top of page

De la NFL à la NCAA : le retour inédit de Dae’Quan Wright fait débat

24 août
4 min de lecture
Dae’Quan Wright avec Ole Miss face à Tulane en 2025
Dae’Quan Wright avec Ole Miss face à Tulane en 2025. Photo : Andy Altenburger/Icon Sportswire.

Le college football vient de basculer dans une situation encore inimaginable il y a quelques mois, et le week-end du 22-23 août l'a illustré de façon très concrète.


Le tight end qui pourrait écrire l'histoire

Les Cleveland Browns ont coupé le tight end Dae'Quan Wright dimanche, ouvrant la voie à son retour au college football à LSU, à condition qu'il passe la procédure de waivers NFL sans être réclamé par une autre franchise. Wright avait signé comme agent libre non drafté avec les Philadelphia Eagles avant d'atterrir à Cleveland via les waivers ; il avait même effectué l'échauffement avant le deuxième match de présaison des Browns face à Buffalo samedi, sans toutefois y disputer une seule minute.

Selon les informations disponibles, il serait le premier joueur à avoir un accord en place pour un retour universitaire après être passé par un contrat NFL en tant qu'agent libre non drafté, ce qui constituerait, si la procédure aboutit, un précédent inédit dans le sport.


L'entraîneur des Browns, Todd Monken, a résumé la situation en conférence de presse samedi soir avec une formule devenue virale : « Man, ain't this s--- crazy? »

Wright a joué les deux dernières saisons pour Lane Kiffin, désormais entraîneur de LSU, du temps où celui-ci était encore à Ole Miss. La saison passée, il a capté 39 passes pour 635 yards et cinq touchdowns pour les Rebels, dont un touchdown décisif en fin de quatrième quart-temps lors de la demi-finale de playoff.

LSU le récupérerait donc directement dans le sillage de son ancien entraîneur, au moment même où les Tigers, classés dans le top 15 du classement AP de présaison, préparent leur ouverture de saison.

Cette affaire s'inscrit dans le sillage de l'ordonnance rendue le 19 août par le juge William Jorden, de Baton Rouge, qui a accordé à 16 joueurs de la promotion 2022, dont plusieurs sous contrat NFL, une cinquième année d'éligibilité universitaire, à condition de résilier leur contrat professionnel et de rembourser les sommes déjà perçues.


Dan Lanning monte au créneau

Trois jours après la décision de justice, l'un des premiers entraîneurs de premier plan a publiquement pris position : Dan Lanning, à la tête d'Oregon. Interrogé samedi après l'entraînement des Ducks, il n'a pas mâché ses mots :

« Je pense qu'il y a beaucoup d'aspects négatifs autour de tout ça. Un, une fois que tu vas en NFL, pour moi, tu es en NFL. Tu n'as pas l'opportunité de revenir. Deux, la plupart d'entre nous avons déjà bâti nos effectifs, et il y a désormais des limites d'effectif. Donc si tu invites quelqu'un à revenir dans ton équipe, ça veut dire que tu vires quelqu'un d'autre pour respecter cette limite. Je ne pense pas que ce soit juste pour les joueurs qui ont travaillé tout l'été, tout le printemps, et se sont mis en position d'être prêts à jouer pour une équipe. »

Il a ensuite précisé où devrait, selon lui, se situer la frontière entre amateurisme et statut professionnel :

« Avant, dès que tu avais un agent ou que tu faisais le combine... tout ça comptait comme le fait que tu n'étais plus amateur. Tu es un professionnel maintenant, une fois que tu déclares pour la draft. Donc laisser n'importe lequel de ces joueurs revenir, juste ou injuste pour eux, c'est injuste pour le sport, et je pense que c'est injuste pour les joueurs qui sont actuellement dans les effectifs face à ces gars qui reviennent. »

Ce qui rend cette sortie notable, c'est qu'Oregon fait partie des programmes qui pourraient théoriquement profiter de la situation : les Ducks ouvrent la saison classés deuxième au classement AP de présaison, avec l'un des effectifs les plus armés du pays pour attirer un vétéran en quête d'une cinquième année. Rien n'indique toutefois qu'Oregon ait cherché à recruter l'un des joueurs concernés par l'ordonnance. Lanning tourne malgré tout le dos à cet avantage potentiel au nom de ce qu'il juge être l'équité du jeu, un raisonnement qui rejoint l'un des arguments avancés par la NCAA dans ce dossier : chaque place accordée à un revenant peut se faire au détriment d'une recrue, d'un walk-on ou d'un joueur du portail déjà présent sur le campus.


Ce qu'il faut retenir

Le cas Wright ouvre désormais la possibilité de voir un joueur passer l'été en camp d'entraînement NFL, être coupé lors des dernières vagues de coupes, rembourser sa prime de signature, entrer dans le portail des transferts et se retrouver en tenue pour un match universitaire quelques semaines plus tard. Ce scénario reste toutefois conditionné à une ordonnance judiciaire précise et contestée, et non à une nouvelle règle générale de la NCAA. Si Wright passe les waivers sans être réclamé d'ici le 1er septembre, date butoir fixée par l'ordonnance de Louisiane, il deviendrait le tout premier exemple concret connu de ce chemin, pile au moment où les entraîneurs du pays, à l'image de Lanning, commencent à se positionner publiquement sur la question.

Commentaires


©2026 par Northsideline

bottom of page