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La Big 12 est restée unie, et le college football peut respirer

15 juin
3 min de lecture
Le commissaire de la Big 12, Brett Yormark, lors du match de championnat de la conférence entre Texas Tech et BYU au AT&T Stadium
Le commissaire de la Big 12, Brett Yormark, lors du match de championnat de la conférence entre Texas Tech et BYU au AT&T Stadium d'Arlington, Texas, le 6 décembre 2025. (Photo : David Buono / Icon Sportswire)

La saga Brendan Sorsby vient de prendre un tournant que personne n'avait vu venir. Après des semaines de chaos juridique qui ont secoué l'ensemble du football universitaire, le quarterback ne portera finalement pas les couleurs de Texas Tech cet automne : il a choisi de retirer sa poursuite et de s'inscrire à la draft supplémentaire de la NFL. Et pour le college football, ce dénouement ressemble à un véritable soulagement.


Comment on en est arrivé là

Rappel des faits. Début juin, un juge du comté de Lubbock avait accordé à Sorsby une injonction temporaire forçant la NCAA à le réintégrer, alors même qu'il avait été déclaré inéligible pour avoir parié environ 90 000 $ sur des compétitions sportives, dont des matchs liés à ses propres universités. La décision avait provoqué une onde de choc dans tout le sport universitaire.


Mais lundi, l'étau s'est resserré. Le Big 12 a déposé une plainte fédérale pour obtenir le droit de sanctionner Texas Tech si Sorsby jouait, tandis que la NCAA réclamait une décision sur son appel avant le coup d'envoi de la saison. Acculé, le joueur a finalement renoncé. En abandonnant sa poursuite, il fait tomber l'injonction et redevient inéligible aux yeux de la NCAA — ce qui, paradoxalement, lui ouvre la porte du repêchage supplémentaire de la NFL.


Un dénouement positif pour le college football

Soyons clairs : c'est une bonne nouvelle pour le sport universitaire. La règle interdisant aux athlètes de parier sur des compétitions auxquelles ils sont liés est l'un des derniers piliers qui protègent directement l'intégrité des matchs. La perspective de voir un joueur ayant misé sur sa propre équipe reprendre son poste de quart-arrière titulaire au sein d'un programme prétendant au titre menaçait de la vider de son sens. Ce scénario ne se produira pas. La menace immédiate s'éloigne, et le message envoyé au reste des athlètes du pays redevient cohérent.


La solidarité du Big 12 mérite d'être saluée


L'intervention de la conférence Big 12 a été décisive, et elle mérite d'être saluée. Face à une décision qui aurait pu faire jurisprudence, les écoles de la conférence ne se sont pas défilées : plusieurs ont évoqué un boycott des matchs de Texas Tech, certains directeurs sportifs n'ont pas caché leur dégoût, et la conférence s'est présentée unie — quinze établissements parlant d'une seule voix pour ne pas se laisser dicter la loi par un seul de ses membres.

Le tout dans un contexte tendu, alors que le procureur général du Texas, Ken Paxton, avait menacé de représailles légales toute sanction.

« Cela a été une semaine difficile pour notre conférence et pour le paysage du sport universitaire », a reconnu le commissaire Brett Yormark.

Mais c'est précisément cette fermeté collective qui a fini par peser.


Texas Tech sort du tourment

Texas Tech, de son côté, sort enfin de cette tempête médiatique. Le programme avait soutenu Sorsby tout au long de l'épreuve, en plaçant, selon ses dirigeants, sa santé et son bien-être au premier rang. Mais l'affaire avait transformé la saison à venir des Red Raiders en feuilleton judiciaire permanent. Débarrassée de ce poids, la formation, championne de la Big 12 et qualifiée pour les playoffs l'an dernier pourra désormais se concentrer plus sereinement sur la campagne 2026, même s'il lui faut désormais résoudre une question bien réelle : qui mènera l'attaque à la place du quart à cinq millions de dollars qu'elle pensait avoir recruté.


La NCAA, elle, ne sort pas vraiment gagnante

Mais que personne ne s'y trompe : la NCAA ne sort pas nécessairement victorieuse de cet épisode. Car au fond, elle n'aura pas été en mesure de faire respecter ses propres règles. Ce n'est ni un tribunal ni l'institution elle-même qui a tranché en sa faveur : c'est le joueur qui a choisi de partir. L'injonction de Lubbock, elle, n'a jamais été infirmée.

Le précédent demeure donc intact, disponible pour le prochain athlète qui voudra emprunter le même chemin. La NCAA a évité le pire, mais elle l'a évité par chance, pas par autorité — et c'est une faiblesse que ses adversaires futurs n'oublieront pas.


Et maintenant ?

Reste désormais à voir quelle équipe de la NFL fera le pari de Sorsby.

Le repêchage supplémentaire est une voie étroite. La NFL n'en a plus tenu depuis 2023, et aucun joueur n'y avait alors été sélectionné. Le dernier quart-arrière à y être passé est Terrelle Pryor en 2011 et rien ne garantit au joueur une entrée facile.

Une nouvelle page s'ouvre malgré tout pour lui. On souhaite surtout qu'au-delà du football, le plus important soit derrière lui : que les difficultés liées au jeu qu'il a traversées appartiennent désormais au passé.

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