Une défense de fer et un Rourke quasi impérial : les Lions écrasent les Roughriders

Vancouver. Il y avait des pastèques fracassées à l'extérieur du BC Place dimanche après-midi. À l'intérieur, ce sont les espoirs des Saskatchewan Roughriders que les BC Lions ont réduits en miettes, signant une victoire aussi nette que convaincante de 30 à 16 devant 30 083 spectateurs.
Nathan Rourke a livré une prestation d'orfèvre, 22 passes complétées en 28 tentatives pour 355 yards, deux touchdowns et une moyenne de 12,7 yards par tentative, pendant qu'une défense en pleine montée en puissance depuis un mois soutirait trois ballons à Trevor Harris. Résultat : un quatrième succès en cinq sorties et un retour à l'équilibre, cinq victoires et cinq défaites, à mi-chemin du parcours.
Le Watermelon Smash, quatrième édition
Le duel s'inscrivait dans la tradition du Watermelon Smash, présenté cette année par la BC Federation of Labour, quatrième mouture d'une fête née en 2023 et devenue le plus gros rendez-vous estival du club.
Le principe est simple et joyeusement absurde : les partisans des Lions s'en prennent au symbole des amateurs verts, ces fameux casques pastèques que porte fièrement la Rider Nation. Les festivités s'étaient amorcées dès midi sur la Terry Fox Plaza, avec concours de bouffe, bières à 5 $ et une première pastèque larguée d'une vingtaine de pieds de hauteur du haut d'une nacelle. Sur le terrain, la fête a duré 60 minutes de plus que prévu pour les hôtes.
Une remontée qui prend son sens
Les Lions avaient mal amorcé leur saison. Depuis trois semaines, ils grimpent les échelons de la division Ouest, un match à la fois, cette phrase cliché que le vestiaire répète et qui, visiblement, finit par produire ses effets. Le mantra du 0-0 fonctionne, et la sauce, longue à prendre du côté de Vancouver, a enfin trouvé sa saveur.
L'infirmerie s'est aussi désemplie. Pendant que leur leader Nathan Rourke soignait ses blessures, ce sont le jeune quart Kaidon Salter et le porteur de ballon Zander Horvath qui avaient allumé l'étincelle et amorcé cette séquence victorieuse. Rourke est revenu en santé pour la prolonger. Contre les Riders, on a compris pourquoi ce groupe fait peur quand tout le monde est disponible.
Échange de field goals, puis l'accélération
Le premier quart s'est résumé à un échange de field goals : Sean Whyte a ouvert le bal de 44 yards, Alex Hale a répliqué de 24, puis Whyte a remis ça de 25 yards. Six à trois pour les hôtes après quinze minutes, et l'impression que la rencontre resterait longtemps fermée.
Elle ne l'est pas restée. Après un nouveau field goal de Hale, un joli 47 yards pour égaler la marque, les Lions ont trouvé le chemin de la zone des buts sur une séquence éclair menée de main de maître par Rourke. Deux passes complétées coup sur coup à Jevon Cottoy et Justin McInnis, puis le pivot est revenu à son homme : Cottoy, esseulé au centre de la zone payante, a capté une passe de 23 yards pour le premier touchdown de l'après-midi. Le grand receveur a connu un après-midi sans faute : six réceptions sur six ballons dirigés vers lui pour 110 yards. Son retour au jeu ajoute une arme de plus à une attaque déjà bien garnie. Treize à six à la demie, alors que les visiteurs contrôlaient pourtant le ballon depuis 16 minutes 6 secondes contre 13 minutes 54 secondes aux hôtes.
La défense hausse le ton
C'est là que la défense des Lions a pris le contrôle de l'après-midi. À la série suivante, elle a tenu bon aux portes de sa propre zone des buts et T.J. Lee a intercepté un ballon lobé de Trevor Harris pour redonner les clés à son attaque. Plus tard, un ballon échappé est venu atterrir directement dans les mains de Deontai Williams.
Le portrait défensif est éloquent : trois revirements provoqués, trois sacs pour 15 yards de pertes et, surtout, des Riders incapables de conclure, sans aucun touchdown en deux présences en zone rouge. Lorenzo Mauldin IV a été le bourreau en chef avec ses deux sacs, épaulé par Casey Sayles. Derrière, Darnell Sankey a récolté 7 plaqués et provoqué un ballon libre, Parker McKenna en a ajouté 7 et T.J. Lee 6, en plus de son interception. Le contraste avec la discipline est tout aussi frappant : 2 pénalités pour 20 yards chez les Lions, contre 7 pour 72 chez les visiteurs.
Rourke, par la terre et par les airs
Le deuxième touchdown de Rourke, cette fois à destination de Keon Hatcher, a montré une fois de plus l'étendue du talent du quart des Lions. Sur la même séquence, il a échappé à trois reprises à la pression, dont une fois à deux défenseurs avant de délivrer en courant une passe de 33 yards à Zander Horvath. Même scénario sur son touchdown de quatre yards à Hatcher, qui a terminé la rencontre avec 5 réceptions pour 60 yards : trouver l'issue, garder les yeux vers l'avant, livrer. Rourke peut frapper par le sol comme par les airs, lui qui a aussi couru une fois pour 19 yards, et sa copie est demeurée quasi parfaite pendant 55 minutes.
La défense, elle, restait à l'affût. Stantley Thomas-Oliver III a coupé une trajectoire de Harris juste devant son receveur, première interception en carrière dans la LCF pour l'ancien des Panthers de Carolina.
Rourke a poursuivi sa distribution avec une superbe passe longue distance vers Stanley Berryhill III, qui a conservé le ballon malgré le contact du demi défensif Jaxon Ford et ne s'est arrêté que 58 yards plus loin, le plus long jeu du match! Ford a écopé d'une pénalité l'action suivante, amenant les Lions sur la ligne d'un yard des visiteurs, et Horvath, auteur de 43 yards en 10 portées, a conclu au sol. À une minute de la fin du troisième quart, c'était 27 à 6, une avance confortable et un BC Place conquis.
Les Riders sauvent l'honneur
Ford s'est rattrapé au quatrième quart en interceptant une tentative de longue distance de Rourke, jusque-là impeccable. La Saskatchewan a profité de l'occasion : Harris a trouvé Dhel Duncan-Busby pour réduire l'écart, le receveur terminant avec 4 réceptions pour 85 yards. Whyte a répondu d'un field goal de 35 yards, son troisième en autant de tentatives, avant que Hale ne complète le pointage de 25 yards. Trente à seize, sans que le doute ne s'installe véritablement.
Les chiffres de Harris disent bien l'histoire du match : 28 passes complétées en 42 tentatives pour 356 yards, un touchdown et deux interceptions, avec KeeSean Johnson (6 réceptions, 79 yards), Samuel Emilus (7 réceptions, 66 yards) et Johnny Johnson III (3 réceptions, 45 yards) pour cibles principales. Au sol, Quali Conley a été limité à 33 yards en 8 portées, et l'attaque terrestre verte n'a produit que 69 yards en 16 courses.
Une question d'efficacité
Les deux formations terminent pratiquement à égalité au chapitre des yards, 414 pour les Lions contre 410 pour les Roughriders, mais les hôtes ont eu besoin de treize jeux de moins pour y arriver : 48 contre 61, soit 8,6 yards par jeu contre 6,7. C'est toute la différence de l'après-midi.
Sur les unités spéciales, Sean Whyte a été parfait avec trois field goals en trois tentatives, dont un de 44 yards, et trois transformations. Le botteur Carl Meyer a expédié quatre dégagements pour une moyenne de 56,3 yards, avec un plus long de 60, pendant que Stanley Berryhill III ramenait trois dégagements sur 35 yards.
La suite
Avec cette victoire, les Lions reviennent à l'équilibre (5-5), à égalité avec les Blue Bombers de Winnipeg. Ils prennent maintenant la route d'Ottawa, où ils affronteront le 30 août des Redblacks toujours en quête d'une première victoire, eux qui ont perdu leurs dix premiers matchs.
Un match à la fois, disent-ils. Celui-là, ils l'ont pris avec autorité.





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