Malik Aliane : de Rouen à la Division I du college football
- 2 days ago
- 16 min read

Pendant un mois entier, Malik Aliane n'a presque pas quitté sa chambre. Sa cheville était fracturée, le campus du New Mexico Military Institute était désert pour les vacances d'été, et les rares déplacements qu'il pouvait encore faire lui arrachaient une grimace. Il s'est demandé si tout cela en valait vraiment la peine.
Quelques années plus tard, le Français est devenu titulaire sur la ligne offensive des New Mexico Lobos, en NCAA Division I FBS — à l'aube de sa cinquième année de collège football, et de sa dernière saison, sa senior year, sous ce maillot. Entre ces deux images se cache une histoire de patience, d'échecs, de solitude, et d'une résilience peu commune.
Un dimanche comme un déclic
Il avait 13 ou 14 ans. Un dimanche après-midi, à Rouen, la télévision diffuse le Super Bowl entre les Seahawks de Seattle et les Broncos de Denver. Il ne comprend pas encore les règles. Mais il comprend immédiatement une chose : il veut jouer à ce sport.
« Dès que j'ai vu ce match, je me suis dit : ah ouais, non, faut vraiment que je fasse du foot américain, faut que j'essaie. »
Le problème, à l'époque : en France, il n'existe pas de section pour son âge, les catégories commencent à 13 ans, et encore, dans des conditions limitées. Il patiente. Ce n'est qu'à 17 ans qu'il enfile un équipement pour la première fois, avec les Léopards de Rouen. La plupart de ses futurs adversaires américains ont alors déjà passé une décennie sur les terrains.
Le pari du pôle France
Son objectif est fixé dès le lycée : les États-Unis, la Division 1, jouer pour une grosse fac — c'est d'ailleurs ce qu'il regardait le plus, bien plus que la NFL, une préférence qui ne l'a jamais quitté. Il envoie des highlights à des programmes de high school américains pendant sa terminale — puis le Covid bloque tout. Il rejoint le pôle France, seule option pour continuer à s'entraîner sous statut haut niveau pendant cette période. De là, il multiplie les envois de vidéos à des dizaines de facultés : D1, D2, D3, NAIA, junior college.
Une seule réponse concrète arrive avec une bourse complète : le New Mexico Military Institute (NMMI), une école militaire au Nouveau-Mexique. Les autres offres impliquaient de jouer un printemps sans garantie de bourse — financièrement impossible pour lui. Le fait qu'un compatriote, Junior Aho, soit déjà passé par une institution militaire américaine l'a rassuré.
« Le fait que l'UNM Military m'ait donné la bourse complète, même si c'est une école militaire, j'ai sauté dans le train, j'ai pas hésité. »
Football à part, il y avait aussi, chez lui, une attirance plus ancienne pour la culture américaine — au point d'avoir longtemps rêvé de devenir catcheur. « Le foot, ça m'a donné une grosse opportunité d'aller aux États-Unis aussi sur ce côté-là », dit-il en riant.
Personne ne l'attend
Quand il descend de l'avion au Nouveau-Mexique, Malik parle déjà anglais. Mais personne ne l'attend réellement. Aucun ami. Aucun membre de sa famille. Quelques valises, une bourse d'études, et l'impression d'entrer dans un monde dont il ignore encore toutes les règles.
Il découvre vite l'ampleur du chantier. Les vestiaires sont hostiles, très loin de l'ambiance qu'il connaissait en France, où les enjeux, selon lui, sont moindres.
« C'est un environnement hostile, je vais pas mentir. J'ai eu quelques moments physiques avec certains coéquipiers. Ça reste leur vie, ici, pour beaucoup. »
Sportivement, c'est pire encore. Pas d'habillage pour les matchs. Pas de déplacements avec l'équipe pendant une bonne partie de la saison. Il ramasse deux ou trois répétitions par entraînement, en équipe scout, pendant des semaines entières.
« J'avais pas du tout le niveau quand je suis arrivé. J'étais vraiment nul, c'était pitoyable. Même mon coach me disait : je vais te renvoyer en France, tu continues comme ça, je vais te cut. »
Sur la majorité des joueurs français partis tenter l'aventure américaine à NMMI, presque tous rentrent au bout de quelques mois. Lui reste. Un seul autre compatriote, Junior Aho, reste aussi.
Jusqu'ici, Malik avance malgré les difficultés. La suite va remettre en question tout ce qu'il croit savoir de lui-même.
La chambre
Lors de sa dernière année de junior college, Malik se blesse sérieusement : entorse haute associée à une fracture du péroné. Les coachs, en pleine série de défaites, lui demandent malgré tout de terminer la saison, puis le camp de printemps suivant, pour ne pas perdre sa place. Il tient, à grand renfort d'antidouleurs, au point d'en garder des séquelles intestinales.
Son opération est repoussée à l'été. Le campus se vide. Les terrains d'entraînement deviennent silencieux. Depuis la fenêtre de sa chambre, Malik regarde défiler les journées sans pouvoir marcher normalement.
« Je suis resté dans ma chambre tout l'été, je pouvais même pas sortir. Il y avait personne, tout le monde était en pause. J'ai passé un mois entier sans sortir de ma chambre. C'était un des moments les plus durs de ma vie. Je me disais : est-ce que j'aime vraiment le foot ? J'ai failli abandonner. »
Il ne rentre pas en France cet été-là. Il reste seul avec une cheville qui, dit-il, a même reconstruit un fragment d'os entre le tibia et le péroné pour compenser. Aujourd'hui encore, il porte une tendinite chronique au tendon d'Achille, la trace directe de ces trois mois d'immobilité.
L'alter ego
Ce qui distingue vraiment Malik, c'est la méthode qu'il a bâtie pour tenir. Il ne parle pas d'un simple mental de battant, il parle de méthode. Depuis plusieurs années, il travaille avec un coach mental personnel, et s'est construit une sorte de double, un alter ego, sur lequel il s'appuie dans les moments difficiles.
« J'ai beaucoup étudié les athlètes et leurs alter ego — Kobe et le Black Mamba, même des rappeurs comme Eminem et Slim Shady. Dans les moments difficiles, j'essaie de me dissocier, de me voir à la troisième personne, et de laisser mon alter ego prendre le dessus. »
C'est aussi le sujet qui lui tient le plus à cœur, et la question qu'il aurait aimé qu'on lui pose plus souvent au fil de sa carrière.
« On a choisi cette vie sportive, c'est notre choix, mais c'est pas de l'amour tous les jours. On perd beaucoup de joueurs à cause de ça. J'aimerais qu'on demande aux athlètes : comment ça va ? Et qu'on arrête de nous juger. »

Pourquoi les coachs lui ont fait confiance
À New Mexico, Malik n'est pas devenu titulaire parce qu'il était le plus athlétique de la ligne offensive. Sur le papier, son gabarit correspond davantage à un profil de garde ou de centre qu'à celui d'un tackle. En décembre 2025, interrogé en conférence de presse sur sa ligne offensive, l'entraîneur en chef Jason Eck a lui-même souligné cette particularité, notant qu'Aliane avait joué au poste de tackle avec un physique plutôt taillé pour l'intérieur de ligne.
Cette polyvalence, centre au NMMI, puis tackle et garde à New Mexico selon les besoins de l'équipe, est le produit direct de ce qu'il décrit comme son obsession : la salle de vidéo.
Il y passe un temps considérable à disséquer ses futurs adversaires, décortiquant d'abord les tendances défensives dans leur ensemble avant de se concentrer sur son propre duel individuel.
« Ce qui fait la différence entre les joueurs qui jouent et les joueurs qui jouent en next level, c'est le QI et combien de temps il passe dans la film room. »
La saison 2025 confirme cette confiance : douze matchs disputés, dix titularisations à tackle gauche, deux à garde gauche, environ 720 snaps joués, la troisième plus grande charge de jeu parmi les linemen de l'effectif, selon les statistiques officielles de l'université.
Une progression fulgurante avec les Lobos
Arrivé à New Mexico en 2024 après son passage au NMMI, Malik intègre un programme historiquement en difficulté : cinq victoires sa première saison, un entraîneur qui quitte le poste au bout de six mois. Arrive alors Jason Eck, dont Malik parle avec une gratitude appuyée, créditant sa gestion du recrutement via le portail des transferts, misant sur l'expérience de joueurs FCS plutôt que sur des bancs chauffés en Power Five et surtout la culture de groupe instaurée.
« Il a vraiment créé une culture de fraternité, où tout le monde compte dans l'équipe. C'est un meneur d'hommes, je lui dois beaucoup. »
Sous cette direction, le programme est passé de quelques victoires à neuf victoires et quatre défaites, incluant des résultats marquants face à des équipes de conférences plus huppées. 2026 marque sa cinquième année de collège football au total et, surtout, sa dernière saison d'éligibilité — sa senior year avec les Lobos. Les ambitions sont élevées, tant collectivement — viser le titre de conférence après une saison précédente jugée injuste dans son issue — qu'individuellement, avec l'objectif d'une sélection All-Conference qui lui avait échappé de peu l'an dernier.
« J'ai jamais été aussi bon techniquement, physiquement. Je me sens prêt pour cette saison. Sky is the limit. »
Le College Football plutôt que la NFL
Contrairement à une idée reçue selon laquelle tout joueur français en college football rêverait uniquement de NFL, Malik nuance sa position avec une maturité frappante.
Oui, la NFL reste un objectif, il l'assume sans détour, mais ce n'est pas une condition à son épanouissement.
« Tant que je peux jouer au foot, c'est tout ce que je veux faire. Que ce soit la NFL, la CFL, l'UFL, ou revenir en Europe — j'ai juste pas envie que ma carrière se termine tôt. »
Il explique, avec un enthousiasme communicatif, pourquoi il préfère regarder le College Football plutôt que la NFL : l'intensité émotionnelle, l'ancrage territorial des rivalités, le sentiment d'identification des supporters à des joueurs qui, comme eux, sont encore étudiants. Il envisage d'ailleurs sérieusement une carrière d'entraîneur après sa carrière de joueur, ayant déjà évoqué la question avec son staff actuel.
La note qu'on ne lui donnait pas
Interrogé sur la hiérarchie entre talent, passion et travail, Malik est catégorique.
« Le numéro un, c'est la passion. C'est pas le talent : il y a beaucoup de joueurs talentueux avec qui j'ai joué en France, et même ici à New Mexico, qui sont plus talentueux que moi mais qui ne jouent pas. Ce qui fait la différence, c'est la patience, l'apprentissage, se concentrer sur ses fondamentaux, sa technique, son QI de jeu. »
Il l'illustre par un détail presque anodin : sa propre progression dans le jeu vidéo College Football. Parti d'une note de 50 puis 62, il a terminé la saison à 72, et vise 80 pour la suivante. Les critiques reçues au fil des années, il les note scrupuleusement dans un carnet, non pour se venger, mais pour transformer chaque doute en carburant.
Les opportunités finissent presque toujours par se présenter à ceux qui refusent d'accepter qu'on leur dise non. Malik a été jugé trop petit, pas assez bon, pas prêt, à peu près à chaque étape de son ascension. À chaque fois, la réponse n'a pas été de partir, mais de retourner à la vidéo, au terrain, un jour de plus.
Une œuvre de transmission
Ce qui rend le témoignage de Malik particulièrement précieux, c'est sa volonté explicite de le mettre au service d'autres jeunes Français tentés par l'aventure américaine. Il insiste sur le manque criant d'information en France sur la réalité du football universitaire nord-américain, et sur la tendance à sous-estimer, depuis l'Hexagone, l'ampleur du fossé à combler.
« On a des années-lumière de retard, mais c'est pas de la mauvaise volonté, c'est juste un manque d'information. Je commence à faire de plus en plus de contenu là-dessus. »
Son message aux jeunes qui hésiteraient à se lancer, ou qui traverseraient une passe difficile après leur arrivée, tient en une phrase qui résume tout son parcours :
« C'est normal, au début, de ne pas y arriver. Faut pas se décourager, faut pousser. »
Son état d'esprit positif, allié à une ambition constante, constitue l'un des moteurs de son parcours.Animé par une détermination constante et un état d'esprit résolument positif, Malik Aliane continue d'avancer, un objectif à la fois.
« Je vais continuer à regarder tout droit, même s'il fait noir tout autour. Je vais juste me focus sur la lumière qui est mon objectif, au bout. »
Cinq moments qui ont changé la carrière de Malik Aliane
Le Super Bowl Seahawks–Broncos, découvert par hasard à 13 ans.
La bourse complète du New Mexico Military Institute, seule offre concrète reçue.
La menace d'être renvoyé en France lors de sa première année américaine.
Le mois enfermé dans sa chambre, seul, après sa fracture du péroné.
La titularisation avec les Lobos et l'arrivée de Jason Eck, qui reconstruit le programme autour de joueurs comme lui.
L'INTERVIEW COMPLÈTE:
Malik Aliane: From Rouen to Division I College Football
A portrait of Malik Aliane, starting offensive lineman for the New Mexico Lobos

For an entire month, Malik Aliane barely left his room. His ankle was broken, the New Mexico Military Institute campus was empty for summer break, and the few trips he could still manage left him wincing in pain. He wondered whether any of it was worth it.
A few years later, the Frenchman had become a starting offensive lineman for the New Mexico Lobos, in NCAA Division I FBS — now entering his fifth year of college football, and his final season, his senior year, wearing that jersey. Between those two images lies a story of patience, setbacks, isolation, and an uncommon kind of resilience.
A Sunday that changed everything
He was 13 or 14. One Sunday afternoon in Rouen, the television broadcasts the Super Bowl between the Seattle Seahawks and the Denver Broncos. He doesn't understand the rules yet. But one thing is immediately clear: he wants to play this sport.
"As soon as I saw that game, I told myself: yeah, no, I really need to play football, I have to try it."
The problem, at the time: in France, there was no program for someone his age — categories started at 13, and even then, under limited conditions. He waits. It isn't until he's 17 that he puts on a helmet for the first time, with the Léopards de Rouen. Most of his future American opponents had already spent a decade on the field by then.
The gamble on Pôle France
His goal is set from high school: the United States, Division I, a big program — that's what he watched most, more than the NFL, a preference that never left him. He sends highlight tapes to American high school programs during his final year of French high school — then Covid shuts everything down. He joins Pôle France, the only option to keep training at an elite level during that period. From there, he sends video after video to dozens of schools: D1, D2, D3, NAIA, junior college.
Only one concrete answer comes back with a full scholarship: New Mexico Military Institute (NMMI), a military school in New Mexico. The other offers involved playing a spring season with no guaranteed scholarship — financially impossible for him. The fact that a fellow Frenchman, Junior Aho, had already gone through an American military institution reassured him.
"The fact that NMMI gave me a full scholarship, even though it's a military school, I jumped on the train, I didn't hesitate."
Football aside, there was also, in him, an older pull toward American culture — to the point that he long dreamed of becoming a wrestler. "Football gave me a huge opportunity to go to the U.S. on that front too," he says, laughing.
No one is waiting for him
When he steps off the plane in New Mexico, Malik already speaks English. But no one is really waiting for him. No friends. No family. A few suitcases, a scholarship, and the sense of entering a world whose rules he still doesn't fully know.
He quickly discovers the scale of the task ahead. The locker rooms are hostile, far removed from the atmosphere he knew in France, where the stakes, in his view, are lower.
"It's a hostile environment, I won't lie. I had a few physical run-ins with some teammates. For a lot of guys here, this is their life."
Athletically, it's even worse. No dressing for games. No traveling with the team for much of the season. He picks up two or three reps per practice, on the scout team, for weeks on end.
"I wasn't at the level at all when I arrived. I was really bad, it was pitiful. Even my coach used to tell me: I'm going to send you back to France, keep this up and I'll cut you."
Of the roughly thirty French players who set out on the same American adventure around the same time as him, almost all of them went home within a few months. He stayed. Only one other compatriot, Junior, stayed too.
Up to this point, Malik pushes through despite the difficulties. What comes next will make him question everything he thought he knew about himself.
The room
During his final year of junior college, Malik suffers a serious injury: a high ankle sprain combined with a fractured fibula. His coaches, in the middle of a losing streak, ask him to finish the season anyway, and then the following spring camp, so he doesn't lose his spot. He grinds through it, leaning heavily on painkillers — to the point of developing intestinal damage.
His surgery gets pushed back to summer. The campus empties out. The practice fields go silent. From his bedroom window, Malik watches the days pass by, unable to walk normally.
"I stayed in my room the whole summer, I couldn't even go out. There was nobody, everyone was on break. I spent an entire month without leaving my room. It was one of the hardest moments of my life. I kept asking myself: do I even love football? I almost quit."
He doesn't go home to France that summer. He's left alone with an ankle that, he says, even grew a fragment of bone between the tibia and fibula to compensate. To this day, he carries a chronic Achilles tendon issue — the direct legacy of those three immobile months.
The alter ego
What truly sets Malik apart is the method he built to hold on. He doesn't talk about simple grit, he talks about a system. For several years, he's worked with a personal mental performance coach, and has built himself a kind of alter ego to lean on in difficult moments.
"I studied a lot of athletes and their alter egos — Kobe and the Black Mamba, even rappers like Eminem and Slim Shady. In tough moments, I try to dissociate, to see myself in the third person, and let my alter ego take over."
It's also the subject closest to his heart, and the question he wishes people had asked him more often throughout his career.
"We chose this athletic life, it's our choice, but it's not love and roses every day. We lose a lot of players because of that. I'd like people to ask athletes: how are you doing? And to stop judging us."

Why the coaches trusted him
At New Mexico, Malik didn't become a starter because he was the most athletic lineman on the roster. On paper, his build fits a guard or center profile more than a tackle's. In December 2025, asked about his offensive line in a press conference, head coach Jason Eck himself pointed out this quirk, noting that Aliane had been playing tackle with more of an interior-lineman body type.
That versatility, center at NMMI, then tackle and guard at New Mexico depending on the team's needs is the direct product of what he describes as his obsession: the film room. He spends hours there dissecting future opponents, breaking down a defense's overall tendencies first before zeroing in on his own individual matchup.
"What separates the guys who play from the guys who don't, and the guys who make it to the next level, is IQ, and how much time they spend in the film room."
The 2025 season confirms that trust: twelve games played, ten starts at left tackle, two at left guard, roughly 720 snaps played — the third-highest workload among linemen on the roster, according to the university's official statistics.
A dramatic turnaround with the Lobos
Arriving at New Mexico in 2024 after his time at NMMI, Malik joined a program with a long history of struggle: five wins in his first season, a head coach who left the job after six months. Then came Jason Eck, whom Malik speaks of with genuine gratitude, crediting his handling of the transfer portal — targeting experienced FCS players rather than benchwarmers from Power Five programs — and, above all, the culture he built.
"He really created a culture of brotherhood, where everyone matters on this team. He's a true leader of men, I owe him a lot."
Under his direction, the program went from a handful of wins to a 9-4 record, including notable wins over teams from more prestigious conferences. 2026 marks his fifth year of college football overall and, most importantly, his final year of eligibility — his senior season with the Lobos. Expectations are high, both collectively — chasing a conference title after a previous season he feels was unfairly denied — and individually, with his sights set on an All-Conference selection that narrowly slipped away from him last year.
"I've never been this good technically, physically. I feel ready for this season. Sky is the limit."
College football, not the NFL, as his compass
Contrary to the assumption that every French player in college football dreams only of the NFL, Malik nuances his position with striking maturity. Yes, the NFL remains a goal — he doesn't shy away from that — but it isn't a condition for his fulfillment.
"As long as I can play football, that's all I want to do. Whether it's the NFL, the CFL, the UFL, or going back to Europe — I just don't want my career to end early."
He explains, with real enthusiasm, why he prefers watching college football over the NFL: the emotional intensity, the geographic roots of the rivalries, the way fans identify with players who, like them, are still students. He's also seriously considering a coaching career once his playing days are over, having already discussed the idea with his current staff.
The rating nobody would give him
Asked about the hierarchy between talent, passion, and work, Malik is unequivocal.
"Number one is passion. It's not talent — I've played with a lot of talented guys in France, and even here at New Mexico, guys more talented than me who don't play. What makes the difference is patience, learning, focusing on your fundamentals, your technique, your football IQ."
He illustrates it with an almost trivial detail: his own rating in the College Football video game. Starting at 50, then 62, he finished the season at 72, and is aiming for 80 next year. He keeps meticulous track of every piece of criticism he's received over the years in a notebook, not to hold a grudge, but to turn every doubt into fuel.
Opportunities almost always end up going to those who refuse to accept being told no. Malik was judged too small, not good enough, not ready, at nearly every step of his rise. Every time, the answer wasn't to leave — it was to go back to the film, back to the field, one more day.
A work of transmission
What makes Malik's testimony especially valuable is his explicit desire to put it to use for other young French players tempted by the American path. He points to the glaring lack of information in France about the reality of North American college football, and to the tendency, from back home, to underestimate the size of the gap that needs closing.
"We're light-years behind, but it's not out of bad will, it's just a lack of information. I'm starting to make more and more content about it."
His message to young players who might hesitate to make the leap, or who go through a rough patch after arriving, comes down to a single sentence that sums up his entire journey:
"It's normal, at the start, not to make it. Don't get discouraged, keep pushing."
Driven by unwavering determination and a relentlessly positive mindset, Malik Aliane continues to move forward, one goal at a time.
"I'm going to keep looking straight ahead, even if it's dark all around. I'm just going to focus on the light that's my goal, at the end of it."
Five moments that changed Malik Aliane's career:
The Seahawks–Broncos Super Bowl, stumbled upon by chance at age 13.
The full scholarship from New Mexico Military Institute, the only concrete offer he received.
The threat of being sent back to France during his first year in America.
The month spent alone in his room after fracturing his fibula.
Becoming a starter with the Lobos, and the arrival of Jason Eck, who rebuilt the program around players like him.
FULL INTERVIEW AVAILABLE:





Comments