De Montréal à USC : l’ascension de Floyd Boucard

Il y a des trajectoires qui se lisent comme une ligne droite : un enfant naît dans une ville de football, grandit dans un lycée réputé, signe avec l'université du coin. Celle de Floyd Boucard ne ressemble à rien de tout cela.
Floyd Boucard est aujourd'hui joueur de ligne défensive chez les USC Trojans, l'un des programmes les plus prestigieux du pays. C'est là qu'il en est aujourd'hui. Le chemin, lui, est nettement moins ordinaire.
« Moi, mon nom c'est Floyd Boucard. Moi, je suis un jeune de Montréal au Canada. La première fois, j'ai commencé à jouer au football, c'était j'avais l'âge de 7 ans » répond-il quand on lui demande à quand remonte son premier casque de football.
Sept ans. À Montréal. Soit près d'une décennie de football derrière lui avant de mettre les pieds en Alabama. Ce n'est d'ailleurs pas le football qu'il vise au départ.
« C'est que je voulais jouer, je voulais jouer au soccer avant. Mais ça a pas vraiment marché, so mes cousins ils jouaient au football. » Il suit.
Son tout premier entraînement reste un souvenir précis, et il en rit encore. Persuadé qu'on ne se présente pas autrement, le gamin débarque avec tout l'équipement sur le dos.
« Tu sais, genre, quand c'est pas vraiment un sport, tu vas à la pratique tout habillé. Moi, j'étais tout habillé. J'avais le casque, j'avais les épaulettes, j'avais les souliers, directement, sans chandail. So dès que je suis arrivé à la pratique, j'avais l'air un peu... tu comprends ? »
Suit un parcours de postes qui éclaire beaucoup de ce qu'il est devenu. On l'essaie d'abord sur la ligne offensive.
« Dès que j'ai commencé à courir, ils ont vu ma vitesse, puis ils ont vu que OK, il peut courir quand même vite. J'ai échangé pour porteur de ballon. J'ai joué porteur de ballon pour longtemps. »
Le reste suivra : « Puis après ça, genre, j'ai commencé à être sur joueur ligne défensive, porteur de ballon, linebacker, tu comprends ? J'étais, j'étais un petit peu partout. »
Le directeur du recrutement de 247Sports, Andrew Ivins, le décrivait comme un joueur d'une mobilité surprenante pour son gabarit, prompt à sortir de sa position et à placer ses mains, doté d'un centre de gravité naturellement bas. Son passé de running back apporte en tout cas un éclairage intéressant sur cette mobilité atypique pour un homme d'1,91 m et 143 kg.
Partir seul à 14 ans
Le vrai basculement n'est pas sportif. Il est humain, et il survient au sortir de la pandémie.
« Dans le fond, c'était un petit peu après le COVID. J'avais un mentor, il s'appelle Coach Jean-Guillaume. Gros, gros merci à lui. Coach Jean-Guillaume, il avait des connexions, il m'a laissé aller à l'école. »
Boucard quitte Montréal seul.
« Ouais, je suis parti tout seul à l'âge de vers 15 ans, 14-15 ans. Je suis parti tout seul. J'habitais dans une maison d'accueil, avec une famille d'accueil. C'était une très, très bonne famille. Je les apprécie beaucoup. Puis, comme, c'est un peu ça mon chemin, là. J'adore mon parcours. »
L'arrivée n'est pas évidente. Pour des raisons d'éligibilité dont il ne se souvient plus du détail, il ne peut pas jouer sa première année.
« Comme la première année, je pouvais pas jouer, à cause que... je me rappelle plus qu'est-ce qui s'est passé, mais je pouvais pas jouer. Puis ça m'a quand même brisé le cœur, parce que je voulais vraiment jouer. »
Sa réaction en dit long sur le joueur.
« Je me suis dit : tu sais quoi ? Je peux pas jouer, je vais juste me concentrer au niveau académique. Je me suis concentré au niveau académique, j'ai remonté mes notes, puis la saison d'après, j'ai pu jouer. »
C'est un épisode rarement évoqué dans les portraits consacrés à son parcours, et il change la lecture de tout ce qui suit. Sa saison de junior en 2023 (l'équivalent de la classe de première) avec Mobile Christian n'est pas l'éclosion d'un débutant : c'est le retour d'un joueur qui a passé un an à regarder. Les Leopards bouclent une saison parfaite, 15 victoires et aucune défaite, et remportent le titre d'État de classe 3A, en limitant leurs adversaires à moins de 10 points par match.
Boucard compile 85 plaquages, dont 27 pour perte de terrain et 11 sacks, tout en prenant quelques séquences en attaque comme tight end et running back. Il figure dans trois équipes-types : les premières équipes All-State de la classe 3A et de l'Alabama Sports Writers Association, ainsi que la première équipe All-Coastal du Press-Register.
« On a gagné le championnat, puis après ça, j'ai commencé à avoir des offres qui rentraient. Beaucoup plus d'offres qui rentraient. »
Le décompte donne la mesure du phénomène : 247Sports recense pas moins de 47 offres pour le Montréalais, parmi lesquelles Alabama, Miami, Colorado, Florida, Florida State, Georgia, Indiana, LSU, Louisville, Maryland, Michigan State, Missouri, Ole Miss, Oregon et Penn State. Il n'en retiendra que quatre pour une visite, toutes concentrées entre fin mai et fin juin 2024 : Miami, USC, Oklahoma et Alabama.
Pour sa dernière année de lycée, il rejoint Miami Central, l'un des meilleurs programmes de Floride, où il sera nommé parmi les candidats au titre de joueur de l'année du sud de la Floride et désigné meilleur joueur de ligne défensive du camp Under Armour Next, à Atlanta.
Les évaluations de son potentiel, elles, ont longtemps divergé. USC le présente comme un quatre étoiles et rappelle qu'ESPN le classait 31e defensive lineman du pays, Rivals 41e, On3 53e et 247Sports 63e. Ailleurs, il a passé tout son recrutement étiqueté trois étoiles : le classement composite de 247Sports en faisait le 447e prospect national et le 48e defensive lineman de sa promotion. Deux lectures d'un même joueur, selon qu'on regarde ce qu'il a produit ou ce qu'il pourrait devenir.
« J'ai flip mon commitment, puis je regrette zéro »
En juillet 2024, il s'engage avec Oklahoma. Deux mois plus tard, quelques jours après une visite chez les Hurricanes de Miami, il annonce un lundi soir qu'il revient sur sa parole. Une visite non officielle à Los Angeles pour le match du 28 septembre contre Wisconsin emporte la décision, et il officialise son engagement le jeudi suivant.
Sa version des faits éclaire un choix qui avait surpris à l'époque. La loyauté, dans son esprit, ne l'attachait pas à Oklahoma : elle le liait à ceux qui n'avaient jamais cessé de le vouloir.
« Ben, dans le fond, moi je crois vraiment à la loyauté. Puis USC, c'était une école que, même quand j'avais commit à Oklahoma, ils m'ont toujours dit les affaires : on te veut toujours, on te veut dans ce programme, puis on sait qu'est-ce que tu pourrais faire pour ce programme. »
« Et après ça, j'ai prié beaucoup dessus, puis j'ai vu que USC, c'est vraiment la place, c'est là que je veux être. Alors j'ai pris une grande décision. J'ai flip mon commitment, puis je suis venu ici. Puis jusqu'à date, je regrette zéro. »
Il bouclera son lycée avec un semestre d'avance pour rejoindre USC dès le printemps 2025.

Une première saison contrariée
Boucard dispute 10 matchs pour sa saison rookie et signe 9 plaquages, dont 2 pour une perte cumulée de 13 yards, un sack pour 9 yards de recul et deux pressions sur le quarterback. Son premier sack au niveau universitaire, il l'effectue lors de la troisième journée, contre Purdue. Puis, selon Sports Illustrated, une blessure au bas du corps contractée contre Michigan le 11 octobre l'écarte pendant une bonne partie de la seconde moitié de saison. Il revient face à Oregon et ajoute trois plaquages à l'Alamo Bowl contre TCU.
Neuf plaquages ne font pas la une. Mais le staff d'USC avait compris avant tout le monde : Lincoln Riley le citait à répétition dès les entraînements de printemps, et il était vite devenu clair qu'il entrerait dans la rotation dès sa première année.
2026 : « on a ramené du renforcement »
L'unité défensive a été refaite de fond en comble. Gary Patterson, ancien head coach de TCU et membre de la promotion 2026 du Hall of Fame du football universitaire, a été recruté comme coordinateur défensif en janvier. Eric Henderson est parti aux Washington Commanders et Skyler Jones a été promu entraîneur des defensive tackles. À l'intérieur, USC a fait venir Alex VanSumeren, titulaire pendant deux ans à Michigan State.
Interrogé sur la 14e place attribuée aux Trojans au classement national, Boucard écarte la question sans hésiter.
« Pour de vrai, tu as dit qu'on est 14e, moi je regarde pas vraiment. Moi, je suis plus une personne qui se concentre sur le présent. »
Ce qu'il retient, c'est le remaniement.
« Quelque chose qu'on a changé, comme vous avez vu : on a changé notre coaching staff. On a beaucoup de nouvelles personnes qui sont venues ici. Alors, juste en faisant des petits rajustements ici par là, tu peux vraiment voir la différence, juste parce que on a amené des personnes où on avait les points les plus faibles. On a ramené du renforcement, puis en ce moment ça nous aide beaucoup. »
L'occasion, elle, arrive plus tôt que prévu. Jahkeem Stewart, élu dans l'équipe-type des freshmen All-American l'an dernier et pièce maîtresse de l'intérieur, va manquer du temps de jeu en raison d'une blessure à un pied, ce qui libère des séquences pour Boucard et pour le freshman cinq étoiles Jaimeon Winfield.
Canada, Haïti, et un conseil
Sur ce qu'il représente, sa réponse déborde le cadre attendu.
« Ça représente beaucoup pour moi, juste parce que je sais que de plus en plus, moi et d'autres joueurs, depuis qu'on a la chance de représenter, on va le faire. Moi, à la fin de la journée, je suis canadien et haïtien. Je dois toujours représenter Haïti. Je dois toujours représenter Canada. Puis, comme, je prends vraiment ça à cœur. »
Il porte le maillot cardinal et or avec la même gravité.
« Moi, je prends ça à cœur, parce que à tous les jours, tu dois savoir qu'il y a beaucoup plus de petits jeunes, ou moi-même quand j'étais plus jeune, j'aurais rêvé être où je suis en ce moment. So mon opportunité, je prends ça vraiment à cœur, et j'adore. »
Il enchaîne, sans qu'on le lui demande, sur le diplôme.
« C'est une très bonne université, puis, comme, tu peux savoir que académiquement, ça va t'amener loin. Juste avoir le degré de cette école, ça va t'amener loin. C'est quelque chose que j'ai compris très, très tôt. So en ce moment, j'adore toutes les secondes que je vis en ce moment. »
Il étudie la communication à USC.
Reste le conseil aux jeunes joueurs québécois, et c'est peut-être le passage le plus révélateur.
« Un gros conseil que je pourrais dire : ton parcours, ou le parcours de quelqu'un d'autre, ne va pas nécessairement dire que ça va marcher pour toi. »
« Faut pas comparer. Les gens ont tendance à comparer, aussi. Ça, ça va pas marcher. Tu restes sur ta propre ligne, tu te concentres sur qu'est-ce qui marche pour toi, et tu continues à faire ça avec beaucoup de discipline, puis tu vas y arriver. »
Venant d'un joueur qui a bâti le sien à contre-courant de tous les modèles disponibles, sans filière balisée, sans famille sur place, sans même une année de jeu à son arrivée, la remarque n'a rien d'une formule toute faite.
La saison des Trojans s'ouvre le samedi 29 août au Los Angeles Memorial Coliseum face à San José State, dans un match de week zero qui marquera aussi les débuts de Gary Patterson comme coordinateur défensif. Classée 14e au niveau national, l'équipe aborde l'exercice avec l'ambition affichée d'aller chercher une place en playoffs.
Sur le terrain, il y aura un jeune homme parti seul de Montréal quelques années plus tôt, aujourd'hui membre à part entière de l'un des programmes les plus chargés d'histoire du football universitaire américain.
Propos recueillis par Rafael Claveau pour NorthSideline Media.
Autres sources : USC Athletics, 247Sports, ESPN, On3, Rivals, Sports Illustrated.
À voir également : retrouvez notre entretien complet avec Floyd Boucard sur la chaîne YouTube de NorthSideline Media.
From Montreal to USC: The Rise of Floyd Boucard

Some paths read like a straight line: a kid is born in a football town, plays for a well-known high school program, signs with the university down the road. Floyd Boucard's looks nothing like that.
Boucard is now a defensive lineman for the USC Trojans, one of the most prestigious programs in the country. That's where he stands today. The road that got him there is a good deal less ordinary.
"My name is Floyd Boucard. I'm a kid from Montreal, Canada. The first time I started playing football, I was seven years old", he says when asked about his first football helmet.
Seven years old, in Montreal. That's nearly a decade of football behind him before he ever set foot in Alabama.
Seven Years Old, a Helmet, and No Jersey
Football wasn't actually the plan. "I wanted to play soccer first. But it didn't really work out, so, my cousins played football." He followed them.
He remembers his very first practice clearly, and he still laughs about it. Convinced there was no other way to show up, the kid arrived wearing every piece of equipment he owned.
"You know, when it's not really a sport yet, you go to practice fully dressed. Me, I was fully dressed. I had the helmet, I had the shoulder pads, I had the cleats, just like that, no jersey. So the second I got to practice, I looked a little… you know what I mean?"
What followed was a tour of positions that says a lot about the player he became. They tried him on the offensive line first.
"As soon as I started running, they saw my speed, and they saw that OK, he can actually run. I switched to running back. I played running back for a long time."
The rest came later: "After that I started being on the defensive line, running back, linebacker, you know? I was a little bit everywhere."
247Sports director of scouting Andrew Ivins described him as a surprisingly nimble mover for his size, quick to fire out of his stance and get his hands placed, with a naturally low center of gravity. His background at running back at least offers an interesting lens on that mobility, unusual for a man listed at 6-foot-3 and 315 pounds.
Leaving Alone at 14
The real turning point isn't athletic. It's personal, and it comes just after the pandemic.
"Basically, it was a little after COVID. I had a mentor, his name is Coach Jean-Guillaume. Big, big, big thank you to him. Coach Jean-Guillaume, he had connections, he got me into the school."
Boucard left Montreal on his own.
"Yeah, I left by myself around 15, 14 or 15. I left by myself. I was living in a host home, with a host family. It was a very, very good family. I appreciate them a lot. That's kind of my road, you know. I love my journey."
The arrival wasn't easy. For eligibility reasons he can no longer recall in detail, he wasn't allowed to play his first year.
"That first year, I couldn't play, because… I don't remember what happened, but I couldn't play. And it broke my heart, because I really wanted to play."
His response says a lot about the player. "I told myself: you know what? I can't play, I'll just focus on academics. I focused on academics, I got my grades up, and the next season I got to play."
It's a chapter rarely mentioned in the profiles written about him, and it reframes everything that follows.
His junior season in 2023 with Mobile Christian isn't a beginner breaking out: it's the return of a player who spent a year watching. The Leopards went a perfect 15-0 and won the Alabama Class 3A state title, holding opponents under 10 points a game. Boucard piled up 85 tackles, including 27 for loss and 11 sacks, while also taking snaps at tight end and running back. He landed on three honor teams: the Class 3A All-State First Team, the Alabama Sports Writers Association All-State First Team, and the Press-Register All-Coastal First Team.
"We won the championship, and after that offers started coming in. A lot more offers coming in."
The count gives the scale of it: 247Sports lists no fewer than 47 offers for the Montreal native, among them Alabama, Miami, Colorado, Florida, Florida State, Georgia, Indiana, LSU, Louisville, Maryland, Michigan State, Missouri, Ole Miss, Oregon and Penn State. He took only four visits, all packed between late May and late June of 2024: Miami, USC, Oklahoma and Alabama.
For his senior year he transferred to Miami Central, one of the top programs in Florida, where he was nominated for 2024 South Florida Player of the Year and named defensive lineman MVP at the Under Armour Next camp in Atlanta.
Evaluations of his upside long diverged. USC lists him as a four-star and notes that ESPN ranked him the No. 31 defensive lineman in the country, Rivals No. 41, On3 No. 53 and 247Sports No. 63. Elsewhere he spent his entire recruitment tagged as a three-star: the 247Sports Composite had him as the No. 447 prospect nationally and the No. 48 defensive lineman in his class. Two readings of the same player, depending on whether you weigh what he had produced or what he might become.
"I Flipped My Commitment, and I Regret Nothing"
In July 2024 he committed to Oklahoma. Two months later, days after a visit to Miami, he announced on a Monday night that he was backing out. An unofficial visit to Los Angeles for the September 28 game against Wisconsin settled it, and he made his commitment public the following Thursday.
His own account explains a decision that surprised people at the time. Loyalty, as he understood it, didn't bind him to Oklahoma. It bound him to the people who never stopped wanting him.
"Basically, I really believe in loyalty. And USC was a school that, even when I was committed to Oklahoma, they always told me straight: we still want you, we want you in this program, and we know what you could do for this program."
"After that I prayed on it a lot, and I saw that USC is really the place, that's where I want to be. So I made a big decision. I flipped my commitment and I came here. And to this day, I regret nothing."
He finished high school a semester early to enroll at USC in the spring of 2025.

A Freshman Season Cut Short
Boucard appeared in 10 games as a true freshman and recorded 9 tackles, including 2 for a combined loss of 13 yards, one sack for minus-9, and two quarterback hurries. He got his first college sack in Week 3, against Purdue. Then, according to Sports Illustrated, a lower-body injury suffered against Michigan on October 11 sidelined him for much of the second half of the season. He returned against Oregon and added three tackles in the Alamo Bowl against TCU.
Nine tackles don't make headlines. But the USC staff had seen it before anyone else: Lincoln Riley mentioned him repeatedly through spring practice, and it became clear early that he would be in the rotation as a freshman.
2026: "We Brought In Reinforcements"
The defense has been rebuilt from the ground up. Gary Patterson, the former TCU head coach and a member of the 2026 College Football Hall of Fame class, was hired as defensive coordinator in January. Eric Henderson left for the Washington Commanders, and Skyler Jones was promoted to defensive tackles coach. Inside, USC added Alex VanSumeren, a two-year starter at Michigan State.
Asked about the Trojans' No. 14 national ranking, Boucard waves the question off without hesitation.
"For real, you said we're 14th — me, I don't really look at that. I'm more of a person who focuses on the present."
What he points to instead is the overhaul. "Something we changed, like you saw: we changed our coaching staff. We have a lot of new people who came in here. So just making little adjustments here and there, you can really see the difference, because we brought people in where we had the weakest points. We brought in reinforcements, and right now it's helping us a lot."
The opening came sooner than expected. Jahkeem Stewart, a Freshman All-American last season and a cornerstone inside, will miss time with a foot injury, which frees up snaps for Boucard and for five-star freshman Jaimeon Winfield.
Canada, Haiti, and a Piece of Advice
Asked what he represents, his answer goes further than the question.
"It means a lot to me, just because I know that more and more, me and other players, since we have the chance to represent, we're going to do it. At the end of the day, I'm Canadian and Haitian. I have to always represent Haiti. I have to always represent Canada. And I really take that to heart."
He wears the cardinal and gold with the same seriousness. "I take it to heart, because every day you have to know there are a lot of young kids — or me, when I was younger — who would have dreamed of being where I am right now. So my opportunity, I really take that to heart, and I love it."
Unprompted, he moves on to the degree. "It's a very good university, and academically, you know it'll take you far. Just having a degree from this school will take you far. That's something I understood very, very early. So right now, I love every second I'm living." He is majoring in communication at USC.
Then comes his advice to young players back in Quebec, and it may be the most revealing part.
"One big piece of advice I'd give: your path, or somebody else's path, doesn't necessarily mean it's going to work for you."
"You can't compare. People tend to compare. That won't work. You stay in your own lane, you focus on what works for you, and you keep doing it with a lot of discipline, and you'll get there."
Coming from a player who built his own against every available model, with no established pipeline, no family nearby, not even a year of football when he first arrived, the remark is more than a stock line.
USC opens its season Saturday, August 29 at the Los Angeles Memorial Coliseum against San José State, a Week Zero game that also marks Patterson's debut as coordinator. Ranked 14th nationally, the Trojans enter the year with a stated ambition of reaching the playoff.
On that field will be a young man who left Montreal alone a few years ago, now a full member of one of the most storied programs in American college football.
Interview by Rafael Claveau for NorthSideline Media. Floyd spoke in French; his quotes have been translated into English.
Additional sources: USC Athletics, 247Sports, ESPN, On3, Rivals, Sports Illustrated.
Watch the full interview: Our complete conversation with USC Trojans defensive lineman Floyd Boucard is available on the NorthSideline Media YouTube channel.





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