Heisman Trophy 2026 : les 10 candidats à surveiller pour la prochaine saison

La poussière n'est pas encore retombée sur le sacre de Fernando Mendoza que déjà la course à sa succession est lancée. Le quarterback d'Indiana, lauréat 2025 dans un fauteuil — 643 voix de première place contre 189 à Diego Pavia — puis premier choix de la draft NFL chez les Raiders, laisse derrière lui un trophée vacant et une saison universitaire 2026 qui s'annonce particulièrement ouverte. Trois des quatre finalistes de l'an dernier ont rejoint les rangs professionnels, ce qui libère le terrain pour une nouvelle génération de vedettes.
Tour d'horizon des dix prétendants les plus crédibles, cotes des principaux opérateurs (FanDuel, DraftKings, BetMGM) relevées au printemps 2026.
1. CJ Carr, QB, Notre Dame
Surprise des bookmakers : le jeune meneur des Fighting Irish fait figure de favori précoce, généralement coté autour de +750. Pour sa première saison comme titulaire, Carr a affiché une efficacité remarquable : 2 741 yards à la passe, 24 touchdowns pour seulement 6 interceptions, 66,7 % de réussite et un indice d'efficacité de 168,1, cinquième à l'échelle nationale. En ajoutant trois courses dans la zone d'en-but, il a totalisé 27 touchdowns. Le hic : son éclat est passé sous les radars, faute de matchs à fort enjeu en seconde partie de saison. C'est là tout son défi pour 2026, son calendrier offrant peu d'affiches majeures. Le déplacement à BYU, puis le derby face à Miami le 7 novembre, seront ses rares occasions de marquer les esprits des votants.
2. Arch Manning, QB, Texas
Le nom suffit à alimenter la conversation pendant des mois. Petit-fils d'Archie et neveu de Peyton et Eli, Manning fut désigné favori du Heisman avant même de jouer en 2025, avant de connaître des débuts en dents de scie : cinq interceptions sur ses cinq premiers matchs, un Texas à 3-2. Puis le déclic. Sur les six dernières rencontres de saison régulière, il a lancé 12 touchdowns pour 2 interceptions, et bouclé l'année par une démonstration au Citrus Bowl (4 touchdowns face à Michigan). Bilan final : 3 163 yards, 26 touchdowns à la passe, 7 interceptions, plus 399 yards et 10 touchdowns au sol, pour un Texas à 10-3. Coté autour de +750-+800, il reste un candidat évident. Le choc d'ouverture contre Ohio State servira de premier verdict : un nouveau faux pas pourrait l'écarter prématurément, comme l'an passé.
3. Trinidad Chambliss, QB, Ole Miss
Voilà l'histoire la plus romanesque du lot. Arrivé de Ferris State, programme de Division II où il fut double champion national, Chambliss n'était même pas titulaire en début de saison. Il a pris les commandes en troisième semaine, après la blessure d'Austin Simmons, et n'a plus lâché le poste. Le résultat est spectaculaire : 3 937 yards, 22 touchdowns pour seulement 3 interceptions (66,1 %), auxquels s'ajoutent 527 yards et 8 touchdowns à la course, soit 4 464 yards d'attaque totale. Élu meilleur nouveau venu de la SEC et lauréat du Conerly Trophy, il a hissé les Rebels jusqu'en demi-finale des playoffs, où Miami les a battus au Fiesta Bowl. Une décision de justice rendue en février lui a accordé une sixième année d'éligibilité. Coté autour de +900-+1075, il s'impose comme l'une des valeurs montantes les plus séduisantes du marché.
4. Julian Sayin, QB, Ohio State
Seul finaliste 2025 de retour sur les bancs universitaires, Sayin part avec un avantage que personne d'autre ne possède : il a déjà frôlé le trophée, terminant quatrième avec huit voix de première place. Sa saison fut historique : meilleur taux de réussite du pays (77,0 %, à un cheveu du record FBS de Bo Nix), 3 610 yards et 32 touchdowns pour 8 interceptions, le tout en menant les Buckeyes à une saison régulière parfaite (12-0). Seule ombre au tableau, l'élimination au Cotton Bowl face à Miami. Coté autour de +1000-+1175, il affronte un calendrier truffé de duels directs. Une victoire sur la pelouse du Texas dès la deuxième journée, puis un éventuel choc des invaincus à Indiana, pourraient le transformer en favori numéro un.
5. Dante Moore, QB, Oregon
Sa décision a stupéfié tout le monde : annoncé comme un choix potentiel parmi les deux premiers de la draft, et près de 50 millions de dollars garantis en jeu, Moore a choisi de revenir pour une dernière saison. Ses chiffres 2025 sont éloquents : 3 565 yards, 30 touchdowns à la passe, 71,8 % de réussite (quatrième du pays), auxquels s'ajoutent 2 touchdowns au sol. Élu meilleur joueur offensif de l'Orange Bowl, il a porté les Ducks jusqu'en demi-finale des playoffs, où Indiana les a balayés. Deux bémols : dix interceptions, un total un peu élevé, et le départ de son coordinateur offensif Will Stein vers le Kentucky, qui l'oblige à assimiler un nouveau système. Mais le talent qui l'entoure reste de tout premier ordre. Cote moyenne : +1100-+1200.
6. Darian Mensah, QB, Miami
Attention au piège : Mensah n'évoluait pas à Miami en 2025, mais à Duke, d'où il débarque comme l'un des transferts les plus convoités du marché. Et pour cause : 3 973 yards, 34 touchdowns et seulement 6 interceptions, soit la tête de l'ACC dans les deux catégories et le deuxième total national. Il n'arrive pas seul à Coral Gables, ayant convaincu son receveur Cooper Barkate (72 réceptions, 1 106 yards à Duke) de le suivre. Associé au prodige Malachi Toney, il hérite de l'effectif le plus complet parmi les quarterbacks transférés cette saison. Coté autour de +1025-+1100, il devra prouver que les Hurricanes étaient le début d'un cycle, et non un feu de paille.
7. Jeremiah Smith, WR, Ohio State
Meilleur non-quarterback du tableau, le receveur des Buckeyes est la principale exception à une liste largement dominée par les meneurs de jeu. Sa deuxième saison fut éclatante : 87 réceptions, 1 243 yards et 12 touchdowns en seulement 13 matchs, une production qui l'a classé dans le top cinq national en yards comme en touchdowns, lui a valu une sélection unanime dans l'équipe All-America, le titre de meilleur receveur de la Big Ten et une place de finaliste du Biletnikoff Award. Il a terminé sixième au scrutin Heisman 2025. Coté autour de +1200-+1300, Smith doit composer avec le biais historique du vote envers les quarterbacks. Mais Travis Hunter (2024) et DeVonta Smith (2020) ont récemment prouvé qu'un joueur exceptionnel peut renverser cette tendance.
8. Josh Hoover, QB, Indiana
Reprendre la succession d'un lauréat du Heisman n'est jamais simple, mais Hoover en a les moyens. Transféré de TCU, où il avait battu le record de l'université avec 3 949 yards en 2024 puis ajouté 3 472 yards et 29 touchdowns en 2025, il s'installe aux commandes d'une attaque qui vient de réaliser la plus belle saison de l'histoire d'Indiana, sous la houlette de Curt Cignetti. Coté autour de +1200-+1425, il bénéficiera d'un système rodé et d'un effectif habitué à gagner. Le point d'interrogation tient à sa propension aux ballons perdus : 13 interceptions l'an dernier, 33 sur ses 31 titularisations en carrière. Cignetti devra discipliner ce profil pour reproduire la magie de Mendoza.
9. Gunner Stockton, QB, Georgia
Loin d'être un inconnu, Stockton sort d'une première saison pleine comme titulaire des Bulldogs, conclue à la septième place du vote Heisman. Ses chiffres : 2 894 yards, 24 touchdowns pour seulement 5 interceptions (69,7 %), complétés par 462 yards et 10 touchdowns au sol, le meilleur total parmi les quarterbacks de la SEC. Jouer pour Georgia garantit visibilité et matchs de prestige, deux ingrédients essentiels d'une campagne Heisman. Coté autour de +1600-+1800, il devra toutefois compenser le départ de son receveur vedette Zachariah Branch et se montrer plus tranchant dans le jeu vertical. S'il y parvient, sa progression dans la hiérarchie pourrait être rapide.
10. Sam Leavitt, QB, LSU
Le quarterback a suivi l'entraîneur Lane Kiffin jusqu'à LSU, un transfert qui le place dans l'un des environnements les plus exigeants du football universitaire. Sa cote (+1875-+2000) reflète autant son potentiel que les incertitudes : sa saison 2025 à Arizona State s'est arrêtée après sept matchs sur une blessure au pied. C'est surtout son année 2024 qui séduit, lorsqu'il avait porté les Sun Devils jusqu'au titre de la Big 12 et aux playoffs (2 885 yards, 24 touchdowns). Sur deux saisons à Tempe, il a cumulé 4 513 yards et 34 touchdowns par la passe, plus 749 yards et 10 scores au sol. Sa capacité à rester en bonne santé et à s'imposer dans la jungle de la SEC sera déterminante.
Les outsiders capables de bousculer la hiérarchie
Aucune course au Heisman ne se résume à ses favoris de présaison, et 2026 ne fera pas exception. Plusieurs noms situés plus bas sur les cotes possèdent le profil pour s'inviter à New York en décembre.
Le cas le plus intrigant est sans doute celui de Keelon Russell, à Alabama. L'ancien recrue cinq étoiles incarne le talent brut, mais sa cote élevée reflète une incertitude : avec le départ de Ty Simpson vers la NFL, rien ne garantit que ce redshirt freshman remporte la bataille pour le poste de titulaire face à un concurrent plus expérimenté. Si le talent l'emporte, comme souvent, et que le Crimson Tide retrouve son standing, son ascension pourrait être fulgurante.
À South Carolina, LaNorris Sellers cherche à relancer une candidature qui s'est effondrée. Donné parmi les favoris avant 2025 — il avait signé 2 527 yards et 18 touchdowns à la passe, plus 600 yards au sol en 2024 —, il a sombré l'an dernier avec à peine plus de 2 000 yards, dans un Gamecocks malade qui a enchaîné les défaites. Son arme reste sa polyvalence de quarterback dual-threat, idéale pour le Heisman. Mais il aborde sa troisième saison consécutive avec un nouveau coordinateur offensif, Kendall Briles et son Air Raid, un facteur d'instabilité.
Marcel Reed, à Texas A&M, mérite aussi qu'on s'y attarde. Beaucoup ont oublié qu'il figurait encore dans la course jusqu'à la treizième semaine de 2025, quand les Aggies étaient invaincus — il avait alors signé un record personnel de 439 yards et 3 touchdowns face à South Carolina. Une défaite chez le rival texan, puis une élimination précoce en playoffs, ont effacé son nom des mémoires. Cette discrétion soudaine en fait précisément un pari de milieu de tableau attractif. On peut y ajouter Malachi Toney, le receveur de Miami qui a affolé les compteurs dès sa saison de freshman (109 réceptions, 1 211 yards, 11 touchdowns), au point de mener la nation aux réceptions à seulement 17 ans. La barrière historique reste néanmoins réelle : seuls deux freshmen ont remporté le trophée, et les non-quarterbacks demeurent l'exception.
Les matchs qui décideront de la course
Ce qui rend la saison 2026 particulièrement savoureuse, ce sont les confrontations directes disséminées dans le calendrier. Plusieurs favoris se croiseront sur le terrain, transformant certains week-ends en véritables référendums Heisman.
Le rendez-vous le plus attendu est le choc entre Texas et Ohio State en ouverture. Pour Arch Manning, ce sera un test immédiat face à une défense d'élite — un terrain où il avait justement trébuché en 2025 ; pour Julian Sayin, l'occasion d'un coup d'éclat dès la deuxième journée, à l'extérieur de surcroît. Une victoire des Buckeyes pourrait déboucher sur un duel d'invaincus à Indiana, opposant les deux derniers champions nationaux — exactement le genre de match-statement qui forge une candidature.
CJ Carr, lui, devra composer avec un calendrier avare en grandes affiches. Son déplacement à BYU, dans un environnement hostile, apparaît même plus déterminant que le derby contre Miami : une démonstration dans un contexte difficile pourrait l'installer durablement dans la conversation nationale. Le constat vaut pour tous les prétendants : dans un scrutin où la perception compte autant que les statistiques, les performances dans les matchs à forte exposition pèsent bien plus lourd que les chiffres accumulés contre des adversaires modestes. Un finaliste se construit autant en novembre, sous les projecteurs, qu'en septembre.
Ce que disent les tendances
Plusieurs constantes se dégagent. D'abord, le quarterback reste roi : un seul des cinq derniers lauréats jouait à un autre poste, et la grande majorité des favoris sont des meneurs de jeu. Ensuite, le transfert est devenu la norme, chacun des quatre derniers vainqueurs ayant changé d'université au cours de sa carrière — un schéma que Chambliss, Hoover, Mensah et Leavitt incarnent à merveille. Notons aussi que la course compte trois revenants du top sept 2025 : Sayin (4e), Smith (6e) et Stockton (7e), un atout d'expérience non négligeable. Enfin, l'histoire invite à la prudence envers les favoris de présaison : Mendoza lui-même ne figurait pas en tête des pronostics avant d'écrire la légende d'Indiana. Le prochain nom gravé sur le trophée pourrait donc être, une fois encore, celui d'un outsider que personne n'attendait.





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