Washington remporte la 118e Apple Cup. La maniere est une autre histoire

Seattle. Il restait 4 minutes et 30 secondes à jouer quand le field goal de 42 yards de Jack Stevens, le kicker de Washington State, est passé entre les poteaux. 17-10. Une possession d'écart. Washington State, que les bookmakers donnaient perdant de 23,5 points, se retrouvait à un drive de faire tomber une équipe classée 17e du pays, à Seattle, avec un entraîneur qui dirigeait son premier match et un quarterback arrivé de FCS.
Washington a fini par gagner 24-10. Jayden Limar a conclu l'affaire sur une course de 11 yards à 2:18, et le tableau d'affichage a fini par ressembler à ce que tout le monde attendait. Mais entre le coup d'envoi et cette dernière possession, les Huskies ont passé un après-midi entier à repousser une conclusion qui aurait dû arriver au troisième quart-temps.
C'était la première fois en 118 éditions que l'Apple Cup ouvrait la saison des deux équipes. La première aussi qu'elle se jouait un dimanche, depuis le premier match en 1900. Le réalignement des conférences a fait de cette rivalité un lever de rideau plutôt qu'un épilogue de novembre : Washington entame sa troisième saison de Big Ten, Washington State la première du Pac-12 reconstruit. Les Huskies mènent désormais la série 75-33-6.
Douze flags, 130 yards, et un match qu'on refuse de fermer
Le chiffre qui restera de cet après-midi n'est ni les 268 yards à la passe de Demond Williams Jr., ni les 402 yards d'attaque totale. C'est 12 pénalités pour 130 yards. Six pour 60 avant la pause, six de plus après.
Ça n'a pas coûté le match. Ça a coûté trois quarts-temps.
La première possession qui rapporte des points est un cas d'école : onze actions pour avancer de 26 yards, et un field goal de 48 yards de Tyler Robles pour éviter le zéro. Plus tard, après un fumble provoqué et recouvert, Washington remonte jusqu'aux abords de l'en-but grâce à une passe de 19 yards pour le tight end Baron Naone, et Robles rate de 29 yards. Juste avant la mi-temps, Limar est arrêté à un yard de la ligne sur la seule quatrième tentative des Huskies. Trois séquences, trois occasions de tuer le match, zéro point.
Jedd Fisch entame sa troisième saison à Montlake avec une équipe qui est censée avoir dépassé ce stade. Contre Minnesota le 26 septembre, contre Penn State en novembre, contre Oregon à Eugene pour clore la saison régulière, 130 yards de pénalités ne se rattrapent pas avec un drive de 75 yards en deux minutes.
Ce que la défense a caché
Parce que c'est bien la défense qui a tenu ce match, pas l'attaque.
Washington aligne cette saison onze joueurs ayant déjà été titulaires en 2025, et l'écart d'expérience avec un effectif de Cougars entièrement remanié s'est vu dès les premières séries. Russell Davis II a mis fin au deuxième drive de WSU d'un sack. Jacob Manu a signé les deux actions qui ont brisé le troisième : un plaquage pour perte sur Kirby Vorhees, puis un sack sur Caden Pinnick deux snaps plus tard. À la pause, Manu comptait déjà cinq plaquages, un TFL et un sack.
Puis le cornerback Jeron Jones a intercepté Pinnick et posé l'attaque aux abords de la zone rouge. Williams a lancé le drive d'une course de 16 yards et l'a terminé lui-même dans l'en-but. 10-0, vingtième minute. C'est le seul touchdown que Washington marquera avant le quatrième quart-temps.
Le bilan défensif final tient en un rapport : trois turnovers à zéro. Deux interceptions de Pinnick, un fumble perdu de Vorhees, aucune perte de balle côté Huskies. Washington s'est offert trois possessions supplémentaires sans jamais rendre le ballon. Sur un match où l'attaque a converti 4 de ses 12 troisièmes tentatives, c'est l'écart.
Kirby Moore a perdu, mais il a trouvé quelque chose
L'an dernier à Pullman, Washington State avait encaissé 59 points. Dimanche, les Cougars ont perdu de quatorze avec un nouveau staff, un nouveau quarterback et un effectif profondément remanié. Ce n'est pas rien.
Pinnick, arrivé d'UC Davis, avait déjà joué au Husky Stadium l'an dernier : 8/16, 50 yards, une interception. Il en est ressorti cette fois avec 61 yards au sol en 14 courses, un touchdown, et le drive le plus abouti de sa nouvelle équipe : neuf actions, 62 yards, 5:16 de possession pour ramener WSU à 10-7 au quatrième quart. Washington a répondu immédiatement, par une réception de 1 yard de Rashid Williams à 6:14, et l'écart est repassé à dix. Ses deux interceptions ont coulé l'après-midi ; le reste montrait autre chose.
Le problème de Moore est ailleurs, et il est brutal : 0 sur 9 aux troisièmes tentatives. Neuf occasions de prolonger un drive, zéro conversion. Une attaque qui ne convertit jamais sur troisième essai passe son temps à dégager, quelle que soit la qualité de ses deux premières actions.
Le second problème est symétrique. Zéro sack. Le duel qu'on annonçait comme décisif, la ligne défensive des Cougars autour de Matyus McLain et Linus Zunk contre la protection de Washington, n'a pas eu lieu. Williams n'a pas été sacké en soixante minutes, et c'est ce qui lui a permis de finir à 24/35 pour 268 yards, avec les longues actions vers Chris Lawson (4 réceptions, 87 yards) et Rashid Williams (3 pour 74, dont une de 44 et le touchdown).
Reste une statistique qui résume l'après-midi mieux que le score. Washington State a compté 18 premiers downs contre 20 aux Huskies, et a conservé le ballon plus longtemps : 30:44 contre 29:16. Les Cougars ont eu le ballon, ils ont avancé, ils ont tenu le rythme. Ils n'ont simplement jamais fini leurs drives.
La suite
Washington reçoit Utah State samedi prochain, une équipe qui vient de perdre 29-17 à domicile contre Idaho State, pensionnaire de FCS. Sur le papier, c'est une semaine pour respirer. Sur le terrain, l'Apple Cup vient de rappeler ce qu'il en coûte de jouer trois quarts-temps en dessous de son niveau contre un adversaire censé être largement dominé.
Washington State part à Kansas State, où les Cougars découvriront très vite si les promesses entrevues à Seattle peuvent survivre à neuf troisièmes tentatives sans conversion.
HIGHLIGHTS:





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