.
Washington pourrait quant à elle représenter la plus dangereuse des équipes surprises.
Alors que plusieurs favoris remplacent des joueurs clés, Jedd Fisch retrouve l'un des noyaux les plus solides de la Big Ten. Le quart-arrière Demond Williams Jr., que Fisch décrit régulièrement comme le visage du programme, sera de retour aux côtés du centre Landen Hatchett et du linebacker Jacob Manu. Après être passée de 6-7 à 9-4 en seulement un an, concluant la saison par une large victoire au LA Bowl contre Boise State, Washington semble prête à franchir un nouveau cap.
Les Huskies ne commenceront peut-être pas la saison parmi les favoris, mais ils pourraient devenir en novembre l'adversaire que personne ne voudra affronter.
Et la profondeur de la Big Ten ne s'arrête pas là. Kirk Ferentz (Iowa), Matt Rhule (Nebraska), Luke Fickell (Wisconsin), Bret Bielema (Illinois) et David Braun (Northwestern) complètent l'un des groupes d'entraîneurs les plus relevés du football universitaire.
Quelques nouveautés pour 2026
La conférence a également présenté plusieurs changements de règlement pour la saison à venir.
Les formations sur les bottés de mêlée devront respecter des exigences d'alignement plus strictes afin de faciliter l'identification des receveurs inéligibles. Les pénalités pour interférence offensive sur une passe passeront de 15 à 10 yards. Enfin, une pénalité pour targeting commise en deuxième demie ne sera plus automatiquement reportée au début du match suivant, même si les récidivistes continueront de faire l'objet de sanctions progressives.
Toujours la conférence à battre
En quittant Chicago, le message était impossible à manquer.
La Big Ten ne défend pas seulement trois championnats nationaux consécutifs : elle défend désormais son statut de référence absolue du football universitaire.
Avec quatre ou cinq de ses 18 programmes convaincus de pouvoir atteindre le College Football Playoff et un commissaire déterminé à façonner l'avenir du sport, la conférence aborde la saison 2026 à la fois comme la cible à abattre… et comme la référence à suivre.
La route vers le championnat national passe toujours par la Big Ten.
Reste maintenant au reste du football universitaire de prouver qu'il est capable d'en changer le tracé.





Commentaires