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Texas survit à l'enfer de Neyland : Simmons en maître, Manning en apprenti

26 sept.
4 min de lecture
Raleek Brown inscrit l’un de ses deux touchdowns face à Tennessee au Neyland Stadium
Raleek Brown inscrit l’un de ses deux touchdowns face à Tennessee au Neyland Stadium. Crédit photo : Joe Robbins/Icon Sportswire

Numéro un du pays, Texas a arraché une victoire 20-17 sur la pelouse de Tennessee au terme d'un bras de fer défensif d'une rare intensité. Si les Longhorns restent invaincus, ils le doivent bien davantage à leur défense qu'à Arch Manning, bousculé tout l'après-midi pour sa première à Knoxville.


Il y avait comme un parfum de retour aux sources dans l'air du Tennessee ce samedi. Pour la première fois de sa carrière, Arch Manning foulait la pelouse du Neyland Stadium, ce temple où son oncle Peyton a bâti sa légende dans les années 1990. Le scénario rêvé aurait voulu que le neveu y signe un récital. La réalité fut tout autre. Dans une ambiance bouillante, face à des Volunteers classés quatorzièmes et déterminés à faire tomber le leader national, le quarterback texan a vécu un après-midi pénible. Son équipe, elle, a trouvé les ressources pour s'imposer, portée par une défense féroce et un homme en état de grâce.


Un quarterback sous pression permanente

Il faut le dire sans détour : Arch Manning a été loin d'être impérial. Sa feuille de statistiques affiche 201 yards à la passe, mais ce chiffre masque une prestation truffée d'imprécisions. Sacké à six reprises, intercepté une fois, le quarterback des Longhorns a surtout multiplié les erreurs qu'on attend rarement d'un joueur de son calibre.


À deux reprises, il a lâché le ballon alors qu'il avait déjà franchi la ligne de scrimmage, écopant de deux pénalités pour passe en avant illégale. Des fautes d'inattention qui trahissent un joueur pressé, bousculé, cherchant à forcer le jeu plutôt qu'à le lire.

Ces errements individuels s'inscrivent dans un tableau plus large d'indiscipline. Texas a été sanctionné à onze reprises pour un total de 115 yards, dont sept pénalités dès la première mi-temps. Un bilan qui, face à un adversaire plus clinique, aurait pu coûter très cher. Pour un joueur dont chaque sortie est scrutée à l'échelle nationale, ce n'était pas la vitrine espérée.


Colin Simmons, la terreur venue du bord

Si un joueur texan a marqué les esprits ce samedi, c'est bien Colin Simmons. L'edge rusher des Longhorns a livré une performance hors norme : cinq sacks, soit la moitié des dix réussis par sa défense, ce qui lui permet d'égaler le record du programme sur une seule rencontre.

Faizon Brandon, le jeune quarterback de première année de Tennessee, a passé un après-midi éprouvant.

Par sa vitesse de démarrage et sa capacité à contourner les tackles offensifs, Simmons a déréglé la mécanique des Volunteers et pesé sur chaque séquence de passe. Seule ombre au tableau : quelques célébrations un peu trop exubérantes, un détail que son staff voudra sans doute corriger. Mais sur le terrain, son impact a été tout simplement décisif.


Deux défenses qui ne lâchent rien

Au-delà du cas Simmons, cette rencontre a été avant tout une bataille de tranchées. Les deux défenses sont entrées sur le terrain avec le couteau entre les dents, rendant chaque yard coûteux, chaque premier essai arraché de haute lutte.


Côté Tennessee, l'arrière-garde a longtemps fait jeu égal avec le numéro un du pays. Pendant près des trois quarts du match, elle a contenu l'attaque texane, harcelant Manning et fermant les couloirs de course. Les six sacks encaissés par le quarterback adverse témoignent de l'agressivité de cette unité, qui a tenu la maison bien plus longtemps qu'on ne l'imaginait.


Le problème des Volunteers se situait de l'autre côté du ballon. Leur attaque, qui affichait pourtant plus de 500 yards de moyenne par match avant cette rencontre, a peiné à avancer. Cooper Ranvier avait bien ouvert le compteur dès le premier quart-temps avec un field goal de 33 yards, mais Tennessee a ensuite dû s'en remettre à ses unités spéciales pour rester dans le match. Au troisième quart-temps, Qua Moss a enflammé Neyland en remontant un punt sur 57 yards jusque dans la zone d'en-but, ramenant les deux équipes à égalité, 10-10.


Raleek Brown, l'homme des moments clés

Dans un match où chaque yard se payait au prix fort, Raleek Brown s'est imposé comme la solution la plus fiable de l'attaque texane. L'ancien d'Arizona State a porté le ballon avec détermination, trouvant les brèches quand il le fallait, sans jamais reculer devant le contact. Ses 67 yards au sol ne racontent pas toute l'histoire : son vrai coup d'éclat est venu au quatrième quart-temps.

À 5:41 de la fin, Brown a franchi la ligne d'en-but au terme d'une course de 4 yards, donnant à Texas une avance de deux possessions. Un touchdown qui semblait alors sceller le sort de la rencontre.


Un final sous haute tension

C'était sans compter sur l'orgueil des Volunteers. À 1:22 du terme, Faizon Brandon a enfin trouvé la faille, servant Mike Matthews pour une réception de 30 yards dans la zone d'en-but. Neyland a retrouvé sa voix. Mieux encore, Tennessee a récupéré l'onside kick qui suivait, ouvrant la porte à un exploit retentissant.

Mais l'attaque des Vols, fidèle à sa journée, n'a pas su concrétiser. Au lieu de progresser vers la zone de field goal, elle a reculé. Il ne restait plus qu'une ultime prière : la Hail Mary de Brandon, tentée alors que le temps s'était écoulé, a été repoussée par la défense texane. Fin de l'histoire.


Ce qu'il faut retenir

Texas repart de Knoxville avec un bilan immaculé de quatre victoires, mais aussi avec une longue liste de chantiers. Steve Sarkisian devra impérativement régler les problèmes de discipline de son équipe et aider son quarterback à retrouver de la sérénité dans les matchs à forte pression. Une défense de ce niveau ne pourra pas toujours compenser autant d'erreurs.

Pour Tennessee, qui concède sa première défaite de la saison, la déception est grande. Les Volunteers n'ont plus battu une équipe classée numéro un par l'AP depuis leur succès face à Auburn en 1985, et cette disette se prolonge. Reste une certitude : avec une défense de ce calibre, les hommes de Josh Heupel ont de quoi nourrir de réelles ambitions en SEC, à condition que leur attaque retrouve son souffle.


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