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MIKE GUNDY ÉVINCÉ, LE CARROUSEL DES COACHS S’EMBALLE

23 sept. 2025
4 min de lecture
EUGENE, OR – 6 septembre : l’ex entraîneur-chef des Cowboys d’Oklahoma State, Mike Gundy, réunit son équipe au Autzen Stadium, à Eugene
EUGENE, OR – 6 septembre : l’ex entraîneur-chef des Cowboys d’Oklahoma State, Mike Gundy, réunit son équipe au Autzen Stadium, à Eugene (Oregon). (Photo : Brian Murphy/Icon Sportswire)

La fin d’une ère à Stillwater

Mardi 23 septembre 2025, Oklahoma State a officialisé le licenciement de Mike Gundy, 58 ans, après plus de deux décennies sur le banc des Cowboys. Le coach quitte son alma mater avec un bilan de 170–90, huit saisons à dix victoires, un titre de Big 12 en 2011 et 18 apparitions en bowl.

Mais depuis deux ans, la machine s’était grippée. La saison 2024, conclue sur un 3–9 avec zéro victoire en conférence, une première depuis 30 ans, avait déjà fragilisé son trône.

Le début 2025, marqué par une défaite humiliante face à Tulsa à Stillwater, la première contre cet adversaire à domicile depuis 1951, a scellé son sort.

L’université devra lui verser un buyout de 15 millions de dollars, conséquence d’un contrat qui courait jusqu’en 2028 avec un salaire annuel de 6,75 millions. Doug Meacham, coordinateur offensif et ancien joueur d’Oklahoma State dans les années 1980, assurera l’intérim.

La question est désormais de savoir si OSU saura attirer un nom fort dans un Big 12 recomposé, où des programmes comme Texas Tech et Kansas State investissent massivement pour dominer la conférence.


UCLA et Virginia Tech ouvaient ouvert le bal

Avant Gundy, deux autres programmes du Power 4 avaient déjà décidé de changer de cap. À UCLA, DeShaun Foster, promu en 2024 et ancienne star des Bruins au poste de running back, n’a pas survécu à un départ 0–3. La lourde défaite 42–14 infligée par New Mexico dans un Rose Bowl clairsemé a convaincu l’administration qu’il fallait agir vite. L’entrée dans la Big Ten exige de la crédibilité et de la compétitivité immédiates.


Du côté de Virginia Tech, c’est Brent Pry qui a été remercié le 21 septembre après une défaite à domicile face à Old Dominion. Ancien disciple de James Franklin, il n’a jamais réussi à redonner du souffle aux Hokies et termine son passage avec un bilan de 16–24. Présenté comme un retour aux valeurs de l’ère Frank Beamer, son mandat a tourné court.

Ces licenciements précoces ont immédiatement déclenché une fenêtre de trente jours pour le portail des transferts, offrant aux joueurs la possibilité de chercher un nouveau point de chute dès l’automne. Plusieurs recrues de la classe 2026 ont également retiré leur engagement, accentuant encore l’instabilité de ces programmes.


Des sièges de plus en plus brûlants

Au-delà des coachs déjà écartés, plusieurs figures emblématiques sont désormais scrutées de près. Dabo Swinney, double champion national avec Clemson, a publiquement défié son administration après la défaite contre Georgia Tech en déclarant que les fans pouvaient

« l’envoyer ailleurs s’ils en avaient assez de gagner ».

Mais son discours passe de moins en moins. Le refus d’embrasser pleinement le portail des transferts fragilise un programme jadis dominant. Financièrement, son contrat court jusqu’en 2031 et inclut un buyout colossal de 60 millions de dollars en 2025, ce qui rend un départ immédiat peu probable, mais l’écart avec les cadors s’élargit.


Billy Napier, à Florida, traverse lui aussi une tempête. Avec un bilan de 1–3, les Gators connaissent leur pire départ depuis 1989. La lourde défaite 26–7 contre Miami a intensifié les appels au changement. Pourtant, l’administration temporise, redoutant une hémorragie dans l’effectif si Napier partait trop tôt. La règle des quatre matchs, qui permet aux joueurs de préserver leur redshirt et d’entrer dans le portail à ce moment précis, pèse lourd dans la réflexion. Les prochains rendez-vous face à Texas puis Texas A&M risquent de déterminer son avenir.


Une nouvelle réalité pour les programmes

Ces licenciements précoces révèlent une mutation profonde du college football. Jadis, les universités attendaient novembre pour agir. Désormais, l’urgence est de protéger les recrues et de limiter la fuite des talents via le portail des transferts. Chaque licenciement ouvre une période de 30 jours pendant laquelle les joueurs peuvent partir, et la règle du redshirt permet d’accélérer ces mouvements dès septembre.

Le NIL ajoute une nouvelle couche de complexité, avec des contrats parfois assortis de clauses de remboursement en cas de transfert. Pour les athletic directors, le mois de septembre, autrefois consacré aux ajustements tactiques, est désormais un champ de bataille administratif. Les écoles préfèrent sacrifier une saison entière plutôt que de compromettre leur avenir à long terme.


Et maintenant ?

Selon plusieurs médias américains, dont ESPN, les premiers noms cités pour succéder à Mike Gundy sont Jeff Traylor (UTSA), G.J. Kinne (Texas State), Eric Morris (North Texas) et Ben Arbuckle, jeune coordinateur offensif d’Oklahoma. UCLA et Virginia Tech, de leur côté, disposent d’un temps précieux pour sonder le marché et activer des cabinets de recherche, mais leurs incertitudes administratives pourraient retarder l’arrivée d’un nouveau staff. Dans bien des cas, il faudra attendre la fin de la saison régulière pour voir les embauches se concrétiser.


Conclusion

La saison 2025 restera comme l’une des plus brutales pour les coachs dès son entame. Trois figures déjà évincées : Gundy, Foster et Pry , et plusieurs autres en sursis. Le message est limpide : ni l’histoire, ni les trophées, ni les contrats pharaoniques ne garantissent désormais l’immunité.

Le college football est entré dans une ère où seule la capacité d’adaptation au recrutement, au NIL et au portail des transferts assure la survie. Pour Gundy, Foster, Pry et peut-être bientôt d’autres, la leçon est claire : la loyauté institutionnelle pèse peu face à l’impatience d’un sport en perpétuelle accélération.

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