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WAKE FOREST DÉROULE À CORVALLIS : PURDIE ÉBLOUIT, OREGON STATE LIMOGE TRENT BRAY

11 oct. 2025
5 min de lecture
Oregon State tight end Gabe Milbourn en action face à Wake Forest, au Reser Stadium de Corvallis (Oregon). (
Oregon State tight end Gabe Milbourn en action face à Wake Forest, au Reser Stadium de Corvallis (Oregon). (Crédit photo : Oregon State Athletics)

CORVALLIS, Oregon — Dans un magnifique Reser Stadium sous un ciel gris et lourd, Oregon State, l’une des deux dernières équipes encore membres de la Pac-12, espérait décrocher enfin sa première victoire de la saison. En face, Wake Forest (3–2 avant la rencontre) débarquait dans l’Oregon avec confiance, après avoir battu Virginia Tech et poussé le #13 Georgia Tech dans ses retranchements la semaine précédente. L’atmosphère était aussi orageuse que le temps, mais les dynamiques étaient bien différentes dans les deux vestiaires.

Sans leur quarterback titulaire Robby Ashford, blessé au pouce, les Demon Deacons ont pourtant livré une prestation magistrale, s’imposant 39–14 derrière un Deshawn Purdie étincelant pour sa première titularisation : 270 yards à la passe, 4 touchdowns, aucune interception.


UN DÉMARRAGE PARFAIT

Les visiteurs n’ont pas perdu de temps. Après un excellent retour de coup de pied et une pénalité pour “roughing the passer” qui avance les chaînes de 15 yards, Wake Forest frappe fort. Dès la deuxième série, Purdie trouve Chris Barnes pour un touchdown de 36 yards, parfaitement placé dans le coin droit de la end zone. Sur la conversion, Ty Clark III inscrit deux points supplémentaires sur un snap direct : 8–0 pour les visiteurs venus de Caroline du Nord après seulement quatre actions offensives.

Oregon State, alternant entre Maalik Murphy et Gabarri Johnson au poste de quarterback, tente de répondre. Murphy connecte avec Taz Reddicks pour 26 yards, mais la défense de Wake Forest tient bon. Un field goal est ensuite contré, et sur le drive suivant, les Demon Deacons punissent immédiatement : Purdie échappe à la pression et lâche une bombe de 52 yards vers Micah Mays Jr. pour le second touchdown. À la fin du premier quart, le tableau affiche déjà 15–0.


WAKE FOREST EN CONTRÔLE TOTAL

La défense des Beavers plie puis rompt. Sur un fumble de Cornell Hatcher Jr., qui terminera pourtant avec 43 yards et un touchdown, les visiteurs récupèrent le ballon et profitent d’une pénalité pour interférence de passe pour s’approcher de la zone rouge. Deux jeux plus tard, Purdie lance sa troisième passe de touchdown, cette fois à Demond Claiborne pour 11 yards. Claiborne, explosif tout au long du match, cumule 144 yards au sol et 26 à la réception avec deux touchdowns au total. À 22–0, la domination de Wake Forest devient écrasante.

Oregon State, incapable de concrétiser, voit ses drives s’enchaîner sans résultat. Une interception de Nuer Gatkuoth (6 plaquages, 1 interception) scelle une première mi-temps à sens unique. Avant la pause, Connor Calvert réussit un field goal de 43 yards, portant la marque à 25–0. Les chiffres sont implacables : 270 yards d’attaque pour Wake Forest contre 101 pour Oregon State, 0 sur 5 en troisièmes tentatives et deux ballons perdus pour les locaux.


LE DUO PURDIE–BARNES EN FLAMMES

Au retour des vestiaires, le scénario reste identique. Les deux équipes s’échangent quelques punts avant que Purdie ne relance le spectacle. Sur une action foudroyante, il retrouve Chris Barnes sur un tracé vertical de 55 yards pour un nouveau touchdown, son troisième de la journée. Barnes conclura sa soirée avec 3 réceptions, 102 yards et 3 touchdowns, symbole d’une connexion instantanée avec son quarterback.“On s’est préparés toute la semaine pour ce genre de match »,” expliquera Barnes après la rencontre. “Deshawn a fait preuve d’un calme impressionnant. Il a tout simplement dirigé l’attaque comme un vétéran.”

Avec 32–0 au tableau d’affichage, Wake Forest gère tranquillement son avance tandis qu’Oregon State cherche désespérément à sauver l’honneur. Malgré une belle course de 22 portées pour 101 yards d’Anthony Hankerson, les Beavers manquent de créativité et de constance.


UNE FIN DE MATCH SANS SUSPENSE

Le public de Corvallis exulte enfin à 12 minutes 06 de la fin lorsque Cornell Hatcher Jr. s’échappe pour un touchdown de 29 yards, réduisant l’écart à 32–7. Mais la joie est de courte durée. Sur le jeu suivant, Demond Claiborne traverse la défense sur 66 yards pour redonner à Wake Forest une avance insurmontable (39–7).Oregon State inscrit un dernier touchdown en toute fin de rencontre grâce à une passe de Gabarri Johnson vers David Wells Jr. (6 réceptions, 58 yards, 1 TD), mais le score final 39–14 ne reflète même pas la domination globale des visiteurs.


UNE PRESTATION COMPLÈTE

Wake Forest a terminé la rencontre avec 468 yards d’attaque totale (270 à la passe, 198 au sol), contre 309 pour Oregon State. Le front défensif s’est montré impitoyable : Nick Andersen a mené la charge avec neuf plaquages, tandis que Langston Hardy et Mateen Ibrogbga ont multiplié les pressions. Les Demon Deacons ont livré un match sans la moindre perte de balle, à l’inverse des Beavers, auteurs de deux erreurs coûteuses — un résumé fidèle de leur saison jusqu’ici.

Pour son premier exercice à la tête du programme, le head coach Jake Dickert a salué le sang-froid et la maturité de son équipe après ce long déplacement vers l’Ouest :

« Je suis fier de notre équipe pour avoir traversé le pays et décroché une victoire comme celle-ci aujourd’hui, » a déclaré Dickert. « C’est quelque chose auquel nous allons devoir nous habituer. Le plus encourageant, c’est que notre équipe a encore une énorme marge de progression. »

Sur l’autre ligne de touche, dans ce qui allait finalement devenir sa dernière conférence de presse à la tête du programme, Trent Bray a exprimé sa frustration avec une rare honnêteté après cette septième défaite consécutive :

« Je suis frustré. Je suis déçu. Je me regarde dans le miroir, et c’est à moi de trouver des solutions. C’est inacceptable d’en être là. »

LA SUITE

Wake Forest profite d’une semaine de repos avant de recevoir SMU le 25 octobre, fort d’une confiance retrouvée.

Pour Oregon State, désormais 0–7, la saison tourne au cauchemar. Les Beavers accueilleront Lafayette samedi prochain, mais le programme entre dans une nouvelle ère : dimanche matin, l’université a annoncé le renvoi du head coach Trent Bray, mettant un terme à un mandat de moins de deux saisons marqué par la désillusion.

L’entraîneur-chef des Oregon State Beavers, Trent Bray, le 30 août 2025 au Reser Stadium de Corvallis (Oregon). (
L’entraîneur-chef des Oregon State Beavers, Trent Bray, le 30 août 2025 au Reser Stadium de Corvallis (Oregon). (Photo: Logan Hannigan-Downs/Icon Sportswire)

LA FIN D’UNE ÈRE À CORVALLIS

La défaite face à Wake Forest aura été celle de trop. Moins de vingt-quatre heures après le revers 39–14 au Reser Stadium, Oregon State a mis fin au mandat de Trent Bray, victime d’un début de saison cauchemardesque (0–7) et du pire départ du programme depuis 1991.

Ancien linebacker vedette des Beavers au début des années 2000, Bray incarnait la fidélité et la continuité. Lorsqu’il avait succédé à Jonathan Smith en 2023, beaucoup y voyaient un choix du cœur, un symbole de stabilité au moment où le programme perdait pied après l’effondrement de la Pac-12. Deux ans plus tard, le rêve s’est mué en désillusion. Avec un bilan de 5-14, dont un 0-7 rédhibitoire en 2025, Bray n’a jamais su redonner un cap à une équipe privée d’identité, de rythme et de repères.


Les problèmes dépassaient les lignes du terrain : chute des revenus télévisuels, perte de visibilité nationale, isolement institutionnel. Dans ce contexte, même la défense, fierté historique du programme,s’est effritée, tandis que les équipes spéciales sont devenues un point faible criant. La semaine précédant son renvoi, Bray avait d’ailleurs limogé son coordinateur des unités spéciales, signe que la situation lui échappait déjà.


Son indemnité de départ avoisinerait 4 millions de dollars, répartis sur deux ans. L’université doit désormais désigner un staff intérimaire avant d’accueillir Lafayette (FCS) le week-end prochain, dans un climat de transition et de désillusion.

À Corvallis, la page se tourne brutalement. L’enfant du programme, celui qu’on espérait voir restaurer la fierté des Beavers, quitte la scène sous la pluie et les doutes.


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