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Washington joue avec le feu mais survit à Utah State

12 sept.
5 min de lecture
Le quarterback de Washington Demond Williams Jr. (#1) tente d’échapper à la défense d’Utah State au Husky Stadium
Le quarterback de Washington Demond Williams Jr. (#1) tente d’échapper à la défense d’Utah State au Husky Stadium. Crédit photo : Henry Rodenburg/Icon Sportswire

Les Huskies s'imposent sans convaincre et ne doivent leur salut qu'à une interception dans leur en-but à l'ultime seconde.

Il aura fallu une interception dans l'en-but, au tout dernier instant, pour que le 19e du classement national évite la catastrophe. Washington a battu Utah State 16 à 14, deux petits points d'écart face à une équipe qui s'était inclinée la semaine précédente à domicile contre Idaho State, pensionnaire de FCS.


On attendait un feu d'artifice offensif, ou au minimum de l'efficacité. Les blessures qui ont décimé le backfield des Huskies compliquaient certes la tâche, mais rien ne laissait présager cela : deux attaques en panne, des sifflets dans les tribunes, et un suspense insoutenable dans les dernières secondes.


Un premier quart-temps verrouillé

Aucun point pendant les quinze premières minutes. Les Huskies ont pourtant occupé le terrain, sans jamais trouver la conclusion : une défense des Aggies bien organisée, des arrêts sur troisième et quatrième tentative, et une attaque locale contrainte de jouer dans un mouchoir de poche dès l'entrée dans la zone rouge.


Trois scores en cinq minutes

Le verrou a sauté au deuxième quart. Talan Robles a ouvert le compteur d'un field goal de 30 yards (3-0).


La réponse d'Utah State a été immédiate, et brutale. Dès l'action suivante, Grady Brosterhous, transfuge de Virginia qui disputait sa première titularisation en carrière, a trouvé Javon Robinson dans le couloir pour 78 yards et un touchdown. Transformation de Kyle Afrookhteh : les Aggies passaient devant 7-3, sept secondes après avoir encaissé.

Washington a repris la main avant la pause. Au terme d'une longue série appuyée sur le jeu au sol, Adam Sanoe a plongé d'un yard, Robles a ajouté le point supplémentaire : 10-7.


Trois punts, des sifflets, et une étincelle

La seconde période a commencé comme la première s'était ouverte : rien. Aucun point au troisième quart, six punts, trois de chaque côté. Le public, lui, n'a pas attendu longtemps pour se faire entendre. Après le troisième punt consécutif des Huskies en autant de séries offensives, les sifflets sont tombés des tribunes sur leur propre équipe.


L'ambiance n'était pourtant pas hostile partout. Lorsque l'écran géant a annoncé la défaite d'Oregon face à Oklahoma, le stade a explosé. La plus belle ovation de l'après-midi n'avait rien à voir avec ce qui se passait sur le terrain.

Il a fallu attendre la dernière action du quart pour rallumer une étincelle : Demond Williams Jr. s'est extrait de la poche pour une course en débordement de 36 yards, la plus longue du match.


Des mains qui trahissent

À la décharge de Williams, ses receveurs et ses running backs lui ont coûté cher. D'abord sur une quatrième et 3, où Trey Cooley était seul et a laissé filer le ballon. Bis repetita sur une troisième et but aux 8 yards : Williams échappe à la pression, roule vers sa droite, envoie une spirale parfaite à Dezmen Roebuck, qui ne la retient pas. Les Huskies se contentent d'un field goal de 26 yards et restent à une possession d'écart (13-7).


Le bilan est parlant : 41 passes tentées, 26 réussies, 249 yards, et aucun touchdown aérien. Sept courses tentées dans la zone rouge, quatre passes ciblées, pour un seul touchdown inscrit sur la journée. C'est là, et nulle part ailleurs, que ce match aurait dû être plié.


Un backfield d'apprentis

L'infirmerie explique une partie du problème. Privé de ses cadres au poste de running back, Washington a lancé dans le grand bain le freshman Brian Bonner, titulaire pour la toute première fois de sa carrière : sept courses, 22 yards. Cooley a fait exactement le même total. Pour plusieurs de ces jeunes, il s'agissait des premières actions à ce niveau, et cela s'est vu : dans le timing, dans la protection, et donc dans les 3,2 yards par course de l'équipe.

C'est le genre de journée qui se paie comptant à court terme, mais qui construit peut-être quelque chose. Encore faut-il que le calendrier laisse le temps d'apprendre.


Williams entre dans l'histoire des Huskies

Au milieu de ce marasme collectif, Demond Williams Jr. a signé un repère durable. Avec ses 56 yards gagnés à la course, le quarterback est devenu le troisième joueur de l'histoire du programme à son poste à franchir la barre des 1 000 yards au sol en carrière, rejoignant Marques Tuiasosopo et Jake Locker.

Le symbole est fort, même s'il arrive au terme d'une prestation frustrante. Lui-même a reconnu son étonnement après coup : la connexion trouvée pendant le camp d'entraînement n'est, pour l'instant, pas au rendez-vous en match.


La défense tient la baraque

Pendant que l'attaque patinait, la défense de Washington a fait le travail, comme la semaine précédente : trois interceptions, trois sacks, huit plaquages pour perte, quatre three-and-outs forcés. Le safety Alex McLaughlin a signé une performance majuscule avec deux sacks, deux plaquages pour perte et l'interception du quatrième quart qui a remis son attaque en excellente position. Position que celle-ci a, une fois de plus, convertie en trois points seulement.


Le scénario du pire, évité de justesse

Robles a ajouté un field goal de 43 yards à 6:31 de la fin pour porter l'écart à 16-7, une marge qui paraissait enfin confortable. Elle ne l'était pas. À 1:56, Brosterhous a trouvé Eli Wood sur sept yards pour un touchdown, et la transformation d'Afrookhteh a ramené les Aggies à deux points.


Utah State a récupéré le ballon avec 47 secondes à jouer. La dernière action du match s'est terminée par une interception des Huskies dans leur propre en-but, au moment où le chronomètre expirait.


Ce que disent les chiffres

Washington domine les statistiques sans jamais dominer le score : 356 yards contre 271, 74 actions contre 58, 18 premières tentatives contre 14, et surtout 35:05 de possession contre 24:55.


Brosterhous, pour un premier départ, s'en sort honorablement : 17 passes réussies sur 29 pour 196 yards et deux touchdowns, avec 81 yards ajoutés à la course. Les trois interceptions concédées pèsent lourd, mais il a tenu son équipe en vie jusqu'à la dernière seconde.


Deux autres éléments ont maintenu les Aggies à flot : leur punter, remarquable avec six punts à 45,7 yards de moyenne dont cinq déposés à l'intérieur des 20 yards, et une défense qui a plaqué 68 fois. Au sol en revanche, c'est resté maigre : 75 yards en 29 courses, 2,6 par tentative.

Côté discipline, six pénalités pour 44 yards chez les Huskies, cinq pour 35 chez les Aggies, un net progrès par rapport aux excès de la semaine précédente, et l'une des rares satisfactions de l'après-midi.


La suite

Washington repart avec la victoire et deux semaines de doutes accumulés. Les Huskies reçoivent Eastern Washington samedi prochain, une occasion de laisser les jeunes du backfield engranger des répétitions avant l'entrée dans le dur.

Utah State, toujours sans victoire (0-2), se déplace chez le 20e, Utah. Sur le contenu de cet après-midi, il y a matière à espérer plus qu'il n'y en avait après la défaite contre Idaho State.


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