HEISMAN 2025 : UNE COURSE DÉJÀ FASCINANTE APRÈS QUATRE SEMAINES

VANCOUVER, BC — Chaque automne, le mois de septembre sert de filtre. Il sépare les illusions de début de saison des candidatures sérieuses pour le Heisman. En quatre semaines, plusieurs figures se sont imposées : des quarterbacks chirurgicaux, des running backs inarrêtables, un défenseur hors norme et même un conte improbable qui enflamme la SEC. Le premier tiers de saison a déjà dessiné un casting aussi riche que varié.
Dante Moore (QB, Oregon) : la précision chirurgicale
Avec 1 208 yards, 12 touchdowns, 1 interception, 74,6 % de passes complétées, Moore est le métronome des Ducks. Son triomphe en double prolongation lors du légendaire "White Out" à Penn State a montré son sang-froid. Plus que des stats, c’est la capacité à exécuter sans faille qui fait de lui un favori sérieux. S’il continue à porter Oregon dans un calendrier Big Ten relevé, il sera difficile à déloger du haut des votes.
Ty Simpson (QB, Alabama) : l’héritier patient
Après trois ans dans l’ombre, Ty Simpson prend enfin le contrôle du Crimson Tide. Ses chiffres (987 yards, 11 TD, 0 INT) témoignent d’une efficacité rare.Mais son vrai moment signature reste sa victoire à Sanford Stadium, où il a fait tomber Georgia et mis fin à 33 victoires consécutives à domicile des Bulldogs.Ce samedi, il retrouvera Diego Pavia pour un choc SEC à Tuscaloosa qui pourrait faire basculer la course au Heisman.
Diego Pavia (QB, Vanderbilt) : Le moteur de Vandy
Vanderbilt n’avait plus commencé une saison 5–0 depuis 2008. Cette renaissance porte un nom : Diego Pavia. Avec 1 211 yards à la passe, 9 touchdowns, 6 interceptions, plus 6 touchdowns au sol, il apporte une énergie implacable qui a transformé l’identité des Commodores. Tout aussi capable de lancer un block pour un coureur que de briser une défense à lui seul, il est devenu le véritable cœur de cette équipe. Une victoire marquante à Tuscaloosa contre Alabama samedi pourrait faire passer sa candidature du statut d’impressionnante à celui d’indéniable sur la scène nationale.
Jonah Coleman (RB, Washington) : le bulldozer du Husky Stadium
Sa ligne statistique a marqué le pas lors de la défaite face à Ohio State, la défense des Buckeyes ayant réussi à museler l’attaque habituellement explosive des Huskies. Il n’en demeure pas moins que Coleman a été l’un des rares à continuer de gratter des yards avec puissance et détermination. Avec 10 touchdowns au total (9 au sol, 1 en réception), il reste l’un des running backs les plus dominants du pays. À Seattle, il est devenu le point d’ancrage d’une attaque en transition, et ses duels répétés face aux meilleures défenses du Big Ten lui offrent une vitrine idéale pour séduire les votants.
Ahmad Hardy (RB, Missouri) : la locomotive
Premier coureur du pays avec 730 yards et 9 touchdowns, Hardy écrase les défenses à plus de 7 yards par course.Dans une SEC où les défenses dominent souvent, il impose une puissance et une régularité rares. Missouri a trouvé son moteur, et Hardy a déjà le profil statistique d’un finaliste à New York.
John Mateer (QB, Oklahoma) : la trajectoire interrompue
Avant son opération à la main, Mateer avait déjà cumulé 1 215 yards, 8 touchdowns, 3 interceptions et plus de 190 yards au sol. Transféré de Washington State, il avait rapidement conquis Norman par son énergie et sa mobilité. Aujourd’hui en convalescence, il reste attendu pour un possible retour lors de la série cruciale des Sooners contre Alabama, Tennessee et LSU. Son état de santé ne conditionne pas seulement la relance de sa candidature au Heisman : il pèsera directement sur la trajectoire du programme d’Oklahoma, encore invaincu mais en quête de légitimité nationale.
Trinidad Chambliss (QB, Ole Miss) : le conte rebelle
Ole Miss a trouvé sa révélation en la personne de Trinidad Chambliss, transfuge de Division II. Face à LSU (No. 4), il a lancé pour 314 yards, 1 TD, 1 INT, ajouté 71 yards au sol et offert aux Rebels une victoire 24–19.Trois matchs consécutifs à plus de 300 yards : Chambliss n’est plus un simple feu de paille. Dans une SEC impitoyable, il s’installe comme un candidat crédible, prêt à bouleverser la hiérarchie.
Rueben Bain Jr. (EDGE, Miami) : la rébellion défensive
Avec 22 plaquages, 4 TFL, 2 sacks, 1 interception, Bain Jr. est le moteur d’une défense classée parmi les meilleures du pays. Toujours doublé dans les schémas adverses, il libère ses coéquipiers et terrorise les quarterbacks.Miami (No. 3) est redevenu un poids lourd, et son nom y est pour beaucoup. Les défenseurs ne gagnent presque jamais le Heisman, mais Bain a déjà franchi le cap de simple « mention honorable » : il est incontournable.
Jayden Maiava (QB, USC) : la machine statistique
Maiava reste fidèle à la tradition offensive des Trojans. Avec 1 587 yards, 17 TD, 1 INT, 70,5 % de complétion et un rating de 191,1, il est tout simplement le quarterback le plus productif du pays.Le défi sera de prouver qu’il peut maintenir ce niveau contre les défenses d’élite du Midwest. Mais si USC continue de gagner, il sera difficile de ne pas l’inviter à New York.
Conclusion : une course riche en récits
À ce stade, aucune candidature ne se détache clairement. Moore impressionne par sa régularité, Simpson incarne le retour en force d’Alabama, Pavia fait vibrer tout Nashville, Coleman et Hardy portent leurs attaques à bout de bras, Mateer attend son heure, Chambliss surprend tout le monde, Bain Jr. brise les codes et Maiava aligne des chiffres de jeu vidéo.
Le Heisman n’est jamais qu’une affaire de statistiques : il se gagne dans les récits, les moments clés et la capacité à briller quand les projecteurs s’allument. Octobre et novembre seront impitoyables. Mais après un mois de compétition, une certitude émerge déjà : le cru 2025 s’annonce comme l’un des plus ouverts et fascinants de la dernière décennie.





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