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Mississippi State renverse South Carolina, Taylor éteint Williams-Brice

19 sept.
7 min de lecture
Kamario Taylor a lancé quatre passes de touchdown lors de la victoire de Mississippi State à South Carolina. Photo d’archives
Kamario Taylor a lancé quatre passes de touchdown lors de la victoire de Mississippi State à South Carolina. Photo d’archives. Crédit photo : Scott Winters/Icon Sportswire.

COLUMBIA, Caroline du Sud —Menés 16-0, les Bulldogs de Jeff Lebby ont inscrit 41 des 48 points suivants pour s'offrir leur ouverture de SEC à Columbia. Pour Shane Beamer et LaNorris Sellers, la saison vient de changer de ton.


Il y a eu un moment, vers le milieu du deuxième quart-temps, où tout semblait écrit. Malik Orsan venait de réussir son troisième field goal de l'après-midi, Williams-Brice vibrait, Dylan Stewart faisait enfin son retour sur la ligne défensive, et Mississippi State ressemblait à une équipe qui n'avait pas encore compris qu'elle jouait en SEC.

Puis Kamario Taylor a levé les yeux.


La soirée avait pourtant commencé par un avertissement venu du ciel. Après une semaine déjà marquée par une météo capricieuse, la foudre est tombée à moins de huit miles du stade vers 15 heures et a interrompu l'avant-match, repoussant le coup d'envoi à 17h35 (heure de l'Est). Un ciel instable, à l'image de ces Gamecocks : partis sous les meilleurs auspices, ils ont vu le temps tourner au vinaigre sur le terrain.

L’échauffement à Williams-Brice Stadium avant South Carolina–Mississippi State, à Columbia
L’échauffement à Williams-Brice Stadium avant South Carolina–Mississippi State, à Columbia. Crédit photo : NorthSideline

Au coup de sifflet final, le tableau d'affichage indiquait 41-34 pour Mississippi State, qui ouvre ainsi son exercice en SEC par un succès arraché loin de Starkville. Le score, resserré par un baroud d'honneur tardif, masque la réalité de ce qui s'est passé dans ce stade de 78 360 spectateurs : après avoir été menés 16-0, les Bulldogs ont dominé South Carolina 41-7. Ce n'est pas un match perdu sur un détail. C'est un effondrement.


Un départ en fanfare… et des occasions gâchées

Le premier quart-temps n'a eu qu'un seul sens. Dès sa première possession, South Carolina enchaîne 13 jeux et remonte 66 yards. Sellers croit ouvrir le score sur une course dans la end zone, mais le touchdown est refusé, et les Gamecocks doivent se contenter d'un field goal de 30 yards. Trois points là où on en attendait sept : c'est le premier indice de ce qui allait coûter cher.


Sur la toute première action offensive de Mississippi State, le ballon de Taylor est dévié et atterrit dans les bras de Peyton Williams. Sellers en profite aussitôt en trouvant son tight end Maurice Brown II sur une passe de touchdown de 4 yards. Dix à zéro.

En face, c'est le néant. Après un trois tentives et punt, les Bulldogs n'ont gagné que 3 yards en deux possessions. Une longue passe de 44 yards de Sellers vers Donovan Murph replace les Gamecocks à portée de tir, et Orsan convertit un field goal de 34 yards à quatre secondes de la fin du quart-temps. Treize à zéro, deux possessions d'avance.


Sur le papier, c'était parfait. Dans les faits, les signaux d'alarme clignotaient déjà.

L'unique touchdown de South Carolina n'est arrivé qu'après qu'une pénalité sur un quatrième essai eut annulé une interception des Bulldogs. Treize points d'avance, c'est confortable. Mais chaque drive laissé à mi-chemin est un crédit que l'adversaire peut venir réclamer plus tard.


Le deuxième quart-temps n'a rien corrigé. Sellers alterne le chaud et le froid : sur un quatrième-et-2, il complète une passe de 22 yards vers Nyck Harbor, puis, deux actions plus tard, manque de se faire intercepter. Le drive cale de nouveau, mais Orsan est en verve.

Il réussit son troisième field goal en autant de tentatives, cette fois de 51 yards, lui qui venait tout juste d'être promu titulaire à la place de Max Kelley. Seize à zéro. Sur la touche, l'entraîneur des Gamecocks avait enfin l'air détendu. Ce serait le dernier vrai moment de sérénité de sa soirée.


Taylor se réveille

Toute la semaine, on avait parlé de Taylor, le quarterback sophomore dont les highlights circulaient déjà partout. Beamer lui-même avait prévenu : « Le buzz est justifié », avait-il lâché en conférence de presse, selon On3, saluant sa taille, son calme dans la poche et sa capacité à réussir toutes les passes.


Il a fallu un quart-temps et demi pour que la prophétie se réalise, et à peine 51 secondes pour que le match change de visage. Le running back Fluff Bothwell s'échappe pour une course de 43 yards, et Taylor enchaîne avec une passe de touchdown de 30 yards vers Sanfrisco Magee. Soixante-quinze yards en trois jeux : 16-7.


Le quarterback des Bulldogs a trouvé son rythme, et il ne le lâchera plus. Sur le drive suivant, il envoie une passe de 16 yards à Anthony Evans III, puis, dès l'action d'après, lance son deuxième touchdown du match : 43 yards pour Zion Ragins. Seize à quatorze. En quelques minutes, Williams-Brice s'était tu.

Les Gamecocks ont le mérite de répondre avant la pause. Matt Fuller conclut d'une course de 7 yards un drive de 75 yards, pour un 23-14 à la mi-temps. À ce moment-là, l'histoire pouvait encore se raconter comme celle d'un favori à domicile qui avait tangué avant de reprendre le contrôle.


Il y avait d'ailleurs une statistique rassurante pour les fans locaux : Mississippi State n'avait remporté qu'un seul de ses 22 derniers matchs de SEC lorsqu'il était mené à la pause. Et Lebby n'avait jamais gagné un match de SEC à l'extérieur en huit tentatives depuis son arrivée à Starkville avant la saison 2024.


Williams-Brice Stadium, antre des South Carolina Gamecocks à Columbia
Williams-Brice Stadium, antre des South Carolina Gamecocks à Columbia.

La deuxième mi-temps, ou l'art de l'effondrement

Ce qui a suivi relève moins du football que de la démolition contrôlée.

Les Bulldogs ouvrent la seconde période avec un drive qui aurait dû mourir plusieurs fois : un sack, deux pénalités pour holding, et pourtant 11 jeux et 65 yards au bout. Taylor le conclut en trouvant Marquis Johnson, seul dans une couverture déchirée, pour un touchdown de 23 yards. Vingt-trois à vingt-et-un.


Pendant ce temps, l'attaque de South Carolina s'était arrêtée net. Les quatre premières possessions des Gamecocks en seconde période se sont soldées par deux trois & out et deux interceptions. Après le premier de ces 3 & out , Taylor lance sa quatrième passe de touchdown, 5 yards vers Evans cette fois, et Mississippi State passe devant pour la première fois de la rencontre (28-23).


Puis Sellers craque au pire moment. Sa première interception de la soirée intervient alors que la dynamique appartient entièrement aux visiteurs depuis le deuxième quart-temps.

La défense des Gamecocks se resserre et limite les dégâts à un field goal de 36 yards de Kyle Ferrie (31-23). Mais sur la série suivante, Sellers est intercepté une seconde fois, quasiment au même endroit. Et pour la première fois de la soirée, c'est vers le banc de South Carolina que le mécontentement des tribunes se tourne.

Bilan du troisième quart-temps : 17-0 pour les Bulldogs, qui ont dominé de la tête et des épaules.


Lebby a alors choisi de remuer le couteau dans la plaie. Dès la première action du quatrième quart-temps, pour conclure le drive ouvert par cette interception, les Bulldogs sortent une ruse de leur sac : le receveur Gracen Harris se transforme en lanceur et trouve le tight end Sam West dans la end zone, 7 yards plus loin. Trente-huit à vingt-trois. Ferrie ajoute ensuite un field goal de 49 yards pour porter l'avance à 41-23.

Dans les travées de Williams-Brice, pourtant électriques en début de match, les sièges commencent à se vider alors qu'il reste encore 14 minutes à jouer. Depuis la reprise, les Bulldogs ont inscrit 27 points sans réponse. Un chiffre résume tout : à huit minutes de la fin, l'attaque de South Carolina totalisait trois yards en seconde période.


Un sursaut trop tardif

Menés de 18 points, les Gamecocks ont enfin retrouvé un rythme, beaucoup trop tard pour reprendre véritablement le contrôle de la rencontre. Au bout d'un drive de 13 jeux et 85 yards, Sellers convertit un quatrième essai en trouvant Matt Fuller, qui file au touchdown sur 25 yards à 3:50 de la fin. Sellers réussit lui-même la conversion à deux points en courant, 41-31. Les Gamecocks tentent ensuite un coup de pied court, que Mississippi State récupère. La défense obtient un stop, et Orsan ajoute un quatrième field goal, de 52 yards, à 52 secondes du terme. Le 41-34 final flatte largement les vaincus : le combat était perdu depuis longtemps.


Les chiffres qui comptent

Taylor a été clinique. Il termine à 18 passes complétées sur 26 pour 251 yards et quatre touchdowns. Au-delà d'un bras canon, il a affiché un calme déconcertant dans sa poche, « cool as a cucumber », comme disent les Américains. Surtout, il n'a jamais paniqué après son interception d'entrée, ce qui en dit long sur la maturité d'un joueur qui ne compte qu'une poignée de titularisations.


Il n'était pas seul. Fluff Bothwell a usé la défense adverse avec 115 yards sur 21 courses, et la défense des Bulldogs a fait le reste : deux interceptions, trois sacks signés Amaree Williams, Jardin Gilbert et Will Whitson, et une seconde mi-temps quasiment parfaite.

Côté Gamecocks, le seul véritable motif de satisfaction s'appelle Matt Fuller. Il a porté le ballon 17 fois pour 73 yards et un touchdown, et capté sept passes pour 85 yards et un autre touchdown, terminant meilleur coureur et meilleur receveur de son équipe.


Pour Sellers, le vestiaire à la pause a servi de frontière entre deux versions de lui-même. En première période, il avait complété 13 de ses 20 passes pour 173 yards et un touchdown, en ajoutant 33 yards au sol. Son total final (25 sur 40, 282 yards, deux touchdowns, deux interceptions) paraît honorable sur le papier, mais il cache une seconde mi-temps à oublier.

Quant à Dylan Stewart, il s'est surtout fait remarquer par sa capacité à gêner Taylor. Il a signé un plaquage derrière la ligne de mêlée, sans parvenir à faire tomber le quarterback.


La statue de Cocky devant Williams-Brice Stadium, l’un des symboles des South Carolina Gamecocks
La statue de Cocky devant Williams-Brice Stadium, l’un des symboles des South Carolina Gamecocks.

Ce que ça signifie

Pour Mississippi State, c'est potentiellement une victoire fondatrice. Les Bulldogs passent à 3-0, 1-0 en SEC, en brisant deux malédictions à la fois : la première victoire de Lebby en conférence à l'extérieur, et une rare remontée après une mi-temps perdue. Les deux équipes sortaient d'un bilan de 1-7 en SEC la saison dernière ; l'une d'elles vient de montrer qu'elle a peut-être tourné la page. Les Bulldogs rentrent maintenant à la maison, après deux déplacements, pour recevoir Missouri.


Pour South Carolina, le constat est brutal. C'est la sixième défaite consécutive des Gamecocks face à un adversaire de SEC, et la septième d'affilée contre une équipe du Power Four. Les 41 points encaissés égalent le pire total concédé par la défense depuis une défaite contre Florida en 2023.

Le pire, peut-être, c'est le calendrier. Les Gamecocks disputent la semaine prochaine leur premier match à l'extérieur, à Tuscaloosa face à Alabama, avant d'enchaîner Kentucky à domicile, Florida à l'extérieur, Tennessee à domicile et Oklahoma à l'extérieur. Face à ce calendrier, les occasions immédiates de rebond paraissent particulièrement rares.

Il y a une semaine, cette équipe était 2-0 et tout le monde attendait l'ouverture de la SEC comme le vrai test. Le test a eu lieu. Comme la météo de Columbia, il a viré à l'orage.


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