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SMU dompte Virginia: Kevin Jennings, la maîtrise d’un leader à Dallas

17 oct.
8 min de lecture
Le quarterback de SMU Kevin Jennings, maillot n° 7, en action face à Virginia au Gerald J. Ford Stadium.
Kevin Jennings (#7), quarterback de SMU, face à Virginia le 17 octobre 2026 au Gerald J. Ford Stadium. Crédit photo : George Walker / Icon Sportswire.

Dans le cadre magnifique du campus de Southern Methodist University, à quelques minutes du centre-ville de Dallas, les Mustangs ont dû batailler pour venir à bout de Virginia (23-13). Porté par un Kevin Jennings aussi accessible en dehors du terrain que talentueux ballon en main, SMU reste dans la course au titre de l’ACC.


DALLAS — Les Mustangs ont tenu le ballon trop peu longtemps en première mi-temps, ont raté quatre troisièmes tentatives sur cinq avant la pause et se sont fait surprendre par le plan de jeu patient de Virginia. Ils sont pourtant repartis du Gerald J. Ford Stadium avec 404 yards, aucun ballon perdu et une victoire 23-13 qui les maintient dans la course au titre de l’ACC.


Avec ses bâtiments élégants et ses espaces verdoyants, le campus de SMU offre un cadre particulièrement séduisant pour le college football, au cœur d’une grande métropole américaine. Un samedi d’automne au Gerald J. Ford Stadium a un charme bien particulier.

Avant le coup d’envoi, ce match ressemblait à un match éliminatoire qui ne disait pas son nom. Les deux équipes se présentaient à 2-1 en conférence, derrière un Miami invaincu, et le perdant était assuré de tomber à deux défaites. En face, il y avait le champion en titre de la saison régulière de l’ACC. SMU (n°24), favori de 9,5 points et sur une série de sept victoires à domicile, a répondu présent : les Mustangs passent à 5-1 (3-1 ACC), et Virginia tombe à 4-3 (2-2 ACC).


Ce match a opposé deux mi-temps qui ne se ressemblaient pas. La première appartenait à une équipe de Virginia qui courait, gérait l’horloge et frustrait son hôte. Dans la deuxième, les Cavaliers se sont éteints progressivement face à une défense de SMU qui ne leur a plus rien laissé.

« Tout ce qui compte, c’est de gagner, de survivre et d’avancer, et c’est ce qu’on a fait », a résumé Rhett Lashlee après la rencontre.

Une mi-temps pour Virginia, une autre pour SMU

Le plan de Tony Elliott était limpide : courir, encore courir, et garder l’attaque de SMU sur le banc. À la pause, les Cavaliers avaient couru 22 fois pour seulement sept passes et tenu le ballon 18:02, contre 11:58 pour les Mustangs. Fait rare, aucune des deux équipes n’avait encore dégagé.


Le problème, c’est que ce plan n’a pas survécu au retour des vestiaires. Virginia n’a couru que dix fois de plus jusqu’au coup de sifflet final et a enchaîné trois three-and-outs sur ses quatre premières possessions de la deuxième mi-temps. Jekail Middlebrook, qui comptait 55 yards en 12 courses à la pause, termine avec 59 yards en 14 courses. Après 153 yards en première mi-temps, l’attaque des Cavaliers n’en a ajouté que 105 en deuxième.

Le temps de possession, si longtemps à l’avantage des visiteurs, a fini par basculer : 30:59 pour SMU, contre 29:01 pour Virginia. Au total, les Mustangs ont joué 15 jeux de plus que leur adversaire.


Kevin Jennings à l’échauffement avant la rencontre face à Virginia, au Gerald J. Ford Stadium
Kevin Jennings à l’échauffement avant la rencontre face à Virginia, au Gerald J. Ford Stadium.

Jennings, leader avant même le coup d’envoi

C’est pourtant bien avant le coup d’envoi que Kevin Jennings a retenu notre attention. Lors de l’arrivée des Mustangs au stade, le quarterback vedette a pris le temps de saluer les personnes croisées sur son passage, des membres du personnel aux supporters venus assister à l’échauffement. Sourires, gestes et échanges spontanés : l’image d’un joueur accessible, attentif aux autres, loin de toute attitude de superstar.


Sur le terrain, il a affiché la même maîtrise. Pas de décision manifestement forcée, une exécution rapide et cette capacité à s’échapper de la poche en un éclair lorsque la pression arrive. Sa mobilité s’est traduite concrètement par une course de 33 yards, sa plus longue de la saison. Jennings est devenu l’un des huit quarterbacks actifs de FBS à franchir la barre des 10 000 yards d’attaque totale en carrière. Il termine à 23 passes réussies sur 36 pour 246 yards, deux touchdowns et aucune interception.

« Il a fait du bon boulot en étant un quarterback ennuyeux, dans le bon sens du terme, a souligné Lashlee. Et quand il devait être exceptionnel, il l’a été. »

Son match a basculé sur deux passes. Menés 7-3, sur une deuxième tentative et 11 yards à parcourir depuis leurs propres 12 yards, les Mustangs ont trouvé l’étincelle quand Jennings a lancé vers Yannick Smith pour un gain de 59 yards, le plus long gain offensif de la rencontre. Quelques actions plus tard, il trouvait le tight end Randy Pittman Jr. sur 6 yards pour conclure une série offensive de 10 jeux et 87 yards (10-7).


Le deuxième coup est venu au moment où Virginia croyait encore pouvoir revenir. Avec seulement trois points d’avance au début du quatrième quart-temps, Jennings a trouvé Jalen Hale pour un touchdown de 37 yards, qui donnait 23-13 aux Mustangs à 12:22 de la fin. Pour Hale, longtemps freiné par les blessures, c’était un premier touchdown depuis 2023. Les Cavaliers n’ont plus marqué.


Après un 11 sur 16 pour 118 yards en première mi-temps, Jennings a ajouté 12 sur 20 pour 128 yards et le touchdown décisif après la pause. Smith (5 réceptions, 87 yards) et Hale (4 réceptions, 60 yards) ont été ses cibles favorites.

Le quarterback y voit le signe de sa maturité. « Je suis dans ma troisième saison comme titulaire. Je sais que je ne peux pas continuer à perdre des ballons ni à forcer les jeux. Parfois, jeter le ballon en touche, c’est la meilleure option. »

Baird, la réponse des unités spéciales

Les unités spéciales étaient le point noir de SMU avant cette rencontre. Samedi, Brendan Baird a balayé les doutes : trois field goals sur trois (23, 45 et 26 yards) et deux transformations sur deux, pour 11 points.


Son coup de pied le plus important est arrivé juste avant la pause, au terme d’une fin de mi-temps rocambolesque. Virginia venait d’égaliser à 10-10 sur un field goal de 47 yards de Will Bettridge à 25 secondes de la mi-temps. Jennings a alors mené une série offensive éclair de quatre jeux et 54 yards en 19 secondes. Le chronomètre était déjà à zéro quand les arbitres ont sanctionné Virginia d’une faute pour roughing the passer. Une mi-temps ne pouvant pas se terminer sur une pénalité défensive, SMU a obtenu une tentative supplémentaire. Baird n’a pas tremblé et a converti de 45 yards (13-10).

« On a eu un coup de pouce avec une pénalité », a reconnu Lashlee.

Son parcours est atypique. Originaire d’Albuquerque, au Nouveau-Mexique, Baird a passé quatre saisons comme milieu de terrain dans l’équipe de soccer de SMU avant de tenter sa chance au football américain. Il ne disputait que le troisième match de sa vie dans ce sport. Son modèle s’appelle Brandon Aubrey, le kicker des Dallas Cowboys, lui aussi passé par le soccer. « Ce sentiment est tellement irréel », a-t-il confié à propos de son coup de pied d’avant la pause.


Le reste des unités spéciales a suivi. Le punter Wade McSparron, déchargé de son rôle de holder au profit d’un freshman, a placé ses deux dégagements dans les 20 derniers yards du terrain de Virginia, dont un sur la ligne des 2 yards, sans concéder le moindre yard en retour. Yamir Knight a ajouté deux retours de punt pour 46 yards.

En face, Daniel Sparks a pourtant affiché 54 yards de moyenne sur trois punts, avec un long de 68. Mais entre un touchback et les retours de Knight, le gain net des Cavaliers est retombé à une trentaine de yards par dégagement.

Le Gerald J. Ford Stadium, avec le campus de SMU et les tours de Dallas en toile de fond, en deuxième mi-temps face à Virginia
Le Gerald J. Ford Stadium, avec le campus de SMU et les tours de Dallas en toile de fond, en deuxième mi-temps face à Virginia.

Kilgore et une défense qui a fermé la porte

Si l’attaque de SMU a fait la différence par moments, la défense l’a fait pendant toute la deuxième mi-temps. Les Mustangs ont blanchi Virginia au quatrième quart-temps et ont limité les Cavaliers à un seul touchdown sur l’ensemble du match.


À la pause, Lashlee a demandé à sa défense de continuer sur sa lancée, mais de mieux « étouffer » la course. En première mi-temps, Virginia se retrouvait trop souvent en deuxième tentative et 4 yards. Les Mustangs les ont ensuite forcés à des deuxièmes et 8, puis à des troisièmes tentatives longues. Résultat : moins de 40 yards au sol concédés après la pause.

Alexander Kilgore a été partout, avec 10 plaquages, dont cinq en solo. Brandon Booker a ajouté sept plaquages, un sack et un plaquage pour perte, et Sael Reyes, entré en cours de match, six plaquages. Aakil Washington, Jayvon Thomas et Woo Spencer ont chacun dévié une passe.


Beau Pribula, presque parfait avant la pause (6 sur 7 pour 71 yards), a vu les fenêtres se refermer. Il a terminé à 13 sur 22 pour 137 yards, dont un 7 sur 15 pour 66 yards en deuxième mi-temps. Son touchdown sur une course d’un yard, au début du deuxième quart-temps, est resté la seule incursion des Cavaliers dans l’en-but.

La défense a aussi profité de la seule erreur de Virginia de la journée : un fumble dans la zone rouge, récupéré par SMU et transformé en trois points.


Raphael, le marteau

En première mi-temps, le jeu au sol des Mustangs a été dévastateur, avec 115 yards en seulement 12 portées (9,6 de moyenne). Kendrick Raphael en a été le moteur : 124 yards en 22 courses sur l’ensemble du match, dont une percée de 28 yards, sans le moindre jeu négatif. Pour Lashlee, c’est « peut-être son meilleur match » depuis son arrivée.

SMU termine avec 158 yards au sol et 246 à la passe, un équilibre qui a fini par user une défense de Virginia restée longtemps debout. Les Mustangs remportent aussi la bataille des premiers essais, 23 à 13.


Lashlee le rappelle souvent à ses joueurs : trois clés décident d’un match, à savoir le jeu au sol, les gros gains et les pertes de balle. Samedi, SMU a gagné les trois.


Virginia, une défense debout et une attaque à court d’idées

Malgré la défaite, la défense des Cavaliers a donné à son équipe une vraie chance de l’emporter. Matthew Fobbs-White a été le plus impactant, avec six plaquages, un sack et deux plaquages pour perte. Justin Ross (6 plaquages, dont 5 en solo), Ethan Minter et Montino Williams (6 chacun) ont également répondu présent.

C’est en attaque que le bât blesse. Virginia a couru 32 fois pour 121 yards (3,8 de moyenne), et son meilleur receveur, D. Martin, termine avec 35 yards en deux réceptions. Avec deux field goals sur deux et une transformation, Bettridge a inscrit sept des 13 points de son équipe.


Avant la rencontre, une question entourait les Cavaliers : savaient-ils gagner un gros match à l’extérieur ? La réponse attendra. Virginia reste sans victoire loin du Scott Stadium cette saison.


Le goût du risque, une arme à double tranchant

Le match de SMU n’a pas été parfait. Dès la première possession, les Mustangs ont tenté une quatrième tentative et un yard depuis leurs propres 34 yards, et ils ont échoué.

La défense a aussitôt effacé l’erreur. « C’est dire à quel point on croit en nos joueurs », a assumé Lashlee.

Sur l’ensemble du match, les Mustangs ont converti quatre de leurs cinq quatrièmes tentatives, mais seulement quatre troisièmes tentatives sur 13. Ils ont aussi écopé de six pénalités pour 45 yards, dont deux holdings en fin de match qui les ont privés d’un break définitif.

Le coach en est conscient : « À un moment, il va falloir être capable d’achever un adversaire, sinon ça va finir par nous coûter cher. »

Samedi, le goût du risque a payé. Face aux meilleures équipes de l’ACC, il pourrait coûter plus cher.


La suite

SMU enchaîne une troisième victoire consécutive et porte sa série à domicile à huit matchs. Depuis son entrée dans l’ACC en 2024, les Mustangs n’ont jamais perdu un match de conférence à Dallas : dix rencontres, dix victoires. SMU est aussi invaincu (6-0) au retour d’une semaine de repos depuis son arrivée dans la conférence. Ce match ouvrait une série de sept rencontres consécutives, qui se poursuit samedi prochain avec la réception de California au Gerald J. Ford Stadium.


Ce n’était pas la démonstration la plus spectaculaire de la saison. Mais quand le match menaçait de leur échapper, les Mustangs ont trouvé un quarterback, un kicker et une défense pour le reprendre.

Et pour ceux qui ont eu la chance d’observer Kevin Jennings avant même le coup d’envoi, cette victoire aura aussi rappelé qu’un leader ne se distingue pas uniquement par ce qu’il accomplit ballon en main.

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