Miami consolide son trône, la Big 12 implose : ce qu’il faut retenir du classement AP de la semaine 9

Un nouveau samedi riche en surprises a profondément remanié le Top 25. Pendant que les Hurricanes creusent l’écart en tête, plusieurs prétendants aux séries éliminatoires repartent de loin.
Certaines semaines, le classement de l’Associated Press ne fait que confirmer l’ordre établi. Pas celle-ci. Trois des dix premières équipes ont perdu samedi, dont BYU, deuxième du pays, et plusieurs défaites sont venues d’adversaires qui ne figuraient même pas au classement. À l’approche de novembre, le mois où les saisons basculent, les votants ont dû trancher dans le vif.
En tête, Miami n’a laissé aucune place au doute. Les Hurricanes ont dominé Pittsburgh 52-23 et affichent désormais un bilan parfait de 7-0, dont 5-0 dans l’ACC. C’est leur deuxième semaine consécutive au sommet, à la fois chez les journalistes de l’AP et chez les entraîneurs.
Le signe le plus parlant de leur emprise, ce sont les votes de première place : 59 cette semaine, contre 40 la précédente. La défaite de BYU, qui en avait récolté une vingtaine, a fait basculer une bonne partie des électeurs indécis vers la Floride.
Ohio State, au repos, en conserve 10. Chez les entraîneurs, l’écart est encore plus marqué avec 67 votes pour Miami.
Reste que le calendrier des Hurricanes va se corser. Le duel face à Notre Dame en novembre sera leur premier vrai test contre une équipe du top 5, et c’est probablement là qu’on saura si ce statut de favori est mérité ou simplement le produit d’un parcours favorable.
Derrière, le top 5 reste stable : Ohio State, Georgia, Indiana et Notre Dame conservent leurs positions. Georgia, qui ne jouait pas, retrouvera Florida la semaine prochaine dans une rivalité historique opposant cette fois deux équipes classées.
BYU paie le prix fort
La chute de la semaine, c’est celle de BYU. Les Cougars ont subi leur premier revers de la saison, 39-31 après prolongation contre UCF, et dégringolent de la 2e à la 8e place. Six rangs pour une défaite en prolongation, c’est une sanction lourde, qui montre à quel point les votants pénalisent les faux pas contre des adversaires non classés à ce stade de la saison.
Il serait pourtant prématuré d’enterrer BYU. Une seule défaite, acquise à l’arraché, ne disqualifie personne dans un format de séries à douze équipes. Et le rendez-vous du 7 novembre contre Utah, son grand rival, offrira aux Cougars l’occasion idéale de reprendre leur destin en main.
La Big 12 dans le brouillard
La défaite de BYU n’est qu’un symptôme d’une journée noire pour la Big 12. Texas Tech, jusque-là invaincue, s’est inclinée 37-24 contre Cincinnati et recule du 8e au 13e rang. Pour les Red Raiders, le problème dépasse la simple défaite : il leur reste peu d’adversaires capables de redorer leur bilan aux yeux du comité, Arizona étant le mieux classé à venir.
Dans ce chaos, Utah tire parfaitement son épingle du jeu. En battant Houston 21-13, les Utes gagnent quatre places, s’installent au 6e rang et décrochent même un vote de première place. Ils sont surtout la seule équipe encore invaincue en matchs de conférence, alors que BYU, Arizona, Texas Tech et Oklahoma State sont tous à 3-1. Une position confortable, mais fragile : le match contre BYU pourrait tout remettre en jeu. Houston, battue, recule de quatre rangs jusqu’au 18e.
Texas gagne, mais inquiète
Dans la SEC, Texas signe la plus forte progression de la semaine, huit places, pour se hisser au 11e rang grâce à une victoire 34-27 sur le terrain d’Ole Miss, alors 7e. Sur le papier, c’est un succès de prestige. Sur le terrain, c’est plus nuancé : les Longhorns ont vu fondre une avance de 21 points et ont tremblé jusqu’au bout.
Le bilan individuel d’Arch Manning illustre ce paradoxe : 18 passes réussies sur 30, 212 yards, un touchdown mais deux interceptions. Son receveur vedette Cam Coleman n’a capté qu’un ballon. La victoire porte surtout la signature de la défense, auteure de trois interceptions sur le quarterback adverse Trinidad Chambliss. Une équipe qui gagne grâce à sa défense malgré une attaque irrégulière peut aller loin, mais elle laisse peu de marge d’erreur face aux meilleurs.
Ole Miss perd cinq places et tombe au 12e rang, mais sa défaite, concédée de peu contre une équipe classée et à l’extérieur, reste parmi les plus « acceptables » de la journée. Tennessee recule aussi de cinq rangs, au 16e, après un revers 27-24 à South Carolina sur un field goal dans les dernières secondes. Le contraste est saisissant pour les Volunteers, qui sortaient d’une victoire de prestige contre Alabama : leur irrégularité d’une semaine à l’autre devient leur principal problème.
Au total, la SEC place neuf équipes au classement : Georgia (3e), Kentucky (9e), Alabama (10e), Texas (11e), Ole Miss (12e), LSU (15e), Tennessee (16e), Florida (17e) et Missouri (23e). Mention spéciale à Kentucky, 7-1 et désormais dans le top 10, l’une des bonnes surprises de l’automne.
USC touche le fond, Wisconsin refait surface
Le résultat le plus étonnant du week-end s’est joué à Madison. USC n’a inscrit que 7 points et gagné 241 yards face à Wisconsin, qui l’a emporté par trois touchdowns d’écart. Le plus surprenant : les Badgers ont gagné presque sans passer, leur quarterback Colton Joseph ne lançant que pour 58 yards en 14 tentatives. Wisconsin a donc imposé sa loi par le jeu au sol et la défense, à l’ancienne.
Les Badgers (4-2) font ainsi leur entrée dans le Top 25 pour la première fois cette saison, une bouffée d’air pour Luke Fickell après des débuts difficiles. Pour USC et Lincoln Riley, en revanche, l’addition est salée : une attaque réputée explosive réduite à sept points, c’est le genre de match qui alimente les questions sur l’avenir du programme. Avec Ohio State, Indiana et UCLA encore au calendrier, la fin de saison s’annonce longue.
Mouvements au bas du classement
Iowa, battue par Minnesota, et USC quittent le Top 25, remplacées par Oklahoma State et Wisconsin. Iowa reste néanmoins la première équipe hors classement avec 76 points, devant New Mexico (41) et Cincinnati (11).
Plus haut, UCLA poursuit son parcours sans faute (7-0, 7e), Wake Forest s’installe au 14e rang et Northwestern partage la 20e place avec Boise State, preuve que la hiérarchie traditionnelle n’est plus qu’un lointain souvenir cette saison.
Le Top 25 complet (semaine 9):
Miami (7-0) — 59 votes de 1re place
Ohio State (6-1) — 10 votes
Georgia (6-1)
Indiana (7-1)
Notre Dame (6-1)
Utah (7-0) — 1 vote
UCLA (7-0)
BYU (6-1)
Kentucky (7-1)
Alabama (6-2)
Texas (5-2)
Ole Miss (5-2)
Texas Tech (6-1)
Wake Forest (6-1)
LSU (6-2)
Tennessee (6-2)
Florida (5-2)
Houston (6-2)
SMU (6-1)
Boise State (6-1) — ex æquo
Northwestern (6-1) — ex æquo
Arizona (6-1)
Missouri (5-2)
Oklahoma State (4-2)
Wisconsin (4-2)
Ce qui nous attend
Il ne reste plus que trois équipes invaincues dans le top 10 : Miami, Utah et UCLA. Avec Miami–Notre Dame, Georgia–Florida et BYU–Utah au programme des prochaines semaines, la course aux playoffs entre dans sa phase décisive. Si cette saison a prouvé une chose, c’est qu’un rang dans ce classement ne vaut que jusqu’au samedi suivant.





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