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Saison des bowls 2026-2027 : Que valent encore les bowls à l'ère du College Football Playoff ?

5 juin
4 min de lecture
Le Linebacker des Texas Longhorns Ty'Anthony Smith (26) et l'entraîneur-chef des Longhorns, Steve Sarkisian, soulèvent le trophée après la
Le Linebacker des Texas Longhorns Ty'Anthony Smith (26) et l'entraîneur-chef des Longhorns, Steve Sarkisian, soulèvent le trophée après la victoire du Texas au Cheez-It Citrus Bowl face aux Michigan Wolverines, le 31 décembre 2025 au Camping World Stadium d'Orlando, en Floride. (Photo : David Rosenblum/Icon Sportswire)

Les dates et les horaires de la saison des bowls viennent d'être dévoilés. Un mois de football, des dizaines de matchs, et une interrogation de fond qui ne disparaît pas : à l'heure du playoff à douze équipes, que vaut encore un bowl ? La réponse dépend sans doute de l'endroit d'où on regarde.


Il y a un paradoxe au cœur du football universitaire américain de décembre. D'un côté, le College Football Playoff a tout aspiré. C'est là que se joue le titre, là que se concentrent l'attention et les audiences : la dernière finale a réuni 30,1 millions de téléspectateurs, en hausse de 36 % sur un an, et ESPN a annoncé une audience globale du playoff en progression de 16 %. De l'autre, une quarantaine de matchs continuent de remplir le calendrier entre la mi-décembre et la fin janvier. La plupart ne désigneront jamais un champion national.

Alors on pose la question, chaque année un peu plus fort : à quoi servent encore les bowls ? Maintenant que le calendrier 2026-27 est officiel, c'est le bon moment pour y répondre, ou au moins pour bien la formuler.


Un calendrier dense, étalé sur six semaines

Le premier constat, c'est l'ampleur. La saison s'ouvre tôt et s'étire longtemps : des premiers matchs de la mi-décembre jusqu'à un sacre national programmé à Las Vegas.

Au total, ce sont des dizaines de rencontres qui occupent quasiment toutes les soirées de la période, ESPN diffusant l'écrasante majorité du lot, CBS conservant son créneau historique et TNT héritant d'une partie des matchs de playoff.


Le playoff, justement, structure désormais tout autour de lui. Le premier tour se joue sur les campus des équipes les mieux classées, une nouveauté qui, en quelques saisons, est déjà devenue un rendez-vous à part : un match d'élimination directe, en décembre, dans un stade universitaire plein à craquer et souvent gelé.

Les quarts de finale s'installent ensuite dans les grands bowls historiques — Fiesta, Peach, Rose, Cotton —, les demi-finales reviennent à l'Orange et au Sugar, et la finale clôt le tout.

Le reste, c'est tout le reste : les trente et quelques matchs qui composent la « saison des bowls » au sens classique du terme.


Quand l'horaire raconte une histoire

L'intérêt d'un calendrier, c'est qu'il trahit des choix. Cette année, deux décisions de programmation valent qu'on s'y arrête.

D'abord, le 29 décembre. ESPN aligne deux de ses bowls les plus suivis sur la même soirée : le Pop-Tarts Bowl en ouverture, l'Alamo Bowl pour conclure.

Deux affiches qui, la saison passée, figuraient parmi les rencontres hors playoff les plus regardées. Les empiler le même soir, c'est parier qu'un public installé devant le premier match restera pour le second, une logique de plateau télé autant que de sport.


Plus discret, mais plus parlant pour les puristes : le Citrus Bowl (Orlando) et le ReliaQuest Bowl (Tampa) sont dissociés sur deux journées différentes. Ces deux rendez-vous, qui opposent traditionnellement le meilleur de la Big Ten au meilleur de la SEC hors playoff, se chevauchaient presque toujours le même jour. Les séparer relève de l'exception : ce n'est arrivé qu'une poignée de fois en près de quarante ans.

Détail qui ne trompe pas sur l'identité de ces matchs. La saison dernière, le Citrus Bowl — un Michigan-Texas — a été la rencontre hors playoff la plus regardée, avec 9,1 millions de téléspectateurs. La hiérarchie n'est pas toujours là où on l'imagine.


Le folklore, encore et toujours

C'est peut-être là que se trouve la vraie réponse à la question posée plus haut. Un bowl, ce n'est pas qu'un match : c'est un décor, une date, une habitude.

C'est le doublé de la veille de Noël, avec un New Mexico Bowl en après-midi puis le traditionnel Hawaii Bowl le soir, quand une partie du pays a déjà arrêté le travail pour les fêtes.

C'est le Sun Bowl que CBS diffuse fidèlement depuis 1968, soit près de soixante éditions consécutives. C'est aussi, cette saison, la naissance d'un nouveau venu, le premier Puerto Rico Bowl, joué à Bayamón — preuve que l'écosystème continue de s'étendre plutôt que de se rétracter.

Il y a même les petites histoires d'intendance qui font le sel du suivi : le Rate Bowl reprend son ancien nom de Cactus Bowl, celui qu'il portait au milieu des années 2010, et retrouve par la même occasion le stade d'Arizona State après une décennie passée sur le terrain de baseball des Diamondbacks. Trois bowls, enfin, attendent encore leur date et parfois même leur diffuseur. Le tableau n'est pas tout à fait figé, et c'est très bien ainsi.


Alors, ça vaut encore quelque chose ?

Sur le plan sportif et économique, le débat est légitime. L'élargissement du playoff a concentré la valeur : les enjeux, les audiences, l'argent. Un quart de finale du CFP a rassemblé jusqu'à 19 ou 24 millions de téléspectateurs la saison dernière, quand les bowls hors playoff diffusés par ESPN tournaient autour de 3 millions en moyenne. L'écart est considérable. À mesure que ce format se stabilise, et qu'on évoque déjà de nouveaux ajustements, certains voient dans les bowls « mineurs » un reliquat d'une autre époque — des matchs d'exhibition que des stars potentielles désertent parfois pour protéger leur draft ou leur saison suivante après un éventuel transfert.

Pour beaucoup de supporters, ce raisonnement passe pourtant à côté d'une partie de ce qui fait l'attrait des bowls.


Pour les fans d'une équipe, un bowl n'a jamais eu besoin de désigner un champion national pour avoir du sens. Atteindre un bowl, c'est déjà valider une saison : une récompense, un voyage, un dernier rassemblement avant la longue intersaison. Chaque programme a son histoire avec « son » bowl, ses souvenirs de fin d'année, ses rivalités de circonstance. Pour ces communautés-là, l'affiche du 29 décembre à Orlando ou du 2 janvier à Memphis pèse autant qu'une demi-finale pour le voisin qualifié.

Le playoff couronne un champion. Les bowls, eux, couronnent des saisons — au pluriel, des dizaines à la fois. Ce ne sont pas les mêmes promesses, et c'est précisément pour ça que les deux peuvent coexister. Le calendrier 2026-27 est désormais sur la table. À chacun, maintenant, d'y trouver le match qui clôt sa saison.


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