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Washington–Iowa : un vendredi soir pour stopper l'hémorragie

3 days ago
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Updated: 23 hours ago

Dezmen Roebuck (#2), wide receiver des Washington Huskies, entre deux actions face à USC au Los Angeles Memorial Coliseum. Crédit photo : Greg Fiore / Icon Sportswire.
Dezmen Roebuck (#2), wide receiver des Washington Huskies, entre deux actions face à USC au Los Angeles Memorial Coliseum. Crédit photo : Greg Fiore / Icon Sportswire.

Il y a des défaites qui font plus mal que d'autres. Celles où l'on tenait le match, où l'on menait au tableau d'affichage, où la victoire semblait à portée de main avant de glisser entre les doigts. Washington en a connu deux de suite. Contre Minnesota d'abord, battu 27-24 à domicile, puis samedi dernier au Coliseum de Los Angeles, où USC s'est imposé 25-21. Avec un bilan de trois victoires pour deux défaites, les Huskies abordent la réception d'Iowa avec une seule idée en tête : arrêter l'hémorragie avant que la saison ne leur échappe.


Los Angeles, ou l'art de laisser filer un match

Le scénario de samedi dernier résume à lui seul les maux actuels de l'équipe de Jedd Fisch. Au retour des vestiaires, Demond Williams Jr. trouve Decker DeGraaf sur une passe de 42 yards jusque dans la zone d'en-but, et Washington mène 21-10. Le Coliseum se tait, les Huskies tiennent leur match référence. Mais en l'espace de quelques séries, tout s'effondre. USC réduit l'écart, puis la défense californienne arrache le ballon des mains de Williams sur un sack et file marquer de l'autre côté. Les Trojans repassent devant d'un point, ajoutent un field goal en début de dernier quart-temps, et l'attaque de Washington ne retrouvera jamais le chemin des points.


Au-delà de ce retournement, les statistiques dessinent un problème plus profond. Williams a été plaqué cinq fois derrière sa ligne, une semaine après en avoir subi sept face à Minnesota. Douze sacks en deux matchs de conférence, c'est le symptôme d'une ligne offensive qui ne parvient pas à résister au niveau physique de la Big Ten. Washington a aussi conservé le ballon à peine plus de 25 minutes, laissant sa défense sur le terrain pendant près de 35 minutes, et commis dix fautes pour 74 yards de pénalités. À l'extérieur, contre une équipe du calibre de USC, une telle accumulation ne pardonne pas.

Tout n'est pourtant pas à jeter. La défense a longtemps tenu tête aux Trojans, et les tight ends se sont imposés comme des cibles fiables pour Williams, impliqués sur chacun des trois touchdowns de l'équipe. Une piste que le staff aurait tort de ne pas exploiter vendredi.


Iowa, le football qui use

Face à eux, les Huskies vont retrouver une équipe dont l'identité n'a pratiquement pas changé depuis l'arrivée de Kirk Ferentz il y a plus d'un quart de siècle. Iowa joue un football patient, presque austère, construit sur une défense qui ne cède rien, un jeu au sol qui grignote le chronomètre et des équipes spéciales soignées dans le moindre détail. Les Hawkeyes ont démarré la saison par quatre succès, dont un arraché sur la dernière action à Michigan, avant de tomber 31-14 à domicile face à Ohio State. Une défaite logique contre le favori de la conférence, qui ne remet pas en cause la solidité de cette équipe.


Le contexte du déplacement ajoute une couche d'intérêt. Iowa n'a plus joué à Husky Stadium depuis 1963, et le voyage vers Seattle sur une semaine raccourcie, pour un match en soirée un vendredi, n'a rien d'idéal pour une équipe du Midwest. Côté Huskies, le souvenir de la dernière confrontation reste amer : en 2024 à Iowa City, les Hawkeyes s'étaient largement imposés 40-16. L'histoire plus ancienne sourit davantage à Washington, vainqueur des deux Rose Bowls disputés contre Iowa en 1982 et 1991, les Hawkeyes ayant pris leur revanche au Sun Bowl de 1995.


Tactiquement, le danger est clair. Si Iowa parvient à installer son rythme lent, à multiplier les longues séries au sol et à transformer la rencontre en combat de tranchées, Washington se retrouvera dans la configuration qu'il maîtrise le moins. La meilleure arme des Huskies reste la vitesse : marquer rapidement, obliger Iowa à courir après le score et donc à lancer le ballon plus que ne le souhaiterait son staff.


Les hommes qui feront la différence

Tout part de Demond Williams Jr. Le quarterback des Huskies a montré en septembre de quoi il était capable lorsqu'il a le temps de lire le jeu, avec 373 yards et quatre passes de touchdown face à Eastern Washington. Le défi, désormais, est de reproduire ce niveau contre des défenses de la Big Ten, et surtout de répondre présent quand le match se joue. C'est précisément le reproche qu'on lui adresse depuis qu'il est titulaire, et une victoire vendredi changerait beaucoup de choses dans la perception de son jeu.


Devant lui, la ligne offensive joue sa crédibilité. Si elle offre à son quarterback deux ou trois secondes de plus par action, le visage de l'attaque pourrait être transformé. Dezmen Roebuck, auteur de neuf réceptions pour 121 yards face à Eastern Washington, est le receveur le plus à même d'étirer la défense adverse, tandis que les tight ends offriront des solutions au milieu du terrain, là où la défense d'Iowa est parfois plus vulnérable qu'à l'extérieur.


Dans le camp adverse, Hank Brown n'aura pas pour mission de gagner le match seul, mais de ne pas le perdre. S'il protège le ballon, Iowa restera dans la partie jusqu'au bout, fidèle à son habitude. Et dans une rencontre qui s'annonce serrée, le pied de Tyler Robles, le kicker des Huskies, pourrait bien avoir le dernier mot.


Le verdict NorthSideline

Ce match ressemble à un carrefour. Une troisième défaite consécutive ferait basculer la saison de Washington dans le doute, d'autant que le calendrier n'offre aucun répit avec un déplacement à Purdue dès le vendredi suivant. À l'inverse, une victoire face à une équipe aussi rigoureuse qu'Iowa redonnerait de l'élan et de la confiance à un groupe qui en manque cruellement. L'ambiance d'un vendredi soir au bord du lac Washington et la fatigue du voyage côté Hawkeyes devraient peser en faveur des locaux, à condition que les Huskies gagnent enfin la bataille physique.


Notre pronostic : Washington 23, Iowa 20, dans un match fermé qui se jouera dans les dernières minutes. Le genre de rencontre que les Huskies ont laissé filer deux fois de suite, et qu'ils doivent impérativement apprendre à gagner.

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